‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 25 sur 183 · I. — DU TOURNOIS PROVENÇAL ET DU PROVENÇAL CORONAT · texte numérisé non relu

I. — DU TOURNOIS PROVENÇAL ET DU PROVENÇAL CORONAT

1. Si je ne sépare pas ces espèces émises pourtant à plusieurs années trintorvalle, c'est à cause de la similitude de leur titre.

La concession de 1262 le précise comme il suit : « Videlicet do. . . iiii denariis picta minus de loge, de tali arv( gento quale est argentum Montispessulani (1) ; » et l'acte de 1272, en des termes presque identiques :

« Lex vero talis est et esse débet : un denarii minus picta « ad argentum Montispessulanum (2). »

Le titre du tournois x>rovençal est donc fixé par le premier document et celui du provençal coronat, par le second, à ^ deniers moins une pite d'argent de Montpellier.

Les 4 deniers moins une pite égalent 3125il0000.

Il ne s'agit pas ici de 3125[10000 d'argent pur, mais d'un argent avec alliage, quoique très affmé, connu au xiii^ siècle sous la dénomination d'argent de Mo)itpellier.

J'ai étudié dans un chapitre spécial (3) le titre de cet argent et crois l'avoir, par des arguments solides, établi à C3[64 d'argent fin du moyen-âge .

D'où, pour obtenir l'expression en argent fin du moyen-âge du titre du tournois provençal et du provençal coronat de Charles I^r, il faut calculer en millièmes les liG4 d'alliage de l'argent de Montpellier et les retrancher du titre indiqué par les actes.

(1) Pièces justificatives, n" IV.

(2) Ibid.,no VII.

(3] Ci-dessus, chapilro IV.

Le titre de ces espèces doit donc être abaissé à 3076[10000 d'argent fin du moyen-âge.

2. Il existait pour le titre, comme pour le poids, une tolérance de compensation et par conséquent sans profit pour les monnayeurs.

Cette tolérance de compensation n'est pas indiquée dans l'acte de 1262, mais elle est portée par la charte de 1272 à un grain :

« Si denarii facti per magistros monetejsint deffectivi in uno « grano tantum, nichilominus dicti denarii debent per custode dem monete expendiri et deliberari. Tamen, dicti magistri « debent facere tantumdem de dicta moneta in qua debent gra- « num quod deflfecerat emendare. »

Un grain était, on le sait, la vingt-quatrième partie du denier, et il en fallait six pour une pite.

Cette tolérance équivalait donc à \ [90, et, en traduisant cette fraction en millièmes, àll[1000 (1).

Le titre du tournois provençal et du provençal coronat de Charles I<='" pouvait donc varier par l'effet de la tolérance de compensation de 309[1000 à 316[1000 d'argent de Montpellier à ll64 d'alliage, ou, cet alliage escompté, de 304(1000 à 31 1|1 000 d'argent fin du moyen-âge.

Les variations de titre de ces espèces pouvaient, il est vrai, et je le répète, varier entre ces deux chiffres, expressions des limites extrêmes de la tolérance de compensation, mais — en fait — les exigences de la compensation, c'est-à-dire les refontes et les redressements amenant des frais considérables et en pure perte pour l'entreprise, on ne devait rien négliger pour les éviter et donner à la matière monnayable le titre le plus réglementaire possible. Cependant les essais des tournois j^rovençaux et des provençaux coronats accusent par les variations de titres l'in-

(I) Pins exactement lltll|100n000.

fluence de la clause de compensation, et sont loin de constater un alliage vraiment réglementaire et uniforme.

Titres des tournois provençaux et des provençaux coronats obtenus aux essais (1).

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