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Examinons si les résultats en justifient l'emploi

Le marc anglais pesait 229 gr. 858 ; la taille de 270 à ce marc donnait r.n poids de 0 gr. 8512.

A ce poids correspond, pour 4 d. de fin, une valeur intrinsèque, alliage compris, de 0 fr. 06417, et, tous frais calculés, de 0 fr. 07058 ; et sur cette valeur de 0 fr, 07058 attribuée au denier marseillais par la taille du marc anglais, le denier sterling ressort à 0 fr. 3387 et le denier melgorien à 0 fr. 07529.

[i) Exactement Cf,083G0.

(2) Exactement 0f,02924 pour le sterling et 0f,082> ou 0f,0828 pour le melgorien. (Cf. ci-dess., p. 208.) (:i) Cf. ci-dess.. p. iO.

Ces poids et ces valeurs peuvent-ils être acceptés ? Concordent-ils avec les poids effectifs, les prix de change, les cotes analogues des autres paj^s ?

Parmi les poids effectifs de menus marseillais, insérés dans cet Essai, il n'en est pas de supérieur à 85 centigrammes V2- (0

Quant aux prix de change, il faut distinguer. Celui du melgorien est un peu inférieur à la valeur intrinsèque de cette monnaie ; il est donc parfaitement acceptable.

Il n'en serait pas de même du denier sterling s'il était uniquement considéré comme monnaie de change ; mais il jouissait à Marseille, comme le marc lui-même, d'un véritable droit de cité.

Le chap. XXXV des Statuts marseillais en fournit la preuve. En effet, les salaires des préposés aux navires en marche sont exprimés en sous de sterlings et leurs épices, en sous de royaux : « statuimus ut in singulis passagiis eligantur « très probi viri qui necquiquam récipient, prêter salarium « constitutum, scilicet, de qualibet navi mille peregrinorum, « X s. sterlingorum tantum, exceptis tamen esculentis et « poculentis que summam seu valorem m s. regalium non « excédant. » (2)

Le sterling était partout recherché et son cours officiel à Marseille n'était pas im fait unique. En France, il en était de même, vers la même époque : le denier sterling y valait 4 d. tournois ; et 3 d. sterlings, un sou de tournois, c'est-à-dire l'équivalent de 33 centimes Va-

Le sterling avait donc, en France et à Marseille, absolument le même prix. C'était logiqui : à similitude de cours, similitude de valeur. k

(1) Ci-dess., p. 03.

(2) Mcrj' et Guinlon. llist. des délib. etc. de Marseille, I. Il, p. 279.

La taille au marc esterlin donne seule de pareils résultats, car le marc de Montpellier usité en Provence, et sans doute connu à Marseille, et le marc de Provence, les deux marcs auxquels la commune de Marseille aurait pu, si je ne me trompe, avoir recours, à défaut du marc de Marseille, avaient des poids plus élevés ; et la taille en aurait donné, comme celle du marc de Marseille, des résultats inacceptables. En effet, à la taille du marc de Montpellier, le moins lourd des deux, le denier de Marseille aurait pesé 0 gr. 885G et valu, alliage et frais compris, 0 fr. 07340, et cette valeur servant de base aux changes des deniers sterling et melgorien, celui-ci eût été évalué à G fr. 08925 et ceîui-là à 0 fr. 35-23, et les évaluations eussent été encore plus fortes à la taille du marc de Provence .

Du reste, aucun de ces marcs ni même celui de Marseille ne sont mentionnés dans les Statuts et les chartes de cette ville, et l'existence du dernier serait inconnue, si des textes avignonais ne la révélaient.

Seul, le marc esterlin apparaît dans les Statuts marseillais, et, d'après toutes les considérations précédentes, le fait me parait hors de contestation, seul, il fut adopté pour le monnayage comme pour l'affmage de l'argent, à Marseille, au XlIIe siècle.

Et maintenant, je conclus :

Le denier royal coronat ou menu marseillais de Charles 1er fut monnayé au titre de 4 d. de fin avant 1283, de 3 d. V^ après cette date, et à la taille de 270 au marc anglais. Il eut, par conséquent, un poids théorique de 0 gr. 8512 et une valeur intrinsèque, sans addition des frais extrinsèques, de 0 fr. 06417 et, avec cette addition, de 0 fr. 07058, de 1253 à 1283, et valut ensuite, intrinsèquement 0 fr. 06028, et, frais compris, 0 fr. 06630.

288 ESSAI SUR LES xMONNAIES

§ m. — l'obole du royal COROXAT ou menu MARSEILLAIS DE CHARLES 1er.

Les essais effectifs de trois exemplaires du denier marseillais de Charles !«"• ont donné 300, 314 et 332 millièmes, le titre théorique de ce dernier étant do 333 millièmes. (1)

Je n'ai pas fait analyser Tobole de Charles P"", mais trois exemplaires de celle de Raimoad Bérenger V ; et comme, le poids et la valeur du denier marseillais n'ayant pas varié de 1244 à 1283, ceux du demi-denier ou de l'obole ont dû rester également stationnaires pendant toute cette période, j'ai appliqué, sans scrupule, à l'obole de Charles pr le bulletin d'essai de celle de Raimond Bérenger V.

Les trois chiffres du bulletin sont 134, 161, 161 millièmes.

Il n'y a pas de difficulté à voir dans — ^ — un titre effectif correspondant à un titre théorique de — -- ou 2 d. 1 grain, et, si ce chiffre parait trop élevé, à 2 d. de fin.

Quant au poids théorique de cette obole, il doit bien se rapprocher du maximum des pesées effectives, do 76 centigrammes, et on pourrait, sauf texte contraire, le fixer à ce chiffre, quotient de la taille à 12 s. '•/g ou 300 oboles, ou le porter à 78 centigrammes et admettre, par conséquent, la taille de 12 s. *l^.

Dans ces deux hypothèses, la valeur intrinsèque de l'obole, par rapport à celle du denier, eût été amoindrie de 8 à 1 1 **/o. Or, cette diminution de valeur était presque de règle ; à Montreuil Bonnin, par exemple, sans être aussi forte, elle fut de 7 Va sous Alphonse de Poitiers, en 1270, (2) et de 6 "/o sous Philippe-le-Hardi, en 1272. (3)

(1) Cf. ci-ilessus, p. 7.5.

(2) Cf. ci-après., p. 315.

(3^ Natalis rie Wailly, Mém. do l'Ac. des I. el B.-L., XXf, S' p., p. liS.

La diminution de valeur intrinsèque avait, pour corollaire, une légère augmentation de valeur extrinsèque.

En résumé, la valeur théorique de l'obole du royal coronat ou menu marseillais de Charles 1er peut être très approximativement représentée, de 1253 à 1283, par 3 centimes de matière intrinsèque, et, frais joints, 3 centimes '/s*

§ IV. — TITRE, P0ID,3, VALEUR THÉORIQUES DU GROS MARSEILLAIS DE CHARLES I".

Le gros marseillais avait cours pour G d. marseillais, en vertu de la charte d'émission de 1218. (1)

J'en ai fait analyser deux exemplaires ; l'essai les a indiqués à 922 et 92G millièmes de fin, chiflVes correspondant, étant donné la qualité de l'argent du moyen-âge, à 11 d. 1 pite de fin.

Le titre théorique du gros marseillais déterminé, le poids en découle mathématiquement, puisqu'il se compose du poids de l'argent fin de 6 d. augmenté du poids de l'alliage; il doit, en conséquence, être établi à 1 gr. 82, et les pesées effectives confirment cette conclusion. M. Poey d'Avant mentionne, en eiïet, un gros marseillais du poids effectif de 1 gr. 79.

La valeur théorique du gros marseillais courant pour 6 d. marseillais, calculée d'après le rapport ordinaire des monnaies d'argent à celles de billon de ce temps-là, doit être fixée à 2 centimes Va environ au-dessous de la valeur théorique de ces 6 deniers, et en conséquence, à 40 ceiiîimcs.

§ V. — POIDS, TITRE, VALEUR THÉORIQUES DU GROS TOURNOIS PROVENÇAL DE CHARLES F^.

Contemporairement ou postérieureajent au gros marseillais, une autre monnaie d'argent fut émise, en Provence, par

(1) Cf. ci-:less., p. iri5.

Charles Ter. C'est le gros tournois provençal, sou de 12 d. de provençaux coronats fabriqués à la même époque. Le gros tournois provençal fut l'imitalion servile de la monnaie analogue française. Le gros tournois français contenait, d'après mes calculs, une quantité d'argent égale à celle d'un sou ou groupe de 12 d. tournois français. (1) Or, le titre et le poids du provençal coronat étant ceux du denier tournois de France, le poids d'un sou de deniers coronats, tout comme celui du gros provençal, devait être de 41 gr. 21. Il s'agit ici, non de l'argent le Roi, mais de celui de Montpellier, d'après le titre duquel 4 gr. 21 de cet argent contenaient 4 gr. 15 de fin. Mais le poids total théorique n'en fut pas moins le même, si je ne fais erreur, pour le gros tournois français et celui de Provence.

En fait, ces espèces pesaient moins. Il est facile de s'en assurer pour le gros tournois de Louis IX, assez commun, et je puis le certifier pour celui de Charles hf, beaucoup plus rare. J'en possède un exemplaire, à fleur de coin, du poids de 4 gr. 05 au lieu de 4 gr. 21. Toutefois, la valeur théorique du gros tournois provençal me parait devoir être fixée à 95 centimes, comme celle du gros tournois français.

(1) Le ilp.nier tournois, à la taille île 217 '/s au marc de France et au titre lie 3 (1. V< contenait 0 gr. 3514 d'argent le Roi ou 0 gr. 3367 d'argent fin, et, par conséquent, le sou de denier tournois contenait 4 gr. 0411. D'un autre côté, le gros tournois d'argent, à la taille de 58 au marc de France et au titre de 12 d. d'argent le Roi, contenait d'argent le Roi 4 gr. 2l')8, et d'argent fin 4 gr. 0140. Il j' avait donc la même quantité d'argent dans le sou de deniers et dans le sou d'argent ou gros tournois. Le sou de deniers avait, en plus, la valeur de l'alliage, 9 gr. 55 de cuivre, représenté par 0 gr. 105 d'argent, — le cuivre étant à l'argent comme t : 95 — (Cf. ci-dessus, p. 91), et la valeur d'une fabrication environ deux fois plus coûteuse. On peut, en conséquence, établir exactement à i franc la valeur du sou de deniers, et à 95 centimes, celle du gros tournois de France.

§ VI. — VALKUn THÉORIQUE DU FORCALQUÉROIS OU GUILLELMLV eu VIENNOIS DE CHARLES Ic.

Marseille n'était pas seul à avoir une monnaie à la fois comtale et locale ; les anciens comtés ou vigueries nouvelles de Forcal(|uier et de Nice avaient également les leurs. Dans ces anciens comtés, ces monnaies avaient un cours légal ; en dehors et dans le reste de la Provence, un cours de tolérance et de change. Je traiterai d'abord de la monnaie de Forcalquier.

Elle était de hillon et servilement imitée du guillelmin, (1) au nom près du Comte. J'en ai pesé plusieurs exemplaires, le poids niaximum en a été de 74 centigrammes ; le titre en serait de 290 millièmes.

Cependant, on cotait cette monnaie, à Aix, en 1264, au prix du royal coronat ou menu marseillais du titre de 4 d. de fin, du poids de 85 centigramm.es et de la valeur théorique de 7 centimes.

On l'évaluait, en effet, aux -—- du tournois provençal. (2) Cette valeur de change doit faire 1° rejeter le chiffre de fin comme trop faible et sans doute inexact, et 2" rapporter les poids effectifs non au denier, mais à l'obole de la monnaie forcalquéroise.

Imitation et continuation du guillelmin, le forcalquérois de Charles le'' devait en avoir le titre : 4 d. d'argent ; similaire, par la valeur, du royal coronat ou menu marseillais, il devait en avoir le titre et par conséquent le poids.

Toutefois, à défaut de notions précises sur ces éléments, je dois me borner à indiquer la valeur théorique de cette mon-

(1) Ci-de.s3.. p. 1G7.

(2) Cf. ci-ile^s., p. 230.

naie ; il me suffît, pour cela, do reproduire les chiffres obtenus pour le denier de Marseille et d'estimer le forcalquérois, ou, selon le terme du rationnaire de 1244, le viennois de Charles ler, à 6 centimes ^f^ de valeur intrinsèque et, avec addition extrinsèque, à 7 centimes environ.

L'inexactitude d'une copie de charte m'a induit en erreur dans ma désignation de Sisteron et de Giraud de Moret comme lieu et agent de monnayage du forcalquérois ou viennois comtal. (1) Giraud de Moret, j'en ai été convaincu par l'examen d'une copie authentique de l'acte précité, est resté étranger à cette fabrication et Sisteron n'en a pas été le siège, mais Apt, car, en 1264, le seul atelier provençal d'outre-Durance était celui d'Apt. (^2)

§ VII. — VALEUR THÉORIQUE DU GÉNOIS DE CHARLES ler.

Le génois de Charles 1er était fabriqué à Nice (3) et courait dans la viguerie de ce nom. J'en ignore le titre, le poids et même le type, et je pourrais m'ètre absolument trompé en considérant cette monnaie comme une imitation du génois de Gênes.

Le rationnaire de 1264 établit le cours du génois de Charles 1^ ou de Nice aux du tournois provençal, c'està-dire, en expression actuelle, à 0^,05265.

En admettant, entre cette valeur de cours et la théorique, là proportion des deux valeurs analogues du denier marseillais, on doit évaluer théoriquement le génois de Charles I*r à

(1) Cf. ci-(less. p. 5, 6 et 169.

(2) Arch. nat., Trésor des Charles, J. 307, n^ 25, ao 126i.

(3) Ibid.

DE CHARLES rf 293

5 centimes de valeur intrinsèque, et, l'extrinsèque jointe, à 5 centimes '/a- (1)

§ VIII. — TITRES, POIDS, COURS ET VALEURS DES RAIMONDINS D'aRLES et d' AVIGNON.

En 1186, l'archevêque d'Arles fit fabriquer, pour courir en ses domaines et lutter contre le raimondin du marquisat, à peine créé et déjà en vogue, une monnaie d'aussi bas aloi et de valeur à peu près semblable ; et, à cause de cette ressemblance de valeur, le même terme, le nom générique de raimondin servit usuellement à désigner les monnaies des deux rives de la Durance.

Plus tard, en 1234, l'archevêque s'étant associé la ville d'Arles dans l'exercice de son droit monétaire, le terme de raimondin devint en quelque sorte officiel, et dans les Statiits de 1245, il désigna spécialement les produits de ce monnayage commun.

Le raimondin florissait à Arles, quand Charles I*''" se rendit maître de cette ville.

Lorsque Avignon se soumit à Charles ler, en 1251, il possédait aussi, depuis quelques années, un raimondin local, c'était

(-1) Dans un trailô de paix conclu, l'an 1288, entre Gènes et Pise, on lit : " Pro spcuritale comunis Janue, coinune Pisaruni débet facere di'positum « marchnrum xx m. argenli islerlinfjorum, computando quamlibet marcam " 1. un januensium denarioruni. » (llisl. Mon. Pair., Lib. jur. Bcip. Gcn. II, p. 117). L'an d24i, le marc de sturlings valait 64 s. de menus marseillais valant, l'un, 0f,07058. Si on prend le prix d'un marc de sterlinjjs à iMarseille. pour base d'une évalualion de la monnaie de Gênes, sur le pied de 80 s. de génois ledit marc, on attribuera au denier génois une valeur intrinsèque d'environ 5 centimes (0f,0513), et on en déduira la similitude de ^aleu^ des deux génois de Gênes et de Nice.

sa propriété ; il la tenait de l'Empereur et ne la partageait avec nul autre seigneur. J'ai précédemment décrit ce raimondin avignonais. (1)

Charles ler s'empressa de substituer sa monnaie comtale aux raimondins d'Arles et d'Avignon, et ceux-ci devinrent de simples espèces de change.

J'étudierai d'abord, à ce point de vue, le raimondin arlésien.

En 1251, le lieutenant comtal de Camargue fixa le change du raimondin arlésien à la moitié d'un tournois provençal, (^2) c'est-à-dire à 0^,039. Mais, en li!53, le viguier d'Arles l'établit à un tiers du même tournois, (3'] à 0^,026 et, en même temps, à deux cinquièmes d'un viennois de Charles I^"", ou à 0^,028 ; en moyenne, à 0^,027.

J'ai fait analyser un denier anonyme d'un archevêque d'Arles, une pièce raimondine du comte Raimond VU de Toulouse et essayer au touchau une pite archiépiscopale.

Les titres des deux premiers ont été trouvés à peu près semblables : 202 millièmes, pour le premier, et 204, pour le second ; celui de la pite, d'environ 150 millièmes, au plus. (4)

En ajoutant quelques centigrammes, 4 par exemple, au poids du denier archiépiscopal, et en considérant 202 et 204

millièmes comme l'équivalent de 2 deniers */, de fin -^^ et 150 millièmes au plus, comme correspondant à 1 d ^Z* de fin, on obtient une valeur intrinsèque de

1" 0f,0388 pour le denier raimondin d'Arles,

2° 0f,0277 pour la pièce raimondine du Marquisat,

3" 0f,0132 pour la pite raimondine d'Arles.

(i) Ci-dess. p. 255

(2) Ibid. p. 239.

(3) Ibid. p. 2H.

(i) Ci-dessus, p. 24i.

La conformité du premier nombre avec le prix de oliange de 1251, du second avec le prix de 1253, et la relation normale des deux derniers chiffres ne me paraissent pas des coïncidences fortuites et tendraient à prouver la différence de valeur des espèces visées par l'acte de 1251 et par celui de 1253, et la similitude de titre de certaines pièces raimondines du Marquisat et des deniers raimondins arlésiens. Mais les éléments de comparaison n'étant pas suffisants, il m'est impossible de fixer la valeur théorique de la monnaie d'Arles et je me bornerai à la limiter, d'après les cotes de 1251 et 1253, de 3 à 4 centimes.

Je passe au raimondin d'Avignon.

J'ai fait analyser quelques exemplaires de l'obole et de la pite de cette monnaie, l'une à part, les autres en groupe, ceux-ci frustes.

L'exemplaire analysé à part était assez bien conservé ; il pesait 745 milligrammes et a produit à l'essai 123 millièmes d'argent. (1) Le titre en était doue de 1 d. ^2 '^'^ fin et la valeur intrinsèque en est ressortie à 2 centimes et, frais calculés, à 2 centimes Va-

On aurait dit une obole faible du denier raimondin des comtes de Toulouse, auquel 3 d. de fin et 86 centigr. de poids assignent une valeur intrinsèque de 4; centimes */s ^t, frais joints, une valeur de 5 centimes Va-

Je possède un denier avignonais du poids de 86 centigrammes, et Poey d'Avant a édité une pièce avignonaise du poids de 1 §'■• 71, sans doute un denier double, car ce ne peut être un gros de 6 deniers ; aussi, sauf preuve du contraire, je conclus des données précédentes à la similitude de poids, titre et valeur théoriques des raimondins d'Avignon et

(1) Ci-dess., p. 253.

de ceux du Marquisat. En ce cas, le raimondin d'Avignon pouvait être taillé à 24 s. au marc de cette ville.

§ IX. — COURS, AVEC PERTE AU CHANGE, DU MELGORIÉN ET, AVEC GAIN ET PERTE AU CHANGE, DU PROVINOIS.

Deux monnaies étrangères à la Provence et à Marseille y furent évaluées en deniers marseillais; l'une, le melgorien, fut remboursée à raison de 23 1.8 s, 8 d. pour 25 1. de marseillais, (1) et l'autre, le provinois, fut prêtée à raison de 450 1. pour 176 1. 5 s. de marseillais. (2)

Le denier melgorien valait intrinsèquement 0 f. 082 ; l'évaluation, faite l'an 1244, à Marseille, en fut de 0 f. 0752 et la perte au change de 11,44 "/o do la valeur intrinsèque; elle atteignit le créancier, le débiteur étant Marseillais.

Le denier provinois valait intrinsèquement 7 centimes '/g (G f. 07320); (3) l'évaluation, faite à Marseille l'an 1253, en fut de 0 f. 082931, et le gain au change, des 13,26 «/o de la valeur intrinsèque ; le créancier, étant Marseillais, en eut le profit.

En 1264, le provinois fut évalué en tournois provençal, sur le pied de 125 provinois pour 100 tournois provençaux valant, le denier, 0 f. 078 de valeur totale. Il devait y avoir et il y eut, dans cette opération, perte au change pour le provinois; elle fut de 14 ^/^ "/„ de l'intrinsèque, car le cours du change du provinois fut établi à 6 centimes V4 (0 f. 0624) le denier. (4)

(1) Cf. p. 239.

(2) Ci-dess. p. 200.

(3) Bourquclot, Etudes sur les foires de Champagne. Mém. prés, par div. savants, 2" sér. t. V, 11, p. 55.

(4) Ci-dess., p. 230.

On ne fabiiqua point de monnaie d'or en Provence, sous Charles l«r, mais l'or monnayé y vint de l'Italie et de l'Espagne, de la Syrie et de l'Afrique, et il y fit la plus précieuse partie des fonds de deux sortes d'expéditions lointaines alors en uhage, celles de la croisade et du commerce maritime. La douane marseillaise considérait l'or étranger comme une marchandise et y appliquait le minime tarif d'entrée de VsV) P^"^ ViM'c de change ; aussi, l'or monnayé et particulièrement l'once de Sicile et les divers besants d'Asie et d'Afrique alimentaient, sans obstacles, le marché de Marseille. Voyons dans quelles conditions.

§ X. — COURS DE CHANGE DE l'oNCE DE SICILE (1) EN ROYAUX COROXATS, ET RAPPORT DE l'oR A l'aRGENT, TIRÉ DE LA VA- LEUR COMPARÉE DE CES DEUX MONNAIES, A MARSEILLE, AU Xllie SIÈCLE.

L'once d'or sicilienne avait, au XIII^ siècle, si je ne fais eireur, un poids de 26 grammes 35 centigrammes; elle se divisait en 30 tarins et était au titre de 8 onces 5 tarins d'or et d'un alliage de Va de cuivre et ^/^ d'argent. En représentant l'argent et le cuivre par leur quantité équivalente d'or, sur le pied sicilien du temps de Frédéric II, de 1 pour 10,85 d'argent et 1150 de cuivre, on trouve dans l'once, de fait ou par équivalence, 18 gr. 50 d'or.

Le royal coronat des années de l'évaluation de l'once, 1228 et 1230, était à 4 d. 8 grains de fin et déjà, si je ne me trompe,

(1) Sur l'once, Cf. Appendice, diss. III.

à la taille de 270 au marc anglais, et, par conséquent, il avait une valeur intrinsèque et extrinsèque d'environ 7 centimes 2/3.

Estimée successivement par deux tarifs de 1228 et une charte de 1230, à 3 1., 2 1. •/2 et 48 s. de royaux, (1) l'once, d'après ces trois cours de change, doit être évaluée à 54'"f 86, 45 f''- 72 et 43 f--- 89.

Le royal coronat des poids et titres sus-indiqués contenait

0 sr- 30737 d'argent par denier, et, dans les 3 livres, 2 1. Va et 48 s. des cours de change, il y avait des quantités d'argent égales à 231 g^- 30, 1846^- 42 , 177 e^- 04.

La quantité d'or contenue dans une once de 26g'"- 35 étant, je le répète, de 18g''. 50, le rapport de valeur de l'argent à l'or fut donc, d'après les trois cours de change précédents, comme

1 est à 12, à 10, à 9,56. (2)

§ XL — COURS DE CHANGE, POIDS EFFECTIFS ET TITRES RAISONNES DES BESANTS d'ALEXANDRIE, d'ACRE ET DU GHARB.

Besant d'Alexandrie. (3) — En 1228, le cours de ce besant fut fixé :

1°, par le premier tarif de 1228, d'après lequel l'or valait 12 fois l'argent, à 1 besant '/a pour une livre de royaux coronats : 2", par le deuxième tarif de 1228, établissant la valeur de l'argent à Vio de l'or, à un besant ^/^, et 3», par une charte de 1235, à 2 besants.

(1) Cf. ci-dessus, p. 228.

(2) Sous Charles I", le rapport de l'arçtent à Tor ne fut plus en Sicile, comme sous Frédéric II, de 1 à 10,85, mais de 1 à 12 environ, et la quantité d'or contenue de fait ou par équivalence dans l'once de 26 gr. 35, de 18 gr. 48.

(3) Cf. ci-dessus, p, 213.

Le royal coronat valant alors 0 f'- 076,1e besant d'Alexandrie doit être évalué à 12 f-"- 16, 10 ''■ 42 et 9^- 12.

Les trois cours de change correspondent aux quantités d'argent contenues dans les coronats et exprimées par les chiffres suivants : 49 s'- 18, 42 6^- 142, 36gr.88.

Enfin, ces quantités d'argent ont pour équivalent en or : la première, au rapport de 1 à 12, 4g''- 09; les deux autres, au rapport de 1 à 10, 4s'-- 21 et 3sr- 68.

Sur cette base et réserve faite de 8 '/, de port et de droits, le besant d'Alexandrie devrait être établi à 21 carats, d'après le texte de 1235, et à 24 carats, d'après les tarifs de 1228. Le dernier titre me parait être le vrai. (1)

Besant d'Acre. (2) Le besant, estimé, en 1209, à 3 V^ pour 1 1. de royaux coronats valant O*'''- 084 le denier ; en 1228, par le deuxième tarif, puis en 1229, 1238 et 1239, par des chartes commerciales, à Vsde 1. de royaux coronats deO'''" 0761e denier, eut donc un cours de change équivalant à 6 ^'^- 20, dans le premier cas et 6 ^'- 08 dans les autres, et à 3 s""- 18 et 2 s'- 45 d'or.

D'après le premier tarif de 1228, dans lequel la proportion de l'argent à l'or est de 1 à 12, il eîit valu, sur l'estimation de 2 besants Va par !• àe royaux coronats, 7 fr. 29 équivalant à 2 gr- 45 d'or.

Après 1239 et peut-être à partir de 1242, il baissa de valeur. En cette année, le denier coronat continuant à valoir Ogr- 076, le besant eut un cours de -r- de 1. de royaux coronats, représenté par 4 fr. 56 de valeur et 1 gr. 84 de poids d'or. En 1244,

(4) Le sultan d'Egypte ayant fait prisonniers Louis IX et son armée, demanda au Roi de France, pour sa rançon et celle de ses troupes, dJd; cemmile besans d'or qui valaient cinc cens mille Hures. (Joinville, Hist. deSt-l.ouis, éd. N. de Vailly, p. 186). Ace compte, le besant d'or était estimé 10 francs et équivalait à 40 gr. ii d'argent fin.

(2) Cf. ci-dessus, p. 212

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