‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 32 sur 183 · LA FABRICATION · texte numérisé non relu

LA FABRICATION

Les frais de fabrication constituaient le principal élément de la valeur extrinsèque de la monnaie. En voici le décompte :

1" Loyer de l'atelier de monnayage ; 2" Coins et outils ; 3° Frais de change ;

4» Frais de fonte, alliage et blanchiment ; 5" Main d'œuvre : taille, monnayage ; 6» Frais d'essai ; 7° Frais de surveillance et de comptabilité.

§ 1. — LOYER DE l'atelier DE MONNAYAGE.

1. Le loyer de l'atelier monétaire était parfois à la charge de l'Etat ou du Comte et parfois à celle des entrepreneurs du monnayage.

Lors de la première émission connue des monnaies provençales au nom de Charles I^f (1249), le loyer de l'atelier, alors situé à Tarascon, fut payé par la caisse de l'État. Les dépenses de cette année, conservées jusqu'à nous dans le Rationarium

Raimimdi Scriptoris souvent cité dans le cours de ce travail, justifient authentiquement cette assertion.

En 1257, Charles I" confirma aux Marseillais le privilège de battre monnaie et s'imposa l'obligation de prélever sur le produit de son seigneuriage marseillais la somme nécessaire à la construction d'un atelier monétaire.

« Et de intrata quam habebit dominus Cornes de dictis « monetis, fient expresse domus ubi dicta moneta [fabrica- « bitur.] j) (1)

Par le contrat du mercredi après la Pentecôte de l'année 1262, relatif à une émission quinquennale (1262-67) de tournois provençaux à faire à Saint-Remy, Charles I" s'obligea à fournir à ses frais, pour toute la durée du bail, un local convenable à la fabrication.

« Débet autem dictus Comes, per totum dictum tempiis « querere domum competentem ad faciendam dictam mone- « tam. » (2)

2. Les frais de loyer ne sont pas mentionnés dans la convention monétaire de 1272. Le Comte n'en 'exemptait donc pas les entrepreneurs. Les charges générales imposées à ceux-ci étaient-elles pour ce motif diminuées ? On le dirait en constatant une diminution de 35 °/o sur le droit de seigneuriage imposé à l'entreprise de 1262-67.

3. Le rationnaire de Raimond Scriptor, en nous indiquant le prix du loyer de l'atelier tarasconais à la date de 1249, nous a transmis une donnée certaine pour le décompte des frais de la fabrication monétaire, en Provence, au XIII* siècle :

« Pro loquerio domus ubi fabricatur moneta x 1. » (3)

(i) Pièces justificatives, no IL

(2) Pièces justificatives, n» IV,

(3) Archives des Bouches-du-Rhône, Bationarium Raimundi Scriptoris, B. 1500, fo 29, yo.

Le loyer de la monnaie de Tarascon, lors de la fabrication des premiers tournois provençaux, fut donc, pour l'année 1249, de 10 livres.

Ce loyer n'a, du reste, rien d'anormal. Vers la même époque et à Tarascon même, le loyer du local du pesage coûtait 30 sous par an et 4 livres celui du local du mesurage. (1)

Dix livres de tournois provençaux équivaudraient à 164 francs 11612128 de valeur intrinsèque.

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