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FRAIS DE NOURRITURE, DE VOYAGE, DE TRANSPORT

1. Frais de nourriture. Un chapelain et son clerc, deux bouviers, un garde, un portier, un bouvetier, deux porchers,

(1) Pro feneslragio ferreto faciumlo in palatio Aquis, pro xlii quintalibus et dimiJio ferri empti xi s. pro quiiilali, cum qiiibusrlam aliis, xxiii 1. xiii s. IX d ; — pro opère dicli ferri faciendo, xv s. pro quinlali, xxxi 1. xvii s. VI d. (îbid. folio 408, reclo.)

(2) Cf. ci-iless. p. 387, note 3.

(3) Apud Sistaricum, pro duobus ferris censaaiibus equoram, y d. (Ibid. B, 1501, folio 91, reclo)

une servante, formant le personnel du château archiépiscopal du Puy, étaient nourris à Irais communs, et il en coûtait journellement de 12 à'14d.-= i /raucen moyenne, (l) non compris le pain, le vin et les œufs. Le prix du pain, si on l'avait payé, eût doublé la dépense journalière ; celui du vin, calculé sur le pied de 3 fr. 20 l'hectolitre, (2) eût été àeO fr. 24, à raison de 3/4 de litre par personne. ^^3) Les œufs, à deux par individu, auraient à peine coûté le même prix, 0 fr. 24, si on les eût achetés. En somme, la nourriture de cluœun des membres de ce personnel peut être évaluée, sans trop d'inexactitude, à 0 fr. 25 environ.

Les gens du Puy, comme ceux de toutes les classes de la société, devaient faire grand usage de salaisons, d'œufs et de fromage; ils mangeaient assez fi'équemment du lapin chassé dans les iscles de la Durance, et quelquefois des poules et de la chair de porc.

Sur de meilleures tables, on servait aussi usuellement de la volaille : poules, poulets et pigeons; du mouton, du bœuf, du porc frais (toute l'année), du poisson de mer et d'eau douce, de la pâtisserie, du fromage et des fruits. On épiçait partout les plats gras et maigres.

En 1251, les gens de l'arclievêque d'Aix allèrent, en nombre, passer deux jours sur le domaine archiépiscopal d'Estous, entre Meyrargues et Peyrolles, et comme ils n'avaient pas apporté leur nourriture, ils furent contraints de l'acheter sur les lieux. (4)

(n Cf. ci-(1ess. p. 3'M.

(2) Cf. ci-dess, p. 357.

(3) C'est là un maximum de distribution; peut-être faudrait-il le réduire à demi-litre, valant () fr. iG.

(4) Expensa domus dels Tous. Primo, quando ibi ivimus primo : in pane, V s. ; in piscibus, vu s ; in speciebus, lu s. (IbiJ B. 1500, folio IG, recto.)

II leur fallut 5 s. := 4 fr. 68 de pain, pour les deux repas du premier jour, c'ei^t-à-dire environ 100 kilogramnnes de ce comestible ou 30 pains de plus de 3 kilogrammes à 2 d. = 0 fr. 156 l'un. Le menu des deux re|)as se compoï-a, en sus, de poissons, d'eau douce sans doute, car Estous est voisin de la Durance, et dépices.

Le poisson coûta 7 s. = 0 fr. 55 ; les épices, 3 s. = 2 fr, 80.

Poiu" ces prix, on eut proportionnellement beaucoup de poissons et peu d'é[iices, celles-ci étant très chères et celui-là, peu. Les épices étaient le poivre, la cannelle, le gingembre, les clous de girofle ; on faisait aussi un grand usage du safran.

2. Frais de voyage. A la mort du sénéchal Pierre d'Escantillis (22 août 1249), maître Philippe, l'un des conseillers de Charles d'Anjou et son chapelain, s'empressa en l'absence de ce prince, alors en Palestine, d'en envoyer la nouvelle à la reine Blanche, régente de France. Laurent, depuis bailli de Saint-Maximin, fut chargé de cette mission; ses frais de voyage lui furent payés 100 s. =: 93 fr. 60. (l)

En 1249, et toujours par ordre de maître Philippe, maître Rogier entreprit le voyage d'outre-mer, afin d'aller mettre le comte au courant des événements de Provence, et de prendre ses ordres; il toucha, pour se défrayer du voyage, 12 1. = 224 fr. 64. (2)

Pierre de Colmieu, évoque d'Albano, avait été l'un des arbitres choisis par Béatrix, comtesse douairière, et Charles I", pour régler, en 1248, leurs différends domaniaux; il était, en outre, légat pontifical de la Provence. Au temps de la mort du sénéchal, il résidait à Lyon, auprès du Pape. Philippe jugea à

(1) Lauronlio, misso in Fraiiciani aJ donti'nam Reginam, c s. (Ibid. 1. c. folio 29. verso.)

(2) Magislro Rogerio quem [magisler Philippus] misil ullra mare, pro nejociis Proviucie. (Ibid. 1. c. folio 29, verso.)

propos de faire le voyage de Lyon pour l'entretenir des affaires provençales et peut-être de ses propres affaires, car Philippe, fort bien avec le Saint-Siège (le Pape le nomma un de ses chapelains), ne dut pas négliger l'occasion de lui confier son désir et ses chances d'élévation à l'archevêché d'Aix où il parvint, du reste, peu après. Philippe, outre le voyage de Lyon, fit celui de Marseille, à la même époque. Messire Bertrand Porcellet l'accompagna dans les deux villes, et messire Albe de Tarascon, à Lyon seulement. Le déplacement de ce dernier personnage fut de quatre jours et les frais en montèrent à 4 l. =74 fr. 88. Bertrand Porcellet resta dix jours en voyage et y dépensa 8 1. =r-- i49 fr. 16.

Pour être allé de Tarascon à Lyon et en être revenu en quatre jours, messire Albe dut trouver, sur la route, des relais: il n'aurait jamais pu, sans cela, faire par jour, les 35 à 40 lieues nécessitées par la rapidité du voyage ; de même, maître Philippe et Bertrand Porcellet. Ils avaient, du reste, été précédés par deux courriers. Le coîit du voyage de ces courriers et de celui de Robert vers le sénéchal du Vénaissin, messire Raimond Jaucelin, seigneur de Lunel, probablement alors en résidence à Avignon, fut d'un total de 30 s. = 28 fr. 08. (1)

Deux religieux de Royaumont, porteurs de lettres du roi de France, furent défrayés de leur voyage à travers la Provence, par ordre de maître Philippe. De Toulon, oii ils quittèrent le bord, à Beaucaire, où ils entrèrent en France, ils reçurent pour frais de route, 107 s. = 98 fr. 05. (2)

{{) Domino 13. Porcclleto, qui fuil cum eo apud Massiliam et ad dominura îegatiim, per x dies, viii 1. — Domino Albe qui fuit cum magislro Pliilipo apud doinitium Albanensem, per un Jies, uii l. (Ibid. 1. c. folios 2'J, verso, et 30, recto.)

(2) Duobus fratribus de Regalimonte, qui veniehant de ultra mare cum litteris domini Régis, cvii s. pro expensis suis a Tholono usque ad Belliquadrum. (Ibid. I. c. folio 30, recto.)

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De Draguignan à Aix et d'ici là, il en coûta au clavaire et au notaire du bailliage, en l'2i9, lors de leur reddition de comptes, 38 s. 4 d. = 35 fr. 88. (1)

Voilà pour le parcours de distances bien définies; quant aux frais de tournées, ils oflVent moins d'intérêt, celles-ci étant plus difficiles à déterminer.

Le juge et le notaire d'Aiitevès ayant, en 1249, parcouru leur bailliage , perçurent, pour frais de tournée, 57 s. 4 d. = 53 fr. 66 et pour motif analogue, le juge, le clavaire et le notaire de Draguignan, 14 1. 19 s. 6 d. = 280 fr. 33. (2)

3. Frais de transport. En 1249, on fabriqua, à Tarascon, des tournois provençaux, et l'on s'empressa de les distribuer dans toute la Provence. Il en fut notamment expédié à Aix, 300 1. pesant 71 kilogrammes '/g. Le louage de la bête de somme et le transport de ces 71 kilogrammes Va ^^ monnaies, de Tarascon à Aix, coîitèrent 28 s. = 26 fr. 20. (3)

Le pape Innocent IV s'arrêta à Aix. en retournant de Lyon à Rome. Parti de Lyon le 19 avril 1251, il était à Marseille le 30 avril. Dans cet intervalle, il fit un court séjour à Aix et l'on eut besoin, à cette occasion, d'un baldaquin habituellement déposé au château du Puy Sainte-Réparade ; le transport en coûta 4 s. = ^ fr. 74, (4)

La même année et le 10 avril, l'archevêque de cette ville,

(i) Pro expensis clavaiii et noiarii [ Draguignan i], quanlo vencrunt Aquis, ad compulos, xxxviii s. un d. (IbiJ. 1. c. folio 27, verso.)

(2) Pro expensis jutUcis et notarii eumlo per bajuliam [Allavesii], pro causis, Lvii s. lin d. — Pro expensis judicis, clavarii et notarii eundo per bajuliam [Hraguignani], xuu 1 xix s vi d. (Ibid, 1 c. folios 26, recto et 37 verso.)

(S) Pro conducendis m. c. 1. iirovincialium do Tarascone Aquis et pro saunierio, xxvui s, (Ibid. 1. c. folio 29, verso.)

(i) Mense aprilis. Pro balca portata de Po lio Aquis, quando fuit ibi Papa, ini s. (Ibid. 1. c. folio 42, recto )

Raimond Audibert, démissionna et Philippe, son successeur, fut consacré, selon toute probababilité, le jour de la fête de Saint-Jean, le 24 juin 1251.

Cette cérémonie fut suivie de repas pour lesquels on fit venir du Puy-Sainte-Réparade, outre une centaine d'oies et de poulets, 200 émines de farine. (1) Le port de ces 200 émines, du Puy à Aix, fut de 29 s. 4 d. = 27 fr. 35.

Je n'ai point d'autres indications précises à ajouter aux précédentes, sur les prix divers en Provence, au temps de Charles 1er.

{i) Proportu II. c. eminarurn farine de Podio Aquis, xxyiiii s. iv d. (Ibid. 1. c. folio 43 recto.)

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