CONCLUSIONS
Nous avons essayé dans ce travail de montrer que Ja cellule éosinophile du sang ne représente pas une catégorie distincte de polynucléaire, mais qu’elle est la traduction visible d’un phénomène colloïdal.
Bien des maladies diverses s’accompagnent d’éosinophilie mais dans toutes il y a deux éléments communs qui à notre avis sont à la base des réactions sanguines :
1° Présence d’une toxine. C’est grâce à elle que l’on réalise l’éosinophilie expérimentale — in vivo, dans les états pathologiques elle existe toujours, plus ou moins facile à découvrir, la réalité d’une éosinophilie physiologique digestive nous invite à penser que les produits d’assimilation eux-mêmes peuvent jouer le rôle d’albumines héterogènes. C’est par insuffisance splenique ou hépatique qu’une éosinophilie d'apparence paradoxale apparaîtra, car ces deux organes de par leur position anatomique sont des barrières entre les produits intestinaux et la circulation générale. S'il y a une insuffisance fonctionnelle du foie ou de la rate, c’est au système reticulo-endothelial tout entier à réparer l’équilibre digestif et notam-
ment aux leucocytes. Ceux-ci vont fixer les produits anormaux répandus dans la circulation sous la forme. d’une lipo-protéide. Les matières lipoïdes jouent en général un rôle antitoxique. Cette substance est particulièrement instable.
2° Le deuxième élément commun à toutes les maladies à éosinophiles est un abaissement du PH serique. À la faveur de cette acidification des humeurs, des phénomènes colloïdaux particuliers vont apparaïitre dans le sérum : floculation des albumines en état isoélectrique et cristallisation de la substance lipoprotéide à FPintérieur des neutrophiles qui deviendront ainsi les éosinophiles. Ces mutations s’observent in vitro ; elles ont un double but : assurer la lutte contre les produits toxiques, maintenir le PH serique à un taux compatible avec la vie des tissus.
Il n’y a donc pas à notre avis de syndrome d’éosinophilie comme quelques auteurs l'ont prétendu, mais un signe clinique qui traduit une réaction sanguine commun à tous les processus de défense organique.
Vu : Le Doyen Vu : Le Président G. ROUSSY. GOUGEROT.
Vu et permis d'imprimer :
Le:'Recteur de l’Académie de Paris, i S. CHARLETY.