‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 101 sur 183 · NAVIRES · texte numérisé non relu

NAVIRES

J'alîorde un autre sujet, les navires, leur coût d'achat et de loyer, et je comparerai, à cette occasion, le bénéfice d'un voyage maritime à la valeur du bateau ayant servi à le faire.

En 1264, pendant le carême, le comte de Provence, alors sénateur de Rome, envoya à son viguier romain, Jacques Gantelme, une troupe d'hommes d'armes ; le transport en eut lieu sur une galère acquise, à cet effet, d'Olivier Barracan.

La galère fut achetée 200 1.=: 3,744 fr.; la mise en état coûta 231. 19 s. 3 d. = 44<S fr. 58 ; l'engagement des hommes de l'équipage, 109 s.:= 102 fr. 02 ; enfin, les gages des mariniers et tous les frais de voyage, 304 1. 10 s. de tournois provençaux = 5,100 fr. 24 et 180 1. 33 s. 3d. de royaux =3,077 fr. 21. (3)

[i] Pro II. M. c. jaterolis seu jaculis cum Iiastis emptis et eisdem inhastandis, xlvii I. x s. x d. (Ibid. folio 41, reclo.)

(2) Pro un duodenis rampeRoloriitn. et rampiillarum, sive crocis ferreis cum liasiis, vu 1. xviii s. (Ibil. folio 4t, reclo.)

(3) Primo pro quadam galea empla ab Olivario Barracan, ii c. I.; — pro expensis factis per Hugunem de Coiicliis in marinaliis et ali's, naulo excej)lo, m. c. un 1. x s. luronensium et ix. xx 1. xxxiii s. m d. regaliiim, pro dicta galea duceiida, qiiaodo magister Ri.dulfus et servientes mi-si fueruiit Romam, in quadragesima proxime pretcrita. (Il)id. folio 39, verso.)

Un chevalier, Jean Bouchard, et sa compagnie, arrivés à Marseille après le départ de la galère où ils devaient pourtant s'embarquer, la rejoignirent à Nice, sur une barque louée, pour la circonstance 6 1. 15 s. 6 d. = 126 fr. Sî. (1)

La galère de Barracan, commandée par H'igues de Conches, ou plutôt par G. Cornu, fut au retour de Rome, armée de nouveau pour le service de l'évêque d'Avignon, envoyé par le comte à Gênes : il en coûta 95 1. '2 s. = l,lHOfr. 27. (2)

Parmi les objets d'armement, le biscuit tenait une large place. Charles I«r, ayant le projet de faire l'expédition de Sicile, en 1264, fit retenir à Marseille, dans le cours de l'année, un certain nombre de galères en prévision de la campagne, et il en fit préparer la provision de biscuit. 500 sacs de ce comestible furent achetés et, en attendant l'embarquement, mis eu magasin. Le biscuit de cette provision coiita 324 1. 2 s. 5 d. = 6,057 fr. 14 ; la toile des 500 sacs, 22 1. 5 s.= 4 16 fr. 52 et la mise en sacs et le transport aux magasins, 3 1. 14 s. = 69 fr. 26. (3)

J'arrive aux navires de commerce.

Les négociants marseillais furent rudement traités par le comte de Provence en 1263; quelques-uns perdirent les biens et la vie comme conspirateurs; d'autres, les biens et la liberté comme hérétiques. Au premier rang de ceux-ci était Simon Laguet riche armateur.

Simon Laguet possédait notamment les trois sizains du

[i) Pro loquerio cnjusriain barche que portavit Johannem Bocheriura et ejus socios apml Niiiam, quare predicta galei recesseral a portu Massilie, VI 1. XV s. V d. (Ibid. I. c )

(2) llem. pnj ealem s,'aloa iierum armanla, quamlo dominus Aviiiionensis episcopus missus fuilapiid Janiiam, un \x. xv 1. n d. t. (Ibil. l. c )

(3) Pro quinge itis saccis biscocti emptis ad ponendum in dictis galeis, III. c. xxriri I. u s. v d ; — pru tela empia ad facieiidO'^ sacos, xxn 1. v s. ad ponealam dictuna biscoluin ; — pro diclo biscocto insaccando et portando ad boulieguas, lxxiui s. (Ibid. folio 40, verso.)

Saint-Antoine; il les avait vendus avant son arrestation, mais il n'en avait nas touché le montant : la Cour le fit. G. Albin, l'acquéreur, lui paya le prix d'achat eu 66 1 15 s. = 1,249 fr. 50. Le navire valait donc 133 1. 10 s. = 2.499 fr. 12. Simon Laguet avait aussi un sizain sur le Saint-Sauveur. La Cour de Marseille le mit aux enchères et il fut adjugé au prix de 131. 7 s. = 2^1 9 fi' 91. Le Saint-Sauveur valait donc environ S0\.2s.=: 1,499 fr. 47.

Le Saint-Antoine était en route quand on confisqua les biens de Simon Laguet. Le bénéfice du voyage entra, en conséquence, dans la caisse de la claverie de Marseille. Selon les us et statuts marseillais, le quart du gain appartenait au commandité et les trois quarts à l'armateur. Ces trois quarts furent de 26 1. 12 s. 6 d. =.49^ fr. 42. Le gain total du voyage s'éleva donc à 71 1. =:1,329 fr. i2 et fut des '^l^Q de la valeur du navire. (1)

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