‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 9 sur 183 · IL — LES LÉGENDES · texte numérisé non relu

IL — LES LÉGENDES

1. La légende des tournois provençaux des premières émissions rappelle la haute naissance de Charles d'Anjou et témoigne en même temps de sa souveraineté provençale : Karolus, filius régis Francorum, cornes Provincie.

Parfois les deux qualifications sont interverties.

Au revers, un seul mot : Provincialis; d'où le nom de provençal appliqué de temps en temps, surtout dans le principe de cette fabrication, aux tournois de Provence.

2. La légende des gros marseillais n'est point semblable à celle des deniers et de leurs subdivisions.

Sur les monnaies de billon, on lit le nom du prince au-devant de son titre : Karolus cornes Provincie ; au revers est la dénomination de la monnaie : massiliensis.

Sur les gros, le nom n'existe pas, mais seulement le titre : Cornes Provincie. Au revers Marseille s'affirme comme cité : Civitas Massilie.

On devine dans cette légende l'ancienne formule monétaire à peine modifiée, de Marseille libre.

3. Les for calquer ois, reproduisent au nom près, la légende des guillelmins : Karolus cornes et au revers Proencie.

Le nouveau Comte n'a pas mémo voulu toucher à l'orthographe défectueuse, mais connue et caractéristique, du nom du pays. Tel il était écrit sur les anci<ms guillelmins, tel on le lit sur les forçai quérois. C'est un fac simile fidèle.

4. Charles d'Anjou, a-t-il, sur les génois de Nice, conservé le nom populaire de l'empereur Conrad; ou bien y a-t-il substitué le sien ? Aucun texte, aucun exemplaire de cabinet ne peuvent résoudre nettement cette question. Les textes manquent aux archives et les génois de Nice sont encore à découvrir. Peut-être le Comte de Provence suivit-il dans sa fabrication d'imitation génoise, un système analogue à celui de ses imitations françaises. Le type seul en était imité et la légende originale et provençale.

5. Charles d'Anjou, devenu roi de Sicile, ne prit point cette haute qualification sur les tournois provençaux, frappés pendant la dernière année du contrat de 1262-67. — Mais à l'expiration de ce bail, c'est-à-dire en 1267, il fit fabriquer une monnaie en harmonie et par le type et par la légende avec sa nouvelle fortune. Ce furent les coronats.

On y lit : Karoius Dei gratia Sicilie rex, et au revers : Cornes Provincie.

6. Les gros et les deniers tournois remis en honneur par Charles I^i" après la mort de saint Louis, reproduisent la même légende au Dei gratia près.

7. Enfin, après 1277, coronats et tournois, o ut en conservant leurs types respectifs, exprimèrent en termes semblables les nouvelles prétentions du Roi de Sicile et de Jérusalem.

Karoius Jherusalem et Sicilie rex, cornes Provincie.

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