ROLE DES CELLULES EOSINOPHILES
Il semble vain de vouloir attribuer une fonction organique à la granulation éosinophile, puisque pour nous elle n’est que la forme visible d’une substance existant dans le sang avant la production de l’éosinophilie. Cependant nous pensons que la réalisation du phénomène joue un double rôle :
1° De part leur nature lipoïdique, les granulations sont à même de fixer les toxines et toutes les albumines hétérogènes introduites par une brèche cutanée, ou mal filtrée pendant la digestion par la rate, le foie. Cette fonction est analogue à celle de la cholestérine, avec laquelle nous l'avons dit, la substance lipoïde présente de nombreux rapports.
2° Elles constituent une sorte de système-tampon analogue aux tampons albuminoïdes, tentant de s’opposer à toute variation du P#H par leur cristallisation même et les changements de la tension superficielle qui en découlent.
Il existe des preuves convainquantes de la réalité de ces deux assertions.
UE
Weinberg a montré que l’antigène hydatique était complètement absorbé par les granulations éosinophiles; le liquide subsistant devenait en effet incapable de donner la réaction de déviation du complément. Au contraire il suffisait de laver les granulations et de recueillir l’eau de lavage, celle-ci jouait parfaitement le rôle d’antigène, dans la réaction.
Le parallélisme parfait entre la multiplication des éosinophiles et la formation des anticorps démontrée par Hajos vient encore à l’appui de cette théorie. Enfin on connaît le bon pronostic des éosinophilies de la convalescence. Quant au rôle de stabilité humorale il est commun à toutes les albumines qui passent de l’état stable ou colloïdal à l’état floculé; cette transformation ne se produit qu'aux dépens des ions H ou OH ajoutés au solvant sans que celui-ci change de P}, pendant toute la réaction. Ce n’est donc là encore que la réalisation de cette grande loi physique qui veut que toute cause agissant sur un système en équilibre subit de la part de celui-ci une réaction inverse et égale à la sienne tendant au rétablissement de l’état antérieur. Cette loi n’est pas seulement physique, elle est donc aussi biologique.