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Essai sur les médailles des rois perses de la dynastie Sassanide

MENBBB DE L'i.NSTITIT, COSSEBYATEUB- ADJOINT DES MAMU&CBITR DR I.* HIBLI01HK0I E IIOYALE, PROFERE! 11

d'arabe a l'école spéciale des i. an m es orientales, etc.

Hf/i/tH/r/e f/r •Arro/tnrrt/jfi/ter.

Depuis 1760, époque à laquelle CosUrd orna d'une planche représentant des médailles perses, la seconde édition du livre de Hyde(i), jusqu'à la publication des Mémoires sur diverses antiquités de la Perse, plus de trente années s'écoulèrent sans qu'aucun antiquaire fût parvenu à . déchiffrer une seule de ces nombreuses monnaies, que tous s'accordaient cependant à considérer comme frappées par les rois Sassanides.

Hayro, Frœlich, Khevenhûller, Pellerin, Niebuhr, Pinkerton, avaient, d'un commun avis, attribué à la dynastie d'Artaxerce, le restaurateur de la religion de Zoroastre, des médailles qui ont au revers, pour type constant, un autel du feu (a). Mais cette conjecture, bien que fort ingénieuse, avait besoin d'être étayée par la traduction des légendes , et cette tàcbe était réservée à l'illustre SUvestre de Sacy.

Lorsque ce savant étudiait les inscriptions copiées par Niebuhr sur les rochers de Nakschi Roustam, il fut frappé de la ressemblance des caractères qui forment ces inscriptions avec ceux que portent les monnaies dont il avait vu la gravure, très-imparfaite il est vrai, dans les auteurs que j'ai cités. Un pareil rapprochement, fait par M. de Sacy, ne pouvait rester infructueux; aussi, quelques mois après, lut-il à l'Académie un mémoire dans lequel il expliquait d'une manière complète plusieurs monnaies de quatre des rois Sassanides, Artaxerce I", Sapor I", Varahran I", et Sapor II.

Cet admirable travail venait servir de corollaire à la traduction des inscriptions de Nakschi Roustam, et prouver ainsi jusqu'à l'évidence la solidité

(1) Vetemm Ptriarum rrtigionù kittoria. Oxford, io- 4*.

(») On a cru jusqu'à présent que le culte d'Onnuzd avait été entièrement néglige tous les Axsaride»; mais cette opinion va être modifiée par l'importante découverte que M. Ch. Lenormant vient de foire, sur une drachme de Phraate II, du litre de ZwvnT°P°< ZïpacrpwK , le défen%tnr de Znroattrt.

des principes philologiques développés dans les mémoires précédents de l'auteur, principes qui suffisaient à l'explication de monuments tout nouveaux.

La découverte de M. de Sacy, publiée en 1793, se présentait à un moment peu favorable pour les études historiques. Les esprits étaient trop vivement intéressés par les graves événements qui s'accomplissaient, pour prêter une grande attention aux recherches des émdits. On ne doit donc pas s'étonner de ce que la tentative si heureuse de l'illustre orientaliste n'ait pas amené tout d'abord des résultats plus étendus.

Plusieurs savants étrangers donnèrent, à la vérité, suite aux idées de M. de Sacy; mais leurs travaux, quoique utiles, ne sont pas très-considérables.

Sir Wil. Ouseley, en 1801, lut sur quelques médailles le nom de Cosroès, et déchiffra celui d'un Varahran sur la belle médaille d'or à trois figures dont on n'avait pas jusqu'alors réussi à traduire la légende ^1). Ces lectures furent approuvées par M. de Sacy dans un mémoire qu'il donna dans la suite à l'Académie (a).

Visconti, dans son Iconographie des rois perses, a reproduit les travaux de ses devanciers, en introduisant cependant d'heureuses rectifications que l'on devait attendre de sa pratique de l'art, de son coup d'œil exercé. Au reste, les monuments sassanides, qui ne forment qu'une si petite partie de l'Iconographie, ne méritaient pas une plus grande attention de la part de Visconti, qui, comme on le sait, et comme il le dit lui-même, ne s'était pas proposé de conduire ses recherches jusqu'à l'époque à laquelle appartiennent les monnaies d'Artaxerce et de ses successeurs.

M. Tychsen, à son tour, s'occupa de cette matière; mais il n'accrut pas sensiblement les connaissances acquises avant lui (3), et dont le résumé com-

(1 i Observations on tome medals and gems bcaring inseri/nion in the PahUtri or aneient Penick characier. London, 1801, in-4°.

(a) Mémoire sur les monuments et tet inscriptions de Kirmanschak et de Bi-Sutoun , et tur divers autre 1 monuments sassanides. Mero. de l'Inst. , 1. II, 181 i.

(î) Mém. de (Académie de Gcettingue, t. II, i8i3. La seule addition qu'il ait faite, est l'attribution à un Ixdegerd de la médaille dont j'ai décrit trois variété» tous les n M 40, 41 et 4*. Je dois avouer qu'en ta rlu.unl a non tour k Artaxcrcc II, j'ai cédé à la difficulté que je trouvais à lire le 00m d'Izdegerd I, Tzdekerti, orthographe si différente de la forme que nous trouvons sur les médailles ri« 47 et 48, que l'on devrait alors ranger a Isdrgerd II. Il faut dire aussi que les médailles que j'avais à ma disposition sout extrêmement difficile» à lire, puisque

plet avait été donné par M. Mionnet dans «a Description des médailles grecques.

Ker Porter et Marsden, en i8aa et en 181H, firent encore graver quelques types nouveaux ; mais si le premier ajouta a la série des légendes connues quelques lectures d'une certitude incontestable, le second de ces auteurs, en revanche, se tint presque constamment au-des&ous des données assurées à cette branche de la science orientale par M. de Sacy et Sir W. Ûuseley.

Depuis que l'illustre académicien français jeta les fondements de la numismatique sassanide, un demi-siècle a passé sans que l'on ait songé à reprendre daus son ensemble l'étude de tous les monuments qui s'y rattachent. Et cependant l'abondance des médailles de cette nature que les voyageurs ont apportées en Europe dans ces dernières années, devait stimuler le zèle des archéologues et leur ouvrir les yeux sur l'importance d'une suite qu'il s'agissait seulement de classer.

Sans me dissimuler les difficultés que, plus que tout autre peut-être, je devais rencontrer dans ce travail, j'ai cru devoir l'entreprendre. Je sais qu'eu essayant de continuer les recherches de l'illustre Silvestre de Sacy, je puis encourir le reproche de témérité; mais aussi j'ai devant moi cette idée qui me soutient, que si la route est difficile, le guide est bien sûr et bien expérimenté. Et puis l'on ne me supposera pas la prétention d'avoir fait autre ■chose qu'un simple classement numismatique; si j'ai parfois indiqué quelques questions de linguistique ou de théologie orientale que les médailles rappellent presque forcément , il est facile de voir que j'en ai puisé tous les éléments dans les Mémoires sur les antiquités de la Perse, le Commentaire sur le Yaçna , et Y Essai sur la langue pehlvie.

Quelque imparfait que soit le résultat que j'ai obtenu , j'ose cependant espérer que les antiquaires voudront bien me savoir gré de mes efforts ; en m'exposant à la critique, je fournis aux savants le moyen d'expliquer définitivement une curieuse suite de médailles dont le plus grand nombre étaient conservées dans les cabinets sous le titre ^incertaines.

leur» légendes sont d'une finesse microscopique, rappelle toute l'attention des nuœisniatistes sur ce point. Si un exemplaire donnait d'nne manière bien distincte Izdekerti (leçon que Tyclisen n'a pas indiquée) au lieu d'Iftdani, le second jambage de Yaliph pouvant n'être que le trait intérieur du thau, je trouverais alors le double avantage d'ajouter un nom de plus à ma liste royale, et de loofirmer mon système sur la transcription grecque et latine, qui dans ce cas encore serait exacte, puisque les auteurs occidentaux litent Itdegirttt.

Voici les principaux faits qui me semblent résulter de mon travail et sur lesquels j'appelle toute l'attention des numismatistes.

i° L'alphabet des médailles sassanides presque semblable à celui des Hébreux au commencement du III e siècle, après avoir subi diverses transformations, se trouve, au commencement du VII' siècle, identique à celui qu'emploient les manuscrits pehlvis. La forme des caractères a dû à toutes les époques varier dans les différentes provinces de la Perse, puisque les monnaies des mêmes rois présentent des légendes écrites en caractères très-dissemblables.

a° De la similitude qui existe entre les portraits des mêmes rois sur les médailles et sur ceux des bas-reliefs dessinés par Sir R. Ker Porter, qui sont accompagnés d'inscriptions, on pourra, on généralisant, tirer la conclusion que tout monument dont les personnages sont représentés avec les traits et l'ajustement qui appartiennent au buste d'une médaille, pourra être attribué au roi dont cette médaille porte le nom. Tous les bas-reliefs, tous les monuments sassanides vont donc recevoir une date exacte.

i° Le système monétaire des Perses sous les Sassanides était, pour l'or, l'emprunt de Yaureus romain ; pour l'argent , l'adoption de la drachme attique.

4° Le reproebe adressé aux écrivains grecs et latins d'avoir altéré considérablement les noms étrangers, doit être restreint, au moins en ce qui regarde la Perse, puisque l'on voit que les noms d'Artaxerce, de Sapor.de Vararanes, de Cavadès, de Vologèse, de Pérose, de Cosroès, etc., ne sont que la transcription des noms persans anciens, aussi approchée que le permettait la différence des alphabets et de la prononciation.

Je ne terminerai point sans offrir l'expression de ma gratitude aux personnes qui ont bien voulu m'aider dans mes recherches en me communiquant les médailles qu'elles possèdent : MM. de Magnoncour, Rollin, lsambert, Rigollot, trouveront ici leur part dans mes vifs remerciments.

Mais comment exprimer à M. Reinaud ma reconnaissance pour le secours qu'il m'a apporté dans mon travail. Non-seulement il m'a permis d'étudier à loisir les trésors renfermés dans le médaillier que M. le duc de filacas lui a confié, mais c'est à ses conseils, à ses encouragements que je dois d'avoir pu achever cet ouvrage. En le lui dédiant, je ne ferais qu'accomplir un devoir. Tespère cependant qu'il l'acceptera comme un témoignage du sincère attachement que je lui ai voué.

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