LE METAL
1. Les monnaies provençales de Charles I^f étaient d'argent et de billon, et le billon de ces espèces, d'en^•iron un quart de fin et trois quarts de cuivre. Le chapitre suivant est consacré à l'étude du titre exact des monnaies du Comte de Provence. Dans ce chapitre-ci, je traiterai du métal, ou pour préciser, de l'argent employé aux fabrications monétaires. — Du cuivre^ j'ai un seul mot à dire ici : on le tirait du billon des pièces locales et étrangères portées à la fonte. — Dans les documents je ne trouve rien au sujet de son emploi et de sa provenance ; mais il n'en est pas de même de l'argent.
L'argent nécessaire au monnayage pouvait être fourni aux ateliers monétaires de Charles !'■■, soit par les vieilles espèces provençales retirées de la circulation et dépréciées, soit par les espèces étrangères importées et vendues au poids, soit enfin par les produits des mines étrangères ou provençales.
Les vieilles espèces provençales démonétisées et les monnaies des pays voisins introduites en contrebande, formaient un apport métallique considérable ; le produit des mines, un apport beaucoup moindre.
ut: CHAULES I''' 33
Dans la déclaration des fermiers de 1262 (1), les ordonnances de 1267 (2), le contrat de 1272 (3), on peut constater une préoccupation incessante, celle d'assurer l'approvisionnement des ateliers par l'importation du billon et du numéraire étrangers et l'interdiction de sortie des monnaies provençales.
Trois de ces pièces ne contiennent aucune clause relative à l'argent provenant des mines provençales ou étrangères ; une seule, l'acte de 1262, semble s'en occuper en faisant une distinction entre l'argent et le billon, et encore cette distinction paraît-elle , si je ne me trompe , s'appliquer uniquement aux monnaies d'argent et de billon, et non pas à l'argent neuf provenant de la mine.
Voici la phrase :
« Vult eciam et concedit (Cornes) quod omnes mercatores « aflerentes ad dictam monetam, argentum seu billonum seu « aliam monetam, sint quicti el liberi... (4). »
Les trois autres textes sont précis ; ils mentionnent les seuls marchands de billon.
Pourtant, malgré le silence des actes, il serait par trop hardi de nier l'importation de l'argent neuf des mines étrangères ; mais il est inutile d'insister sur ce point en l'absence de renseignements incontestables.
2. La Provence, il est vrai, avait médiocrement besoin de recourir à des argcntieres lointaines. Elle en avait chez elle, et certainement plus d'une.
Aux environs de Toulon, d'Hyères, de Saint-Tropez, de Fréjus, dès Marseille grecque et la Province romaine, on a, avec plus ou moins de succès, maintes fois demandé de l'argent à la terre.
(1) Pièces justificatives, n» IV, 8.
(2) Ibidem, no V, 2 et 5, el VI, 7.
(3) Ibidem, n» VII, 11.
H) Ibidem, iio IV, 8.