‹ Essai sur les médailles des rois perses de la dynastie SassanideChapitre 24 sur 31 · SAPOR III · texte numérisé non relu

SAPOR III

lie successeur d'Artaxcrcc fut un prince juste, compatissant et plein de vertus (ï). 11 fit fleurir la religion , et contribua au bonheur de ses peuples par tous les moyens en son pouvoir (»). Malheureusement pour la Perse, son règne fut de courte durée, il y avait un peu plus de cinq ans qu'il occupait le trône r lorsqu'il fut écrasé pendant son sommeil par la chute de sa tente, causée par un vent impétueux; quelques-uns (3) attribuent cet accident à la malveillance des grands officiers du roi.

N*43. io ujpî/jto Pl. VII, 4.

Mazdiesn bèh Chahpouhri mal[can\.

i/ADORATBUR D ORUUDD , LEXCBLLEirr SAPOS , BOI.

Buste de Sapor, tourné -à droite; la tète ceinte d'un bandeau royal; les oreilles ornées de pendants; la barbe frisée et terminée par une touffe tombant sur la poitriue ; les cheveux disposés en épaisses boucles liées en paquet derrière la tète.

R}. Légende effacée.

(0 Mirthond, p. 3 19.

(>) NikbibcnMa»oud,p.333.

(3) Ebo-Athir, Mohammed Tabari.

Sapor debout , tenant à la main un sceptre , tourné vers un Pyrée ceint de bandelettes, sur lequel est un buste tourné à gauche et placé au milieu des flammes; à droite de l'autel, un personnage dont la tête est ceinte d'une couronne à pointes dans la même attitude que le roi. Sur le fut du Pyrée fc»i>i

AV. 5. Poids, 81 gr. Cabinet de M. Rolliu.

Cette médaille est, de toute la suite des Sassanides, la seule qui nous montre un buste royal , dont la tête est absolument nue et que ne surmonte pas le globe accoutumé. Ce globe qui représente , je le suppose, l'orbe du soleil , était inhérent à la couronne même; c'est du moins, ce que l'on peut conclure du passage suivant du Farangh de Gianghir, cité par Hyde : « Alii volunt quôd Ardeschir Babecan, « hoc die , primo induit coronam, in quâ Mithrfe, seu Solis, figura « insculpta fuit : quoeirca ei succedentes reges hoc die coronam, Solis c figura insculptam, in caput suum et in capita filiorum imponere « solebant (i). »

Pl. VII, 5. N *44. •>«j|'?-iv>'i<Lro'tt. fuj ITJU i»

MazdUsn bèh Chahpouhri mal[can\

l'adorateur d'ormuzd, l'excellent sapor, roi.

Buste de Sapor , tourné à droite; la tête ceinte d'une couronne en forme de bandeau orné de fleurons, et surmontée d'un globe céleste ; les oreilles ornées de pendants ; la barbe nouée et terminée en touffe tombant sur la poitrine; les cheveux noués en paquet derrière la tête; les extrémités du bandeau royal flottant dans le champ de la médaille.

(i) Hyde, fet. Ptn. ni., p. a45 , ad c«k.

n;. Pyrée, sur lequel est un buste placé au milieu des flammes, entre deux personnages couronnés et tenant à la main un sceptre.

AR. 7. Poids, 66 gr. Cabinet de M. Rollin.

Un autre du même cabinet j)èse 70, grains.

La couronne qui orne ici la tète de Sapor est d'une forme trèsancienne. Je la reconnais sur un cylindre persépolitain , où elle ceint la tête d'un personnage barbu qui lutte rontre un taureau (1).

(i l Ker Porter, TrattUm Prrtm, pl. 79, n° 5.

VARAHRAN IV.

En l'an 38g, Varahran, fils de Sapor II, succéda à son frère. Il est surnommé par les historiens Kirmanschah , parce que, sous les règnes précédents, il avait été gouverneur de la province de Kirman. Son règne paraît avoir été paisible; cependant, vers la fin, la mollesse du roi, le goût qu'il témoignait pour les plaisirs, ayant excité l'indignation des peuples ou servi de prétexte aux ennemis de l'ordre, une révolte éclata, et dans le tumulte qui s'en suivit, une flèche, que quelques-uns assurent avoir été dirigée par un parent du roi, vint le frapper et lui donner la mort.

P1.VIII,3. N- 45. &t»j u>±robt *y us)»»

Mazdiesn beh Varahran malc[an\

l'adorateur d'ormuzd, l'excellent varahran, roi.

Buste de Varahran, tourné à droite, la tète ceinte d'une couronne élevée sur le devant , ornée de deux ailes et surmontée d'un globe céleste; les oreilles garnies de pendants; la barbe nouée et terminée en touffe tombant sur la poitrine ; les cheveux noués en paquet derrière la tète, et les extrémités du bandeau royal flottant dans le champ de la médaille.

BJ. Quelques caractères difficiles à déterminer. Pyrée sans feu , sur lequel est un buste, tourné à droite, entre deux personnages couronnés et tenant à la main un sceptre.

AR. G. Poids, 77 grains. Cabinet de la bibliothèque royale.

W46 ii»aou»*iff ujj/via u»î->«» Pl. Mil, 2

Mazdiesn beh Varohran malcan malca.

l'adorateur d'ormuzd, l'excellent varahran, roi des rois.

Buste de Varahran, tourné à droite; la tête ceinte d'un diadème ailé, orné sur le devant d'une pointe dentelée, et surmontée d'un globe céleste dans un croissant; le reste de l'ajustement comme sur la médaille précédente.

fl}. Pyrée allumé entre deux personnages tenant à la main un sceptre recourbé en crochet à son extrémité : peut-être quelque instrument usité dans le culte du feu. Sur le fût du pyrée, l'inscription :

AR. 6. Poids, 71 ■; grains. Cabinet de la bibliothèque royele.

Il serait peut-être bien hardi de rapprocher l'instrument que tiennent sur cette médaille les deux adorateurs du feu, du glaive à lame recourbée en crochet, de la harpa qui ligure parmi les attributs de Mitlira dans un bas-relief publié par Hyde (1). C'est donc une simple indication que je donne , sans y attacher d'importance.

1 , Kcr Porter, Trwt tl in Penia , lab. I , p. 1 1 1 .

IZDEGERD 1".

Fils ou frère de Varahran , Izdegerd monta sur le trône à l'âge de vingt et un ans ( 399 de J. C); ce prince donnait les plus belles espérances. 11 était l'allié des Romains, et l'empereur Arcadius lui confia en mourant la tutelle de son fils Théodose le jeune (/j 08 de J. C). Izdegerd protégeait les chrétiens qui firent de grands progrès en Perse, grâce à la tolérance du roi , qui cependant resta fidèle à la religion de Zoroastre, Ce fut même à l'occasion de l'incendie d'un pyrée, imprudemment ordonné par l'évêque Ahdaas, qu'il changea complètement de sentiments à l'égard du christianisme. Non-seulement il persécuta les chrétiens de la manière la plus acharnée, mais encore il se livra aux plus funestes excès envers ses autres sujets. Les historiens orientaux s'accordent à faire le tableau de ses crimes. Enfin , après un peu plus de vingt-deux années de règne, le ciel délivra la Perse de ce tyran. Il fut tué par un cheval sauvage qu'il essayait de dompter.

Pl. VI II, 3. N" 47. >ia i»-33

[Ma]zdiesn . . . Izdkcrd ma/c[an}.

LADORATEL'R DORMIJZD .... 1SDEGERD, ROI.

Buste d'Isdegerd, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne à pointes surmontée d'un croissant soutenant un globe; les oreilles ornées de pendants, la barbe nouée et retombant en touffe sur la poitrine, les cheveux attachés en paquet derrière la tête, et les extrémités du bandeau royal flottant dans le champ de la médaille.

Izdekerd.

ISDEGERD.

Pyrée entre deux personnages couronnés, tenant à la main un objet en forme de fleur de lotus.

AR. 7. Poids, 7! grains. Cabinet de la bibliothèque royale.

On sera frapj>é comme moi, je le pense, de la double orthographe du nom d'Izdegerd que présentent le droit et le revers de cette monnaie. J'hésitais même à reconnaître le nom royal dans le second de ces mots. Aussi ai-je osé consulter à ce sujet M. E. Burnouf, et je suis heureux de publier la réponse qu'il m'a faite avec une obligeance qui prouve que son zèle pour toutes les études est égal à son immense érudition.

« Votre lecture des noms royaux de Iesdegerd et Kobad , dit le « savant académicien, me parait à l'abri de toute contestation. Le « commencement du nom de Iesdegerd est cependant remarquable « en ce que je trouve ce nom écrit r?},/> sur une pierre de la « collection de M. F. Lajard. Cependant les deux » de votre ortho- « graphe ne sont pas irréguliers, puisqu'ils représentent, selon toute « apparence, le » y y zend , et qu'ils font supposer la suppression d'une « voyelle , a, pour représenter le zend Yazata, première partie de ce « nom propre ; tandis que dans l'orthographe de la pierre de « M. I^ajard (izd), nous avons la lecture purement persane Izetl. « En général , il ne faut pas s'étonner de voir le même nom écrit de « plusieurs manières différentes; le dialecte persan était si flottant « sous les Sassanides, qu'on trouve la plus grande variété dans les « orthographes. Tantôt le mot conserve encore quelques traces de

« son origine arienne, et alors il est plus plein et plus chargé de « consonnes et de voyelles; tantôt il est déjà devenu persan, et alors « il est dégagé de tous ces signes qui n'ont de valeur que pour « l'étymologie. »

Après une opinion si explicite et d'une si haute autorité, il y aurait de la témérité à concevoir encore des doutes. Je me bornerai donc à emprunter au Commentaire sur le Yaçna quelques notions qui viendront compléter l'analyse du nom de Iesdegerd.

La première partie de ce nom, Ized , est une altération parsie du zend } azata. 11 désigne les génies du second ordre qui, dans le système théologique des Parses , prennent rang immédiatement après les Âmschaspands ou esprits supérieurs. Mais on l'attribue également aux Amschaspands eux-mêmes, et il s'applique, à proprement parler, à tous les êtres auxquels s'adresse l'adoration des hommes. L'étymologie de ïazata, qui vient évidemment de Vaz, en sanscrit Yadj (offrir le sacrifice) , explique suffisamment la grande extension que ces textes donnent à l'emploi de ce titre (i). La seconde racine est ^sf, faire; en sorte que Izdegerd équivaut à peu près à Oeo'*oTo<.

Le nom du roi est précédé, sur les médailles 4" et 48, de deux caractères, dont j'ignore la signification.

PI N 111,4. N- 48. oas>j>» 33 »3JX>

Mazdies[n] . . . Izdkerd mal[can].

l'adorateur d'ormczd, izdegerd, roi.

Buste d'Izdegerd, tourné à droite, la tète ceinte d'une couronne à pointes surmontée d'un croissant supportant un globe, les oreilles

(i) E. Btirnoiif, Commrnt. sur le Yaçna, t. I, |>. ai8.

ornées de pendants, la barbe nouée, les cheveux arrangés en paquet derrière la tête.

HJ. Légende effacée.

Pyrée entre deux figures tournées vers l'autel, la tête ceinte de couronnes à pointes, et tenant à la main une haste.

AR. 5. Poids, 72 grains Cabinet de M. le duc de Blacas.

Je dois dire que j'ai réuni sous le nom d'Izdegerd I** les médailles .'17 et 4^. dans l'impossibilité où je me trouvais de distinguer si elles appartenaient ou non au même prince. Les règnes des deux Izdegei-d n'étant séparés que par celui de Varahran V, dont les monnaies ne sont ni meilleures ni plus mauvaises que les deux pièces que je viens de citer, et qui, elles-mêmes, diffèrent autant des monnaies de Varahran IV que de celles que j'attribue à Hormisdas III , la difficulté ne pourra être résolue que par la découverte de nouveaux monuments.

VARAHRAN V.

Apres la mort d'Izdegerd , les grands du royaume s'assemblèrent pour lui donner un successeur. Leur choix tomba sur un descendant d'Artaxerce, nommé Cosroès ou Kesra, comme l'écrivent les Arabes. Ils le conduisirent à Madaln, et le firent reconnaître pour roi. Izdegerd avait laissé un fils qu'il avait fait élever chez les Arabes, et que les Persans excluaient ainsi du trône dans la crainte qu'il n'eût adopté des mœurs étrangères, et n'eût, en outre, hérité de la perversité de son père. Ce jeune prince , qui se nommait Varahran , ayant appris la mort d'Izdegerd et l'élévation de Cosroès, se hâta de quitter l'Arabie , et vint , à la tête d'une armée , faire valoir ses droits. 11 fut aussitôt reconnu par les Perses et par Cosroès lui-même. En 4»i , il fut défait par les généraux de Théodose II , et conclut avec les Romains une paix qui dura quatre-vingts ans. Varahran se fit chérir de ses peuples par sa libéralité et sa vaillance. Il repoussa une invasion de Tatars. Le récit d'un voyage qu'il fit dans l'Inde est entouré de tant de fables , qu'il est presque impossible de s'assurer que le fond même ait quelque réalité. Sa mort, qui arriva en 44° > est racontée par Mirkhond, avec des détails entièrement invraisemblables.

Ce prince est ordinairement appelé par les auteurs persans , Bohram- Gour. Ce surnom lui venait de ce qu'un jour, à la chasse, il aurait percé de part en part, à coup de flèches, un âne sauvage (gour en persan).

Afalcan bèh iezdani Varahran Malcan.

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