‹ Essai sur les médailles des rois perses de la dynastie SassanideChapitre 2 sur 31 · ARTAXERCE T · texte numérisé non relu

ARTAXERCE T

La Perse avait été gouvernée pendant près de cinq siècles par la dynastie parthe des Arsacides , et le dernier rejeton de cette antique race , Artaban IV, venait de remporter sur l'empereur Macrin une sanglante victoire, suivie d'une paix honteuse pour les Romains, lorsqu'en l'an 22a de J. C, Artaxeree, fils de Babec, et descendant de Sassan, résolut de rétablir dans sa patrie la monarchie nationale et la religion de Zoroastre. A la tète d'un parti nombreux, il défit Artaban dans trois batailles, le renversa du trône et s'empara de la tiare du roi des rois.

I.e prince qui avait délivré son pays du joug étranger voulut lui donner de nouvelles lois et faire revivre les institutions religieuses que le polythéisme, importé par les Grecs, n'avait pas fait entièrement oublier.

l*s historiens parlent de la grandeur de ses idées politiques, et les monuments que nous allons examiner témoignent assez de l'impulsion nouvelle que les arts reçurent sous son règne. lorsque l'on compare les médailles d'Artaxerce à celles des derniers rois parthes, on reconnaît dans les premières une supériorité de travail qui dénote une époque florissante, une sorte de renaissance.

Après avoir régné quatorze ans, Artaxcrce mourut en »4o , laissant à Sapor, son fils, un empire auquel il l'avait associé de son vivant.

Pl. I, I. N* 1. (xmu un» i-uu» icu»»c\i» î2i Wwi»

Mazdicsn beh Artahchetr malcan malca sf ïran. l'adorateur d'ormizd, l'excellent ARTAXERCE, roi des rois de

LA PERSE

Tète d'Artaxerce, tournée à droite; la barbe longue, les cheveux entièrement cachés par un bonnet à oreillères, par-dessus lequel est une tiare richement brodée, de laquelle pendent des fanons.

Artahchctr icztla [a] i.

LE DIVIN ARTAXERCE

Pyrée ou autel du feu d'où s'élancent des flammes; dessous, deux cassolettes à parfum. Ail. f>. Poids, ;a grains. Cabinet de M. le duc de Blacas.

Cette pièce est munie d'une bélière; elle me parait avoir été rognée, ainsi que presque toutes celles qui ont été portées comme ornement.

N*2. |i>u> 10 ntcn» \w mi« umo tfeU^tlJJ i>) 1»>J$8 Pl. 1, 2.

Mazdiesn beh Artachetr (sic) malcan malca Iran minoutchetri men

iezdan.

LADORATEUR DORMUZD, L'EXCELLENT ARTAXERCE, ROI DES ROIS DE LA PERSE, GERME CELESTE DES DIEUX.

Buste d'Artaxerce semblable à celui de la médaille qui précède, à l'exception de la tiare, qui ne présente pas les mêmes broderies et dont les fanons sont flottants.

Artalichctr iezdani.

LE DIVIN ARTAXERCE

Type semblable au précédent.

AR. 6 J.. Poids? Cabinet I. et R. de Vienne.

Je dois la connaissance de cette belle médaille à l'amitié de M. Firmin Lestapit, qui a bien voulu me rapporter de Vienne plus de quarante empreintes de monnaies sassanides qu'il a prises à mon intention au musée impérial et royal.

X* 3. tu uyi» tuji>o icurcm -iu tuiytio Pl. 1,3.

Mazdiesn bèh Artahchetr malcan malca Ai[ran).

L'ADORATEUR D'ORMUZD, l'eXCBLLBNT ARTAXERCE, ROI DBS ROIS DE

LA PERSE

Même tête que sur la médaille qui précède.

Artc/tetr iezdani.

LE DIVIN ARTAXERCE

Pyrée; dessous, deux cassolettes. JE. 6 {.

Cabinet de la bibliothèque royale.

Pl. 1,4. N°4. »/u ^u^»u\\x> ion u zJiMiro

Mazdiesn bèh Artchir malcan malca Aïr[an].

LADOBATEUR DORMUZD, L'EXCELLENT ARTAXERCE, ROI DBS ROIS DE

LA PERSE

Tète entièrement semblable à la précédente.

H}. JJU\V "CUIV-

Ar[tah]chetr iezdani.

LE DIVIN ARTAXERCE

Pyrée; dessous, deux cassolettes. JE. y.

Cabinet de la bibliothèque royale.

Cette médaille est celle sur laquelle M. de Sacy avait cru lire le nom de Balasch{\). Visconti, reconnaissant avec toute raison que cette médaille ne pouvait point avoir été frappée vers la fin du cinquième siècle de notre ère, et ne doutant point cependant qu'elle ne portât bien réellement le nom de Balasch, l'avait attribuée à j

v iy Mém. sur diverses an t. de la Perse, p. 186.

Balasch V, ou Vologese, prince de Kirmau et frère du dernier des Arsacides (i). Mais outre qu'il pourrait sembler extraordinaire qu'Artaxerce eût fait calquer la monnaie de l'ennemi qu'il avait vaincu, à ce point que les traits mêmes du visage en auraient été conservés, une raison plus forte, l'orthographe qu'il faudrait donner au nom de Vologese , me fait rejeter tout à fait cette restitution. On verra plus bas , à l'article du roi Balasch , de quelle manière ce nom s'écrivait, si du moins je ne me suis point abusé. Je préfère donc voir dans le n° 3 une médaille dont les légendes sont incomplètes, ou barbares, comme on voudra les appeler; et cette barbarie, dont nous allons bientôt rencontrer de fréquents exemples, tient sans doute à ce que les Sassanides employèrent des artistes grecs à qui l'écriture perse n'était pas familière.

N° 5. Traces de légende; le flan de la monnaie étant plus petit que Pi. 1 , 5. le coin, n'a reçu l'empreinte que de la partie inférieure des caractères qui formaient la légende circulaire.

Buste coiffé d'une tiare, et en tout semblable à celui des médailles décrites ci-dessus, fl^. Pyrée; dessous, deux cassolettes. M. 4.

Cabinet de M. de Magnoncour.

N° 6. Traces de légende.

Buste semblable à celui de la médaille qui précède.

H}. Légende illisible. Pyrée.

S., a. Cabinet de M. de Magnoncour.

(i) Vuconti, Iconographie grecque , t. III, p. i3».

Bien que les deux médailles de bronze de très-petit module que je viens de décrire, ne présentent que des légendes imparfaites, et qui ne suffiraient pas pour déterminer l'effigie qu'elles accompagnent, je n'hésite pas cependant à ranger ces monnaies au règne d'Artaxerce I" ; la similitude de leur type avec celui des trois monnaies précédentes ne permet pas de douter qu'elles se rattachent à la même série. Cette première série se compose de six variétés de monnaies que je considère comme appartenant aux premiers temps du règne d'Artaxerce. La simplicité du type, le rapport qu'il présente avec celui des médailles de la dynastie parlhe, la supériorité du travail qui lie en quelque sorte ce monnayage à la divine antiquité , sont pour moi autant d'indices d'ancienneté dont la valeur ne me semble pas contestable. L'histoire vient aussi à mon secours; Agathias nous dit qu'Artaxerce , après avoir fait périr Artaban, ceignit sa tête de la tiare (i); et il parait bien probable que si le prince a voulu par cette action consacrer son pouvoir et se constituer l'héritier des Arsacides, en adoptant leurs insignes royaux , les artistes chargés de graver les monnaies n'auront pas manqué de le parer tout d'abord de cet ornement , qui avait une telle importance politique.

Pl. Il, 1. N" 7. IU.JJ1 l» HcVU» f'fU -LU?» IU.V» XtUUtliJ lit |TIJJ»

Mazdiesn beh Artahchctr malcan malca Air\a\n minoutchetr[i] men

iezdan.

l'adorateur d'ormuzd, l'excellent artaxerce, roi des rois de

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