PRIX DU SEL
Il y avait, en Provence, sous Charles ler, neuf gabelles sises à Arles, aux Saintes-Mariés, à Berre, Istres et Vitrolles, à Toulon, Hyères, Grasse et Nice.
Dans les cinq premières on mesurait le sel au muid, dans les autres, à l'oulle.
(1) In valle de Thoramina, pro ii. c. xlv eupis vini veteris, venditi xl. XV s. ; — pro xxvi cupis vini anni prcscnlis, venditi xxxv s. (Ibid. folio 76, verso.)
(•2) Apud Sistaricum, pro m. vu, c. xiiii cupis vini veteris, venditi divcrso precio, Lxx 1 . xvni s. (Ibid. folio 'Jd, verso.)
(3) Apud Guillelmum, pro c. xv cupis vini veteris venditi, cxv s. (Ibid. folio H 2, verso.)
Le muid d'Arles et des Saintes-Mariés était d'environ neuf hectolitres et celui de Berre, Istres et VitroUes, de trois hectolitres.
L'oulle de Toulon, Hyères, Grasse et Nice contenait fort approximativement un hectolitre.
Le muid et l'oulle se subdivisaient en setiers. Le prix du sel variait avec les gabelles et n'était pas toujours uniforme à la même gabelle.
La gabelle d'Arles vendait le muid de sel de 900 litres, 40 s. (l) ou 37 fr. 44, et celle des Saintes-Mariés, 39 s. Va (2) ou 36 fr. 98.
A Berre et Istres, la vente se faisait à raison, tantôt de •13 s. 4 d. (3) ou 12 fr. 48, et tantôt de 15 s. (4) ou i4 fr. 04 le muid de 300 litres.
A Grasse, Toulon, Hyères et Nice, l'oulle était uniformément cotée, sinon vendue, à 3 s. (5) ou 2 fr. 80; à Grasse pourtant, elle le fut aussi à 5 s. (6) ou 4 fr. 68.
En moyenne, VhecloUtre de sel fut donc vendu, aux gabelles provençales de Charles, 3 fr. 98.
(1) De gabella salis, [apui Arelalem,] proM. un. xx. xi modiis xviu sest;iriis et emina salis vcmliù, xi. s. pro nioilio, ii. m. c. iiii. xx. un 1. xix s. (Ibid B 1501, folio 123, verso.)
(2) Pio M. V. c. XXVI moiliis i sestario i mina salis veniliti, xxxix s. pro moilio, m. m. xiiu I. xxi d. (Ibid. folio 123, recto.)
[S) Pro 11. M. vu. XX. V moJiis xv seslariis et qviarta (sic) salis venditi per terram m gabella Berre, xin s. iiiid. pto modio, m im c. xxx 1. xii s. V d ; — item, pro lu. c. ix modiis xiu seslariis salis venditi per terram in gabella Histrii, xiu s. un d. pro modio, u. c. vi 1. x s. x d. (Ibid. folio 125, verso.)
(4) Pro un. c. li modiis et dimidio sestarii salis, extracti per mare de gabelle Berre. vendili, xv s. pro modio, lu. c. xxxvni 1. v. s. vi d. (ILid. 1. et folio cit.)
(5) Cf. ci-dessus, page 3i5, note 5.
(6) Pro V. M. nu. xx. xuii seslariis salis vcnditi in gabella [Grasse], ii s. pro sestario, v. c. ix 1. vui s. (Arch. des B.-du-Rli. B. ibOl, folio 131, verso.) Il y avait, il ne faut lias l'oublier, 2 setiers 1^2 de Grasse à l'oulle.
Les prix d'achat furent de 8 d. (l) ou 0 fr. 62 par oulle, à Toulon et Hyères, et de 24 et 26 d. royaux, (2) i fr. 68 et i fr. 82, à Berre, Vitrolles et Istres, par muid de Berre de 3 hectolitres.
A ce compte, l'hectolitre de sel coûta aux gabelles de Berre, Istres et Vitrolles, 0 fr. 58, et 0 fr. 62 à celles de Toulon et d' Hyères.
La moyenne des prix d'achat fut donc de 0 fr. 60 par Jtectolitre, sotis Charles /'='■.
La différence entre ce prix et celui de vente, de 3 fr. 33 par hectolitre, n'était pas tout bénéfice; elle comprenait les frais de transport, de manutention, les salaires des gabeliers, etc.
Le prix de vente aux gabelles dépassait de plus des ''/g le prix d'achat aux salins.