VI. — DE LA MONNAIE MÊLÉE EN ROYAUX CORONATS
Il courait à Marseille, au commencement du règne provençal de Charles 1er, un ramassis d'espèces de billon, de provenance et de valeur diverses.
{\) Ibii!., Fou.ls Je Manlucl, B. 1513.
(2) Ibi'l., Fomls cité,]^. 1515.
(3) IbiJ., même Fonds, B. d:02.
On le connaissait, dans le commerce, sous la dénomination de monnaie mêlée, « moneta mescla. »
Cette monnaie abondait sur le marché; elle formait le capital d'opérations à longue échéance ; on l'exportait à l'étranger pour la convertir en marchandises de retour ; on la donnait en paiement des espèces d'or étrangères ; on en faisait l'objet de transactions commerciales sur place ; en un mot, elle remplissait le rôle de toute monnaie courante.
Deux contrats nous en ont conservé la valeur de change en deniers royaux coronats.
L'un de ces contrats, du 5 des ides de mai 1249, établit cette valeur à 2 d. de monnaie mêlée 'pour i d. royal coronat: « Computatis ii d. ipsius monete mescle nunc curribilis in <f Massilia pro uno denario. » (1)
Le deuxième contrat, du 7 des ides d'août 1251, abaisse cette valeur de change à 3 d. de monnaie mêlée pour i d. royal coronat : « Facto computo ad racionem m d. de mescla « pro 1 regali. » (2)
Cette différence de valeur provient peut-être de la composition de la monnaie mêlée aux deux époques ; elle était probablement de meilleur aloi en 1249 et de deniers d'un titre inférieur en 125 L Pourtant, les variations habituelles de change peuvent, à elles seules et sans commentaires, expliquer le contraste des deux transactions.