‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 64 sur 183 · XIV. — DU VIENNOIS EN TOURNOIS PROVENÇAL · texte numérisé non relu

XIV. — DU VIENNOIS EN TOURNOIS PROVENÇAL

Le Rationarium ruheiim de 1264 indique officiellement le cours du change du viennois en tournois provençal.

Les comptes de la viguerie de Sisteron et des bailliages de Seyne et de Barcelonnette sont exprimés, en partie, en viennois, et, en partie, en tournois provençaux, et le change de ces espèces est deux fuis mentionné dans le cours de ce document; la première fois, à propos d'une vente de 100 s. de viennois, payés en tournois par le clavaire de Seyne : «Domino Roberto « Agno, pro suo redditu, pro c. s. viannensium, un 1. v s. « IX d. turonensium, » et la seconde fois, dans les recettes du bailliage de Barcelonnette, en ces termes : « Apud Barres, (( de censu, xvii s. il d. pro xx s. viannensium. » (5)

(1) Ibid., Fonds cilé, B. 1502.

(2) Cf. ci-dessiis, g IV.

(3) Arcli. (les Boucli.-ilu-Rhône, B. 1510. (i) Exactement y + -^^

(5) Arch, des B.-du-Rli., B. 1501, fo 80 et 81.

Dans le premier cas , 100 s. de viennois = 85 s. 9 d. , et, dans le second, 20 s. de viennois = 17 s. 2 d. de tournois provençaux.

Donc, i s. de viennois égalait, au change, iO d. i pite de tournois provençaux.

J'ai recherché dans le bel ouvrage de M. Morin sur la Numismatique du Dauphiné, quelque notion authentique sur le titre des deniers viennois du temps de Charles le'. Je n'ai malheureusement rien trouvé de précis et de positif, ni sur les dates des diverses émissions de ces espèces, ni sur leurs titres et leurs poids réglementaires. Il faut, sans doute, attribuer cette incertitude d'enseignements au défaut complet de sources authentiques en cette matière.

Pourtant, malgré le vague des indications contenues dans le splendide catalogue de M. Morin, il est impossible de ne pas remarquer le rapport des poids effectifs des viennois du XTIJe siècle avec ceux des guillelmins. J'entends ce denier viennois de billon, du XIII^ siècle, à la fois si commun et si connu. M. Morin en a donné le dessin, sous le n" 2, de la pi. II, de sa Numismatique.

Le numismatiste dauphinois en a pesé un grand nombre d'exemplaires ; le poids moyen paraît en être de 83 à 86 centigrammes.

Quant au métal de ces pièces , M. Moi'in ne l'a pas fait analyser ; il en a seulement constaté l'infériorité du titre comparé à celui des viennois du XI^ siècle.

J'ai tenu à combler cette dernière lacune et j'ai fait essayer un exemplaire de cette monnaie. L'analyse au feu a donné

—— — d'argent de coupelle, ce qui implique un titre de 4 dcniei's.

Mais 4 deniers de loi et 83 à 86 centigrammes, ce sont précisément la loi réglementaire indiquée par les chartes et le poids moyen effectif du guillelmin.

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