‹ Essai sur les médailles des rois perses de la dynastie SassanideChapitre 29 sur 31 · C A VA DES · texte numérisé non relu

C A VA DES

Buste de Cavadès, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne à pointes, sur le devant de laquelle est un croissant, et surmontée d'un globe céleste supporté par un croissant; la barbe très-courte, les cheveux noués en paquet derrière la tête; les oreilles ornées de pendants; dans le champ, au-dessus de chaque épaule, un croissant; en haut , derrière la tête , un astre.

Kavâd.

CAVADRS.

Pyrée entre deux figures debout, de face, la tête couverte d'une coiffure élevée; au-dessus de l'autel, un astre et un croissant. AR. 8. Poids, 69 grains. Cabinet de M. le docteur Rigollot.

Pl. X, 2. -V' 58. Même type; mais en plus petit.

RJ. Même revers.

AR. 8. Poids, 7 3 grains. Cabinet de la bibliothèque royale.

On a vu plus haut que M. Burnouf considérait ma lecture du nom de Cavadès comme étant « à l'abri de toute contestation. » Pour faire apprécier l'importance de cette lecture, je crois nécessaire de transcrire ici un passage du Commentaire sur le Yaçna , qui a tout à fait rapport à ce sujet.

« Je n'ai pu, dit M. Burnouf, jusqu'à présent, déterminer si les « Kaianiens ou les rois dont le nom est précédé de hé (en zend kavi ) ,

« sont des rois soleil, ou des rois descendant du soleil; en d'autres « termes, si le titre de soleil a été joint au nom de chacun de ces « rois, uniquement pour indiquer la splendeur de leur puissance, ou « bien si le chef de cette dynastie a passé pour descendre du soleil , « et s'il a laissé ce titre à ses successeurs, comme cela a eu lieu dans « l'Inde pour les Sûryavamça. Je ne veux pas ajouter une hypothèse « étymologique aux traditions fabuleuses dont les Parses ont mêlé « l'histoire de ces rois; mais il serait intéressant de retrouver la forme « zende du nom du premier des Raianiens, de kobûd, il*, nom dans « lequel on découvrirait peut-être le mot kavi (nom. kavâ et kava), « soleil. Si kobad pouvait signifier aie soleil» ou «le (ils du soleil,» « la question que nous posions tout à l'heure serait résolue, et les « autres Raianiens n'auraient reçu le titre de kavi (ké), que parce « que la tradition les regardait comme issus d'un fils du soleil (i). » Le premier Kobad et le Kobad sassanide étant lus de la même manière par tous les manuscrits orientaux , la nouvelle orthographe donnée par la médaille n* est décisive, et vient transformer l'hypothèse du savant académicien en un fait certain acquis à la science.

La médaille décrite sous le n* 58 est encore plus mal fabriquée que la précédente. Il en existe une au cabinet de la bibliothèque royale, qui est tout à fait barbare, et par conséquent bien inférieure pour le travail à celle de Jamasp, qui se trouve décrite ci-après. Je suppose que ces pièces appartiennent à la seconde époque de Cavadès, après sa restauration sur le trône de l'Iran. La médaille n* 67, en raison de sa ressemblance avec celles de Vologèse, serait, au contraire, classée au commencement du règne.

(1) Comment, sur te Tnçna, 1. 1 , p. 455.

JAMASP.

Lorsque, en 498, les Persans déposèrent Cavadès, nous avons vu qu'ils mirent à sa place son frère Jamasp. On ne possède aucun renseignement sur la durée de son règne ni sur les événements qui eurent lieu jusqu'au moment où Cavadès , à la tête d'une armée de Huns, se présenta devant Madain. Mirkhond rapporte qu'alors Jamasp sortit de la ville suivi de tout le peuple, et se rendit au camp de son frère , qui lui pardonna et dissipa toutes ses craintes en lui prodiguant les marques de sa tendresse.

PI.X, 3. ÏN'59. qjjwlujJ

Ziamasp ou Kav Amasp.

JAMASP OU LK ROI AMASP.

Buste de Jamasp, tourné à droite, la téte ceinte d'une couronne à pointes, sur le devant de laquelle est un croissant, et surmontée d'un globe céleste, des deux côtés duquel flottent des bandelettes; les oreilles ornées de pendants. Les extrémités du diadème se relèvent de chaque côté dans le champ, dans lequel on voit aussi deux étoiles et deux croissants. Sur la marge de la médaille, en dehors du grenetis, trois astres dans des croissants.

JJ1KUKTJ

Pyrée entre deux personnages posés de face. Dans le champ , un astre et un croissant.

AR. 7. Poids, G8 grains. Cabinet de la bibliothèque royale.

Un exemplaire de cette médaille, conservé dans le cabinet de M. Isambert, présente au revers un double grenetis.

Il y a deux manières de lire la légende du droit de cette médaille, suivant que l'on fera de la première lettre un zain ou un keph. Dans le premier cas, on peut s'appuyer sur une observation due à M. le D r Mùller, qui a remarqué qu'en persan il y a fluctuation entre le j et le z, de sorte que l'on écrit indifféremment jjj et jjj (1). Dans le second cas, il serait facile de trouver Kavamasp, c'est-à-dire, suivant l'explication qui vient d'être donnée du mot ké ou kavi, le fils du soleil Amasp.

coskoès r\

Ce prince, fils de Cavadès, a reçu le titre de Grand que lui méritèrent ses victoires et les sages institutions dont il dota la Perse. On raconte de lui de nombreux traits de sagesse et de modération. Vers l'an 54o, il s'empara de toute la Syrie; mais il trouva dans Bélisaire un adversaire redoutable qui le força de repasser l'Euphrate.

En 544» Cosroès, ayant échoué devant Edesse, dont il faisait le siège , conclut avec l'empereur Justinien une trêve de cinq années. Plus tard, il reprit la guerre; mais le succès l'avait abandonné, et Justinien, général de Tibère Constantin, le battit et le poursuivit

(1) Jottrn. asiat. , t83g, p. igU.

jusqu'au cœur de ses États. Cosroès mourut à quatre-vingts ans, dans la quarante-huitième année de son règne.

Six ans auparavant, était né, dans une ville de l'Arabie, Mahomet le Prophète , cet homme qui allait bientôt conquérir à sa loi plus d'empires que n'en avait jamais possédé Cosroès.

Khousroui.

COSROÈS.

Buste de Cosroès, de face, la tète ceinte d'une couronne à pointes, sur le devant de laquelle est un croissant; sur le sommet, un autre croissant, au centre duquel est un globe; de chaque côté du visage , les cheveux se partagent en deux touffes; la barbe est courte et frisée; de chaque côté, au-dessus des épaules, un croissant, et au-dessus de la tète deux astres; le vêtement royal porte sur chaque épaule un astre dans un croissant.

TH[- -Au dA\0}J au mjaju^ou y^Airo i s3

Légende que je n'ai pu traduire, à l'exception du premier mot, qui paraît être Khousroui.

Figure du roi, debout, de face, les deux mains appuyées sur son épée , placée devant lui; la tète ajustée comme au droit de la médaille ; les deux extrémités du bandeau royal pendent ici fort bas; en liaut , dans le champ, deux astres placés au-dessus des croissants.

AV. -. Poids, 77 grains. Cabinet de M. le duc de Blacas.

Cette superbe médaille a été apportée en France par M. le colonel Rottiers, entre les mains de qui elle avait été vue, à Tiflis, par S. R. Ker Porter. Ce savant voyageur en a donné un dessin fait à la hâte (i), et fort incomplet, puisqu'il ne reproduit pas les légendes (2).

Le mot qui précède le nom de Cosroès n'a jamais été , que je sache , expliqué par les Orientalistes. Ce doit être un titre honorifique, puisqu'il se trouve sur les monnaies de tous les rois qui succédèrent à Cosroès. En ne considérant que les plus anciennes monnaies, on pourrait lire ce mot A pan, c'est-à-dire, le Très-Haut (3), ou Aman, le fidèle , en lui donnant une origine sémitique. Mais à partir du règne de Cosroès II, la dernière lettre affecte la forme du thau d'une manière fort sensible ; la pénultième peut être un schin. On serait alors conduit à lire Apest[an], c'est-à-dire, suivant M. de Sacy, ministre ou sectateur de £ Avesta (4), épithète qui convient parfaitement , comme on le voit , aux rois perses.

ui£dia> ipou Pl. X, 5.

Khousrouï.

COSROÈS.

Buste de Cosroès, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne élevée, sur le devant de laquelle est un croissant, et surmontée d'un globe céleste; dans le champ, au-dessus de chaque épaule, un croissant; en haut, près de la tête, deux astres; sur la marge de la médaille, en dehors du grenetis, trois croissants.

,1) Pl. 58.

>) Ibid. I regret h»ving neglectrd tu copt the Icgend, illegible m it wu, with anjr »ufliriint accuracy to give a chance of deciphering iu mesuiing. T. II, p. i3$.

(3) Buruouf , Comment, sari» Yaçna, t. I, p. i3».

(4) Mém. de CIntt., idi5, t. H, p. «6, ootf

Pyrëe, entre deux figures debout, de face, la tête couverte d\ sorte de turban à aigrette; les mains appuyées sur la garde de leur épée. De chaque côté de l'autel , un astre et un croissant. AR. 8. Poids, ;5 grains. Cabinet de M. Rollin.

HORMISDAS IV

Le fils de Cosroès le Grand et de la fille dn Khacan des Turks , Hormisdas signala le commencement de son règne par de cruelles exécutions ; il fit mettre à mort , sans autre prétexte que son caprice , plus de treize mille personnes les plus distinguées par leur rang ou leur savoir (1).

Bientôt il apprit tout à la fois que les Turks, les Arabes, les Grecs et les Khosars, avaient envahi son royaume; incapable de résister à tant d'ennemis, il éloigna les uns par des traités et des concessions, et opposa aux autres un guerrier issu du sang royal et nommé Varahran Tchoubin.

Celui-ci marcha contre les Turks et les défit à plusieurs reprises; après ses victoires, il envoya à Hormisdas, qui s'était renfermé dans Madaïn, un immense butin que le vizir Yexdanbakhsch représenta au roi comme une faible partie de ce qui avait été enlevé aux Turks. Hormisdas, qui nourrissait une jalousie secrète contre Varahran, saisit le prétexte qu'on lui présentait de le disgracier; il lui écrivit une lettre injurieuse en lui envoyant des chaînes. Varahran, à la

(1) Mirkhoad , p. 388.

réception de ce message, se chargea des fers que lui envoyait le roi, et se présenta ainsi à ses troupes, qui, révoltées d'une telle injustice, le proclamèrent roi et lui prêtèrent serment.

Varahrau voulant semer la mésintelligence dans la famille, d'Hormisdas, fit frapper cent mille drachmes (i) au nom de Cosroès, fils du roi, et les fit répandre dans Madaln. 1* roi ne douta pas que son fils n'eût voulu empiéter sur son autorité ; et celui-ci , pour se soustraire à sa colère, s'enfuit en Arménie. Deux hommes qu'Hormisdas avait fait mettre en prison, s'échappèrent, lui crevèrent les yeux , puis l'étranglèrent bientôt après.

N* 62. .lgq4a>u> iwqu

Aouhrmazd.

HORMISDAS

Buste d'Hormisdas, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne élevée, sur le devant de laquelle est un croissant, et surmontée d'un globe céleste; dans le champ, au-dessus de l'épaule gauche, un croissant; en haut, près de la tête, deux astres. Sur la marge de la médaille , en dehors du grenetis , trois astres dans des croissants.

RJ. Pyrée , entre deux figures debout, de face, la tête couverte d'une sorte de turban à aigrette; les mains appuyées sur la garde de leur épée. Dans le champ , en haut , un astre et un croissant.

AR. 9. Poids , 79 grains. Cabinet de M. le due de Blacas. Vi Piikbi ben Massoud , p. 35i.

VARAHRAN VI.

Quand Hormîsdas eut été privé de la vue , Varahran Tchoubin s'avança vers Madain et s'en empara malgré le jeune Cosroès, qui était revenu pour lui disputer la couronne. Abandonné de ses troupes, celui-ci se vit contraint de se retirer chez l'empereur grec, qui lui donna sa fille en mariage (i). Après dix-huit mois de séjour à la cour de Constantinople , Cosroès revint en Perse appuyé par une armée de soixante-dix mille Grecs que commandait Comentiole, ou, suivant les auteurs persans, Théodose, fils de Maurice.

Varahran ne put résister à cette force imposante; il chercha un refuge chez le Khacan des Turks.

Cosroès trouva quelque temps après le moyen de le faire assassiner.

Pl. XI ,2. N*63. Ul4cv£l tudu

Varahran.

VARAHRAN.

Buste de Varahran, tourné à droite, h tète ceinte d'une couronne élevée, surmontée d'un globe céleste; les oreilles ornées de pendants ; la barbe frisée; dans le champ, au-dessus de l'épaule, un croissant, et en haut, près de la téte, deux astres; sur la marge de la médaille, en dehors du grenetis, trois croissants.

(i) Eutychiti», Annal., t II, p. 106.

HJ. Pyrée entre deux figures debout , de face , la tête couverte d'une sorte de turban à aigrette; les mains appuyées sur la garde de leur épée.

AR. 8. Poids? Tiré de l'ouvrage de Marsden, planche XXVIII, n* dxxvii.

Je n'ai jamais vu cette médaille en nature ; mais nous avons tant de preuves de la fidélité de l'artiste habile qui a gravé les planches des c Oriental coins * , que nous pouvons cette fois-ci encore nous reposer sur son exactitude. Il est impossible , en effet, de supposer qu'il ait eu le moindre intérêt à falsifier cette légende , puisque le savant qui l'employait n'avait pas cherché à la déchiffrer, ou du moins n'y avait pas réussi.

COSROÈS II.

Après s'être débarrassé de Varahran , Cosroès déclara la guerre aux Grecs, sous le prétexte de venger la mort de Maurice. Les Perses ravagèrent la Syrie, la Palestine, s'emparèrent de Jérusalem, d'Alexandrie, et portèrent leurs armes victorieuses jusque dans la Nubie, tandis que d'un autre coté ils entraient sur le territoire de Constantinople. Maître de toute l'Asie occidentale, Cosroès se vit en trois campagnes dépouillé de toutes les possessions que lui avaient values dix-huit années de victoires. En 6aa, 6a3 et 6a4, l'empereur Héra-

clius chasse les Perses de toutes les villes de l'Asie Mineure et les poursuit jusque chez eux. Quatre ans plus tard, Kobad Scbirouièh, fils de Cosroes, s'empare du vieux roi, le fait enfermer, et le laisse mourir de faim.

Pl. M , 3. N* 64. jj jj» hj UO Jihu \N I3PGJU

Khousroui malcan malca.

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