LE DIVIN
Pyrée, ceint de bandelettes, sur lequel est un buste tourné à
gauche, placé" au milieu des flammes. A gauche , Hormisdas debout regardant l'autel et tenant à la main une épée ou un sceptre; à droite, un personnage, dont la tète est ornée d'une couronne à pointes, dans la même attitude que le roi.
AV. 5. Poids l ié ± grains. Cabinet de M. de Magnoncour.
N-31. Légende effacée. Pl. V, 5.
Buste d'Hormisdas semblable au précédent.
H}. Revers semblable à celui de la monnaie d'or. AR. 7. Poids, 7a grains. Cabinet de M. le duc de Blacas.
Le style de ces deux médailles, le peu de relief de leur type qui, sur la monnaie d'argent principalement, est assez grossièrement dessiné, me les ont fait attribuer à Hormisdas II de préférence, plutôt qu'au premier roi de ce nom qui ne saurait avoir frappé des monnaies si inférieures pour le travail à celles de son père et de son fds.
Sir Robert Ker Porter a publié la médaille d'argent, et il avait cru y distinguer le nom de Cosroès (1). Il est vrai qu'il n'avait pu la comparer à la belle médaille d'or de M. de Magnoncour; mais il était du moins facile d'apercevoir combien elle différait de la monnaie que M. Ouscley avait, en 1801, attribuée si judicieusement à Cosroès.
On remarque au revers des médailles d'Hormisdas un buste placé sur l'autel au milieu des flammes. Cette addition au type ordinaire ,
(il Traeeh in Gtergia, etc., t. Il, p. 118. The legetid round «lai*. side, dit-il, as far as I ran decipher it, runs thus. — Mttdewt, Kttra Purwaz, Malcan, M.Ma , Airan. On plus bas <|oe l'ancienne orthographe de Cosroèt n'était point Kesra. Il est presque inutile d'ajouter qu'un surnom tel que Punvii ne saurait se trouver sur la monnaie.
que l'on retrouvera sur les médailles n°* 36, 43, 44» 4^, 49 > âo> ^5, a été fort bien comprise de .Marsden , qui , en décrivant la médaille n* 36, s'exprime ainsi : « On pourrait peut-être rapprocher cette « représentation du Féroucr de la mythologie perse , c'est-à-dire , « l'expression individuelle et spirituelle de chaque être vivant ; et la « figure que nous voyons ici peut être considérée comme le génie du « roi lui-même , évoqué par l'accomplissement des rites sacrés. » Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de discuter bien longuement l'opinion de Visconti , qui voyait au revers de la médaille de Sapor II (n* 36), « au milieu de la flamme latêted'un barbare, sans doute celle de Thair o (roi de l'Yémen, tué dans un combat contre Sapor II), placée, suivant « l'expression d'un écrivain oriental , comme trophée dans le temple « du feu. (i) » Mais le passage de cet écrivain, qui est Mirkhond, et qui rapporte la menace que le dernier roi Arsacide fit à Artaxerce d'exposer sa tête dans le temple du feu , ne peut servir à expliquer la présence d'une tête au milieu des flammes; comment comprendre, en effet, que les Parscs, qui se couvraient la bouche, afin que leur haleine n'altérât point la pureté de l'élément divin, aient placé précisément au centre du feu , la dépouille sanglante d'un ennemi (a) ! D'ailleurs, l'interprétation qui pouvait s'appliquer aux médailles de Sapor II, vainqueur de Thaïr, ne convient point à celles de son père.
Il faut dire encore que les médailles que je décris sous les n" 49 , 5o , 55, présentent au centre de l'autel un buste ajusté comme celui du roi l'est au droit des mêmes médailles. Cette similitude est décisive. La
1) Iconographie , III, p. 16C.
(a) Cette action impie est prévue par le Vcndidad-Sadé qui l'interdit formellement. - L'homme ipii , tenant un mort avec soi , le porte dans l'eau ou dans le feu , et touille par là ers 1 éléments], peut-il être pur, o saint Ormuzd? — Ormuzd répondit: cet homme est souillé,.... il est darvand (damné), etc. - - Zend-Avetta, t. II, p. 1»o.
personne du roi étant Ized(i), on conçoit très-facilement que sa représentation , son férouer, soit confondu dam l'adoration dos hommes avec le feu d'Ormuzd. Ne trouve-t-on pas dans le Zend-Avesta des phrases semblables à celles-ci : Je fais Iseschné aux Férouers des hommes purs (2), Je fais Tzeschné aux Amschaspands bon* Rois , donnés purs (3), etc. ?
Au reste , les savants versés dans la théologie parse , pourront examiner cette question qui n'intéresse pas directement la classification que j'ai entreprise.
(1) Cf. Eug. Buruouf, Commentaire lut te Yaçna, p. ai8. (a) Z«nd-Ave*ta, t. H, p. 186.
(3) lbid.,t.U,p. i33.