‹ Essai sur les médailles des rois perses de la dynastie SassanideChapitre 28 sur 31 · PÉROSE · texte numérisé non relu

PÉROSE

Pyrée entre deux personnages; de chaque côté de la flamme, un astre et un croissant.

AR. 8. Poids, 76 grains. Cabinet de M. le duc de Blacas.

\m médaille suivante fait partie d'un collier conservé au cabinet des antiques de la bibliothèque royale, et qui se compose de cinq pièces dont le module a été considérablement réduit ; elles sont, en outre, munies (de bélières découpées à jour. Deux de ces pièces portent le type n* 54 de Pérose; deux autres ont été frappées par Cavades et sont entièrement semblables à la pièce décrite ci-après sous le n* 58.

V 55. pl IX > 4 -

Soup [rai"]?

SOUFBAÏ?

Buste de Pérose, la tête ceinte d'une couronne à pointes surmontée d'un croissant; devant le buste est une petite figure couronnée , tenant à la main un diadème royal qu'elle semble tendre au roi.

P[{\rouz.

PJÉHOSE.

Kevers semblable au précédent.

AR. (>. Poids, 4^ grains. Cabinet de la Bibliothèque royale.

Nous venons de voir le nom de Pérose ou Firouz orthographié de trois manières, avec un i ou un i double , ou enfin sans cette voyelle. Cette dernière forme est tout à fait analogue à celle que les Grecs et les latins ont adoptée.

I*s trois caractères qui sont près de In tète du roi , au droit de la médaille, ne peuvent former aucun des mots qui nous sont familiers. Je ne vois qu'une seule manière de les expliquer , c'est de supposer qu'ils représentent le nom abrégé de Soufrai , cet homme du sang de Minotchehr à qui Pérose avait laissé la régence de son royaume et la tutelle de ses deux fils, lorsqu'il allait combattre les Huns blancs. On pourrait alors reconnaître, dans la petite figure opposée au buste royal, le portrait de Soufrai, présentant à son maître un diadème, et atténuant ainsi, en quelque sorte, par cet hommage public, la hardiesse qu'il y avait à placer sur la monnaie le nom d'un particulier, quel que fût d'ailleurs son rang dans l'État.

VOLOGÈSE.

Yologèse, plus connu sous le nom de Balasch, parvint au trône, après la mort de son père, en 488. C'est un des rois dont les historiens persans vantent le plus la justice et la sagesse. Il sut reconnaître les services que lui avait rendus Soufrai pendant la guerre avec les Huns.

Cependant Cavadès, qui s'était retiré chez le Khacan, rassemblait des hordes turques avec l'aide desquelles il comptait détrôner son frère. Il s'était avancé jusqu'à Nischabour, lorsqu'il apprit la mort de Vologèse ; il y avait quatre ans que ce prince régnait sur la Perse.

N'66. , jluvjj£\ i ît rv Pl. IX, 5.

Volakheseh.

VOLOGÈSE.

Buste de Vologèse, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne à pointes, surmontée d'un croissant supportant un globe; les oreilles ornées d'un double pendant; les cheveux tombant sur le cou. lies fanons du diadème se relèvent dans le champ derrière la tète , et audessus de l'épaule gauche s'élèvent des flammes; le tout dans un double grenetis.

R}. Pyrée, au centre duquel est le férouer du roi, entre deux personnages la tête surmontée de globes. Dans le champ un astre et un croissant.

AR. 7. Poids, 76 grains. Cabinet de la bibliothèque royale.

Un autre exemplaire pèse 78 grains, et porte au revers le nom axiiz , qui, malgré la fracture qui le divise et le défigure, se lit Volakhesch, et détermine parfaitement la séparation de la légende du droit en deux mots, dont le premier reste pour moi tout à fait inexpliqué.

Nous connaissons donc la véritable forme du nom de Vologèse . commun à plusieurs rois perses, et dont le* modernes ont faitcr^. en retranchant le chet. Cet adoucissement n'a rien qui doive étonner; il rentre tout à fait dans le système exposé par M. le docteur Mùller, dans le Journal Asiatique (1).

Cette manière d'orthographier le nom de Vologèse est toute en faveur du mode de transcription des Grecs, puisque les auteurs de cetti' nation écrivent ÔuoXayjfeii; , ou son équivalent BoXaya&mf il me parait même fort étonnant que M. de Sacy ait pu supposer que la pronon-

0 1839, 1. VII, p. 190 et suit.

nation perse donnait Balatchi ou Balatcha (i), lorsqu'il avait lui même cité les médailles arsacides, qui portent la légende BOAArACHC. Ces médailles, frappées sous les yeux des rois arsacides, doivent nous

grec. A l'époque du Vologèse sassanide ou de Balasch, comme on l'appelle communément, les Grecs écrivaient DX«nwt«, Be&<Mm<; la première de ces deux formes était le résultat d'une métatlièse qui se retrouve ù chaque instant dans les auteurs anciens ou orientaux ; la seconde, une expression exacte du nom de Valasch, que les Perses adoucissaient très-probablement en le prononçant , sans pour cela en avoir encore changé l'orthographe, ainsi que le prouve notre médaille. Mais il demeure évident que la substitution du tché au chct n'avait jamais eu lieu.

La flamme qui s'élance au-dessus de l'épaule du roi, est, je le suppose, une nouvelle manière d'exprimer sa qualité A'ized, en l'associant au feu pur d'Ormuzd (2).

Cet attribut de la Divinité se trouve déjà , sans qu'on l'ait encore remarqué, dans un bas-relief de Nakschi Roustam, représentant un mi qui perce un cavalier de sa lance (3). Le bas-relief a été fort maltraité par le temps, et le dessinateur de Ker Porter n'a pu parfaitement comprendre l'attribut insolite qu'il avait à reproduire. Aussi lui a-t-il donné la figure d'une pomme de pin (4), ou plutôt d'un gland semblable à ceux qui ornent les étendards et les selles des chevaux dans ces mêmes sculptures de Nakschi Roustam.

1) Mèm. tur rffirwj antii/. tlt la Perte, p. 1R8.

;») Je fais ueschnc, à ce qui est pur, à ce qui est excellent, immortel, à ce fui rit lumière, Zend-Avesta, 101.

Je te fais iieschné, feu fils d'Orumzd, saint, pur et grand. Idem , p. toi. [X I.er Porter, Trahis in Prrùn, pl. ao.

(4) Ker Porter, 1. 1, p. 53 7 .

avoir conservé leur nom aussi approché que le permettait l'alphabet

CAVADÈS.

Cavadès (le Kobad des Persans modernes), ayant appris la mort de son frère, marcha droit à Madain, où il fut bien accueilli par les grands du royaume. Il laissa a Soufrai toute l'autorité dont il avait joui sous les règnes précédents. Mais bientôt, jaloux de l'empire que cet homme d'Etat exerçait sur l'esprit public, il se laissa emporter par la passion la plus injuste , et , méconnaissant les services de l'homme qui avait sauvé la Perse de l'invasion des barbares, il le livra à un misérable qui le fit mourir dans les fers. A peine Cavadès se fut-il défait de son ministre, qu'il eut lieu de se repentir de sa coupable action. Un imposteur, nommé Mazdac, qui prêchait une abominable doctrine, dont le fond était la promiscuité des sexes, s'empara de l'esprit du roi au point de l'amener aux concessions les plus humiliantes. I^es grands de la Perse, ne pouvant souffrir un tel état de choses, déposèrent Cavadès, et choisirent, pour le remplacer, son frère Jamasp.

Cavadès, qu'ils voulaient mettre à mort, parvint à s'échapper, et se retira chez les Huns blancs. Il revint bientôt en Perse à la tête d'une armée; mais il n'eut point de combat à livrer, car son frère , d'accord avec le peuple, lui rendit le trône.

En 327, il déclara la guerre à l'empereur Justin, et bientôt après il fut complètement défait par Bélisaire.

Cavadès mourut en 53a.

PI.X, I. N-57. ^ U2l

Kavâd.

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