‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 135 sur 183 · Je passe à la monnaie de compte du millarès · texte numérisé non relu

Je passe à la monnaie de compte du millarès

Le millarès était effectif; le besant d'argent, son unité décompte, ne l'était pas.

ce port, y sont indiqués à raison de 6 B. 16 M. pour 100 besants sur l'or, et 6 B. 12 M. sur l'argent. Mais la leçon de M. de Sacy est fautive. Il faut lire 6 B. 16 K. (carats) 0/0 sur l'or et 6 B, 12 K. sur l'argent. On sait que le carat est la division du besant d'or. Cf. le texte du traité susdit réédité par M. E. Ricotti, dans les Hist. Mon. Patrice, acte XGVI, p. 243, t. II, du Lib. jur. Reip. Gen. Turin, in-P, 1857.

(1) Du moins, je ne l'ai plus trouvée soit dans les chartes, soit dans les reg. de notaires.

(2) M. de Longpérier donne à ce sujet des notions très instructives, cf. Journ. des Sav., 1876, p. 438, in fine, et suiv.

(3) Ibid., p. 439.

(4) Pegolotti évalue le dobla d'or à 6 besants d'argent de Tunis ; or, le dobla, dont le poids et le titre n'ont pas été plus élevés au XIV' siècle qu'au XIII', valait en 1230, en Provence, 12 s. 2/3 de royaux coronats (cf. ci-dessus, p. 228), et, à cette même époque, le besant d'argent valait en Provence, 4 s. de royaux coronats (cf. le Millarès, p. 12). Le titre du

q ^ millarèe tunisien du XIV* siècle, d'après Pegolotti, lut de X de fia.

C'est par besants que comptaient les marchands du XIII* siècle, et, dans leurs contrats, le millarès n'était qu'une fraction du besant et n'apparaissait, le plus souvent, que comme solde ou appoint.

Il y avait 10 millarès dans un besant d'argent (I).

Ce rapport décimal s'est conservé dans les pratiques du monnayage barbaresque. Pegolotti l'a constaté à propos des monnaies de Tunis du XIV siècle (2), auxquelles il donne le nom de millarès, comme il le fait pour les derhams d'Alexandrie, et aujourd'hui encore, dans le Maroc, le metqal, sorte de besant de compte se compose de 1 0 onces (3).

M . Il me reste à traiter des valeurs diverses du millarès provençal, sous Charles I".

Je ne connais, du temps de ce prince, que quinze actes à l'aide desquels on puisse exactement évaluer le besant de millarès, à cette époque.

Ce sont des contrats de commande (4).

Ces contrats ont tous été dressés entre la fin d'avril et la fin de juillet 1248.

Deux d'entr'eux évaluent 103 besants à 3 besants par livre (1 b. =: 6 s. 8 d.) de monnaie mêlée qui était alors la monnaie courante de Marseille.

Un troisième porte le change de 1 40 besants à 3 besants 1 millarès par livre (I b. = 6 s. 3 d.).

Un quatrième, le change de 34 besants à 3 besants 2 millarès par livre (1 b. =6 s. 2 d.).

(1) Cf. le Millarès, p. 15, et Longpérier, Journ. des Sav., p. 435. M. de Mtislalrie a publié, dans les Traités de paix et de commerce avec les Arabes de l'Afrique septentrionale. 1868, in-4', p. 200, une charte dans laquelle le rapport du millarès au besant est indiqué. ~ Si le texte du traité de 1290, publié par M. de Sacy (cf. ci-dessus, p. 489, note 2;, avait été exact, il aurait fallu admettre que le besant se divisait au moins en 16 millarès ; mais, ainsi que je l'ai fait observer, la copie éditée par notre savant orientaliste est fautive : il s'agit de carats et non de millarès.

(2) Pegolotti, cité par M. de Longpérier, Journ. des Sav., p. 434, 1. 31.

(3) Je dois ce dernier renseignement à l'obligeance de mon excellent ami M. Sauvaire, actuellement consul au Maroc.

,4) Arch.de Marseille, Notaires, I. fol. 80, 82, 84, 85, 86, 91. 93, 94, 98.

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Un cinquième, le change de 17 besants à 3 basants 3 millarès par livre (1 b. = 6 s. ob.).

Neuf évaluent ensemble 738 besants ^k à 3 besants Vs par livre (1 b. = 6 s.).

Le quinzième et dernier élève le change de 36 besants à 3 besants 6 millarès par livre (1 b. =5 8. Val- La moyenne de ces évaluations est de 3 besants 2 millarès */3 par livre de monnaie mêlée, ou de 1 besant pour &sous, 1 denier^ 1 obole.

La monnaie mêlée avait, en 1248, un cours plus élevé qu'en 1249 et surtout qu'en 1251, où, démonétisée, elle ne valut plus que le tiers du royal coronat fl).

1 2. Toutefois, comme le royal coronat ne courait pas à Marseille, en 1248, et qu'il y était alors en quelque sorte frappé de démonétisation, ce n'est ni du rapport du royal coronat à la monnaie mêlée, ni du change de ces deux espèces pendant les années suivantes, que j'ai tiré la valeur du besant de millarès à Marseille sous Charles I".

J'ai recherché cette valeur en des actes qui en précisent les éléments.

Ces actes sont d'abord une charte marseillaise du 3 des calendes d'avril 1248, donnant le prix du marc de fin, en monnaie mêlée, « cujus monete un l. et x s. tmlent unam marcham argenti fini (%). » et plusieurs contrats marseillais, de la même année, indiquant à 26 au marc la taille de cette monnaie.

Sans entrer dans un nouvel examen de la monnaie mêlée, de son origine et de sa composition, je me suis servi des indications précédentes pour en déterminer la valeur intrinsèque.

Le marc mentionné dans les actes marseillais de 1248, ne peut être, à mon avis, que le marc alors usité à Marseille, le marc esterlin.

Or, si un tel poids de fin coûtait 4 1. 10 s. c'est-à-dire 1080 deniers de monnaie mêlée, la (juantité de fin correspondant à chaque denier était donc d'un peu plus de 21 centigrammes, et si, d'un autre côté, la taille de 26 s. ou 31 2 d. au marc esterlin donnait au denier de monnaie

(1) Cf. ci-dessus, p. 211.

(2) Reg. Notairts cité, fol. 35.

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mêlée le poids de 1*' 738,ils'ensuitque — le titre delà monnaie mêlée était théoriquement de 3 d. obole, — la valeur intrinsèque du denier de monnaie mêlée était de 0 fr. 0468, — et, sur cette base, la valeur intrinsèque du besant de millarès, calculée à raison d'une moyenne de 6 s. 4 d. */i de monnaie mêlée par besant, ressortait à 3 fr. 46. Cette valeur diminua sans aucun doute en même temps que celle du millarès frappé dans les états voisins, et notamment dans les ateliers montpelliérains de Jacques d'Aragon, mais il n'est pas possible, faute de documents, de produire les chiffres de la moins value successive du millorès marseillais et même provençal.

13. Le seigneuriage de la ville et les frais de fabrication s' élevant environ à 5 ou6 "/„ de la valeur du métal, le besant de millarès de <248 équivalait très îfpproximativement, l'élément extrinsèque compris, à 3 fr. 70.

14. Le produit de ce nombre par le pouvoir de la monnaie, en Provence et à celte époque (1), donne, avec le chiffre approximatif de 20 francs, l'expression de la valeur relative du besant de millarès marseillais de 1248.

(1) Cf. ci-dessus, p. 447.

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