‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 13 sur 183 · Les deniers d'Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse · texte numérisé non relu

Les deniers d'Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse

(l) Pières justificatives, n» VIT, 1 el 2.

furent frappés, soit en vertu d'une ordonnance de son sénéchal, datée du l*^"" août 1251 et prescrivant la taille française de 217 au marc de Troyes, (( ad pondus et numerum turonensium, ((scilicet...xvnis. etid, pro marcha., ad marcham de Trias (i), » soit en vertu d'une ordonnance de 1253 confirmant l'emploi de la même taille au même marc ccad inarcham Trecensem (2). »

4. Deux faits incontestables ressortent de la comparaison de ces textes, à savoir :

1° La taille à 217 au marc du Roi de France était celle des deniers de saint Louis (3) et de ses deux frères Charles d'Anjou, comte de Provence, et Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse.

2" Le marc du Roi de France était le marc de Troyes.

5. Dans l'ignorance du deuxième fait, la connaissance du premier serait d'une utilité incontestable ; elle permettrait, à l'aide de pesées effectives des deniers de collection , de Louis IX ou de Charles d'Anjou, d'arriver à la détermination approximative du marc du Roi de France.

Mais il importe peu de déterminer approximativement ce poids de marc, s'il est possible d'arriver à en fixer la valeur exacte, à l'aide de la notion rigoureuse du marc de Troyes.

6. Les contrats de monnayage cités plus haut d'Alphonse de Poitiers et de Charles d'Anjou nous offrent un renseignement on ne peut plus précieux, en établissant la synonymie du marc du Roi de France et du marc de Troyes.

7. Le marc du Roi de France était certainement, sous saint Louis, celui de l'une des provinces ou de l'une des villes du

(1) Arcliives Imporiales, J. 459, 3.

(2) Archives Impériales, J, 457, 7, M" N. de Wailly a cité ce passage et le précédent des cliartes d'Alpi)Onse, dans ses Recherches sur le système monélairc de saint Louis. {Mém. de VAcad. des Insc. et Bel.-lel. , t. xxi, p. 181.

(3) En Appendice : Dissertation sur la taille des deniers de saint Louis cl sur II' Pied de la monnaie.

royaume de France. Mais à quelle province ou ville Louis IX avait-il emprunté le marc de son choix? On comprend toute l'importance d'une solution précise en une telle question, car bien des marcs étaient en vigueur ici et là dans le royaume de France et leurs poids variaient le plus souvent de province à province et même de ville avilie. Les textes monétaires d'Alphonse et de Charles nous tirent donc d'un embarras extrême par la spécification de ce marc.

8. Le marc royal de saint Louis spécifié et identifié à celui de Troyes, surgit une nouvelle question, celle du poids de ce marc.

Combien pesait le marc royal de saint Louis ou marc de Troyes ?

9. Un document du xiv^ siècle édité successivement par Ducange, BoizardetM. N. de Wailly, et extrait du registre Noster de l'ancienne Chambre des comptes de Paris contient la réponse à cette nouvelle question.

En efiét, après avoir énuméré les quatre marcs principaux en usage en France à cette époque, à savoir les marcs de Troyes et de Limoges, de Tours et de La Rochelle, il nous apprend la similitude du marc de Troyes et de celui de Paris :

« Ou royaume souloit avoir iv poids de marc, assavoir le marc « de Troyes... le marc de Limoges... le marc de Tours... et le « marc de La Rochelle. »

et plus loin :

« Marc de Troyes qui est de Paris (1 ) . »

Or, si le marc de saint Louis ou de Troyes est semblable au marc de Paris, il pèse comme celui-ci 4608 grains ou, en jjoids actuels, 244 gramm.es 752 'inilligrammes.

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