‹ Essai sur les niellesChapitre 5 sur 236 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la Gravure chez les peuples anciens. — De ses rapports avec la Damasquinure et avec tart (fe nieller*. — De l'Impression des Cartes à Jouer. — De celle des Gravures sur bois. — Des premiers Livres en caractères mobiles.

Ij'Allemague et l'Italie se sont disputé pendant long-temps l'invention de la gravure au burin,

" Pour l'cipUcBtion du mol niella; ïojei, ■ U fin de la pitmièrc

et les auteurs de chacun de ces deux pays , s'étayant de raisons plus ou moins ^ëcieuses , et en tirant des conjectures plus ou moins justes , prétendaient toujours parvenir à démontrer que la priorité appartenait à leur patrie. Malgré les preuves irrécusables qui existent maintenant en faveur de l'Italie, et dont la plus importante est due à Fabbé Zani , Fauteur du Peintre'-Grai^eur (M. Bartsch) cherche encore à laisser croire que cette invention pourrait avoir eu lieu en Allemagne *. Il ne petit cependant pas prouver que l'antériorité appartienne à cette contrée : une telle prétention ne serait appuyée sur aucune base raisonnable j mais il laisse eûtrevoir que la même découverte aurait pu être faite dans les deux pays presque simultanément.

Quelques écrivains friulçltis et anglais ont adapté l'une ou l'autre de ces opinions; d'autres, au contraire, ont dit que c'était a tort que de semblables prétentions étaient élevées en faveur des artistes du XV.e siècle, puisque la gravure sur métal avait été pratiquée par les Romains, par les Grecs, par les Egyptiens, et aussi par les Hébreux", peuple chez lequel les beaux-artâ étaient peu cultivés, mais dont le grand-prêtre cependant portait une

* Le Peintre-Gràyeur, Tom. XIÎl , pag. 5.

• Strutt, a Biographical DicUonary of Engravers , Tom. I, pag. 7, 8 et 9. London, 1^8 5, ra-4°-

tiare ornée d'une plaque d'or, où se trouvait gnivé le nom de Dieu.

En faisant ainsi remonter Finvaiition de la gravure jusqu'à Tubalcaïn même, en citant Moyse eomme ayant employé les mots grai^ure et grorver ', Strutt ne fait pas attention qu'il est question de gravure sur pierre, ce qui est véritablement une scxdpture; et que, dans ces passages de Moyse, il n est nullement question de graver sur métal. U en est de même de presque tout ce qu'on lit à ce sujet dans les auteurs anciens, ainsi que des monumens cités par les traducteurs ou par les écrivains modernes : tous ces passages ont rapporta la sculpture, à la ciselure, et aussi quelquefois a la damasquinure, art dans lequel, en effet, il faut, comme dans la gravure, creuser le métal, pour lé remplir ensuite, soit d'un métal plus précieux, soit d'une autre matière, comme de l'ivoire, de la nacre, etc.

De semblables discussions ne servent à rien , et ne répandent aucun jour sur l'importante invention de Çart de tirer des épreuves d'une planche grattée, ainsi que Bartsch * l'a déjà fait observer. C'était donc sortir entièrement de la question, que de faire remonter l'origine de la gravure à des temps aussi éloignés de nous^ c'est presqu'une

" Exode, Ch. xxYiii, V. 9 et ii.

» Le PeinU-Cf Graveur, Tom. XIII , pag. 4»

plaisanterie de citer les noms de BezeléeJ et d'Aoliab* comme ceux des plus anciens graveurs; la manière même dont il est parlé d'eux dans la Bible, doit les faire regarder comme des sculpteurs et des ciseleurs '. U n'est guère plus raisonnable de classer parmi les graveurs, Acragas, Mys, Calamis, Antipater , Stratonicus , Tauriscus de Cyzique , Ariston, et Ëunicus de Mytilène, Hécatée, Posidonius d'Éphèse , Laedus le Stratiate , Zopyre , Pytlieas et Teucer *, dont les travaux sont tous perdus maintenant; d'ailleurs, îl est à présumer que c'étaient aussi des ciseleurs ou des damasquineurs.

Sans remonter a une si haute antiquité, on a voulu regarder comme un objet digne de remarque un petit monument dont on ignore l'usage, et qui est un disque de cuivre jaune argenté.

La copie et la description en ont été données par Philippe Buonaroti *; depuis il a été cité par Jansen ^, comme une des preuves que la gravure

* Biographical DicUonary , etc., pag. 8.

• Exode, Ch. xxxi , V. a et 6; Ch. xxxv, V. 3o et 34 j Ch. xxxyi , V. 1 5 Ch. xxxYiii, V. aa et a3j Paralipomenes , liv.II, Ch. i, V. 5»

' PlÏDe, Histoire naturelle, Liy. xxxiii, traduction de Poinsinet de Sivry. Paris, 1778, in-4.® , Tom. X, pag. 661.

4 Osseri^azioni istoriche sopra alcuni medaglioni aniichi. Roma , 1698, in-4.**, pag. xvij.

' Essai sur VOrigine de la Gravure en bois et en taille-douce. Paris, 1808, in-8.0, Tom. I, pag. 77.

était pratiquée chez les Romains; et la vue de ce monument . conduit cet auteur à s'étonner que les Anciens n'aient pas découvert Fart d'imprimer des gravures , puisqu'ils en étaient si près : i] ajoute encore, que le travail de cet ancien monument est le même que celui auquel il donne le nom de niUée. C'est une grande erreur de la part de Jansen; il n'y a sur ce disque, il n'a jamais pu y avoir aucune trace de Nielle*; je pense même qu'il n'est pas gravé au burin , mais au ciselet : il sera facile de s'en convaincre en l'examinant soigneusement, ainsi que j'ai pu le faire; il suffira même de voir une des copies qui en ont été faites et qui se trouvent dans les ouvrages dont on vient de parler, ainsi que dans celui de Strutt, pour sentir que la régularité du travail et la faiblesse des moyens employés sont loin d'approcher de la finesse et de la liberté du burin. Les preuves les plus palpables peuvent se tirer du travail de la queue des paons , et de celui des ailes de l'aigle, qui, de même que ceux des enseignes romaines, sont des hachures droites, se touchant en angle par les bouts, de manière à former de petits zîg-zag. On trouve encore une régularité aussi extraordinaire dans les points allongés emploj es

* Pour Texplication du mot Nielle , Toyez à la fin de la première Partie , note I.

6 ESSAI SUH LES HIELLES.

pour rendre les plumes du ventre de l'aigle, la crinière du lion et le corps du cerf, ainsi que celui du chien qui le poursuit. Les personnes qui auront occasion de voir ce disque original, conserve au Cabinet des Médailles et Antiques de la Bibliothècpie du Roi, pourront encore trouver d'autres traces de l'emjJoî du ctselet, dans les petits angles que Fcm aperçoit aux lignes circulaires des boucliers et des easques dont les soidats sont couverts. Au contraire, dans aucun endroit on ne trouvera des traces de bnrin échappées, ainsi que cela aurait dû arriva à une main m peu habile : on poinra également remarquer dans les lettres et «dans les tunicpes des soldats, que les traits dont elles sont formées se terminent carrément, et jamais d'une manière aiguë, ainsi que cala ne pourrait manquer d'être, si le travail «ût été fait avec un burin.

Avant de quitter les monumens antiques de gravure, rappelons encore que différentes plaques de métal antiques préaenteilt des gravures en creux. heslibri œrei, contenant les décrets des «npereurs, étaient probablement de ce genre. Trois mille monumens de cette nature^ furent détruits dans un incendie , sous Yitellius. D est également hors de raison de vouloir démontrer l'ancienneté de la gravure, en

* Sei'oux d'Agincourt, Histoire de V Art par les Monumens, etc. Parif, iSaS, in-fol. , Tom. II, pag. i46, note {a).

considérant des moaumeos damasquines^ tels qu'une coupe de bnon;&e qui se CrouYe au Musée Portici \ ainsi que le boAiclÂçr Viacif de la famille Ardabaria% que M. Braeci croit avoir été fait à Ravecme, dans le V.^ aièe}e^ mais encore une fois, tout ceci n'a rapfiort qu*à Fart de grav,«r^ et quand même, à laide de tous vCes monumens, on parviendrait a démontrer que les Anciens ont exercé cet art avec succès, il resterait encore à décider dans qwei pays cm a irouvé les moyens de tirer épreiwe d'une planche gravée , et c'est l'objet principal dont j'aurai à m'occuper dans la suite de cet ouvrage.

U est vrai que quelquefois on a aussi voulu faire croire que les Romains connaissaient l'art de Fimpresfiion ; pour y parvenir , on s'est appuyé d'un passage de Pline ^, dont l'obscurité se prête à tout ce qu'on veut ; on cherche à en conclure , que des portraits imprimés ont été répandus par oaoïtaines a cette époque. Gomment donc auraientïk alors disparu tous , sans qu'on ait pu en trouver un sevl vestige , même dans les fouilles dllerculanum et de Pompeïa?

Voulant donner de la prépondérance au système de la g4^ande ancienneté de la gravure destinée à

» Estai sur VOrigittù delà Gravure, etc., Tom. I, pag. 76.

» Idem, Tom. I , pag. 76 et 77.

» Histoire naturelle, Liv. xxxt, traduction de Poasiiuîtde Sivry,

Tom. XI , pag. 166 à 169.

rimpressHMi, quelques personnes, soit par simple curiosîtëy soit peut-être avec l'intention de tromper des amateurs crédides ou ignorans^ ont lait imprimer des [dacpies de métal gravées, qui avaient servi pour des couvertures de livres, des pommeaux d'épées, et même des patères antiques. Mais toutes ces épreui^es modernes de gravures anciennes ne diangent rien aux prâentions ou aux droits de Yim^nteur de f impression.

La plupart des auteurs qui se sont occupés de rhistoire de la Gravure, ont prétendu que la gravure sur métal provenait naturellement de la gravure sur bois, qu'ils regardaient ccmune une invention &ite en Allemagne dans le XV.« siècle. D'autres ont Êdt venir cette précieuse invention de la Chine, où eUe âait en usage dès l'an looo de J.-C. D'autres enfim font voir que l'art d'imprimer des planches de bois sur des étoffes était exercé dans différentes parties de l'Asie '*^, avant qu^on s'en occupât en Europe. En admettant ces hypodièses, il Êiudrait alors chercher k qui on doit l'importation de cet art dans le commencement du XV .^ sîède, puisque c'est à cette époque qu'on trouve des épreuves de gra^^u'es faites en Allemagne et en Finance.

* £méric - David j Discours JûsUmque sur la Gratwre, etc., dans le Mnsée français , gr. în-fol. Tom. III , pag. 7.

Il n existe aucune trace des causes et des moyens qui amenèrent à faire cette découverte^ soît en Asie, soit en Europe; on ne trouve non plus aucun renseignement relatif aux premiers artistes qui en firent usage. On a dît que ce procédé avait été employé sous Charles V, Roi de France, pour faire des cartes à jouer; et de ce qu'on trouve d'anciens ouvrages où il est parlé de cartes a jouer, de ce que depuis très-long-temps la gravure en bois a servi pour nos cartes à jouer, on en veut conclure que ces premières cartes étaient aussi imprimées avec des planches gravées sur bois '. Il est cependant plus naturel de penser qu'elles étaient peintes ; du-moins celles qui existent à la Bibliothèque du Roi, et que l'on croit avoir été faites, en 1892, pour l'amusement de Charles VI, par le peintre Jacquemin Gringonneur, celles-là ne laissent apercevoir aucune trace de gravure en bois. Bien certainement, quoi qu'en dise M. Ottley * relativement au prix qu'elles coûtèrent, elles ne sont pas gravées eni bois, mais peintes, dans le goût des miniatures qui ornent les manuscrits de cette époque. Quant aux cartes qui se trouvent dans le cabinet Durazzo, et dont parle Lanzi ^ , je suis

* Luigi Lanzi, Storia piUonea délia ludia, etc. Bassano, 1809, in-S.o, Tom. I, pag. 85.

» An Inquiry intb theorigin and early History ofengras^ing^ etc, Liondon, 1816, in-4>° , pag. 69.

' Storia piUorica, etc., Tom. I, pag. 86.

lO ESSAI SUH LES HIELLES.

disposé a les croire postérieures au rè^ue de Charles VI, et, par-coiiseq[uent, moins anciennes que celles de la Bibliothèque du Roi : dles sont probablement coloriées au patron *, sur des gr^^ vures en bois, qui donnaient le trait de la figure, ainsi que c'est encore actuellement Tusage dans la fabrication des cartes a jouer.

La plus ancienne épreuve conjaue d'une gi^vune sur bois, avec date, est un saint Qirîsto^e, sans marque et sans nom, portant une inscription latine, et Tannée Ml^iUsmù CUC^ %%^ terti0^ Cette pièce est si grossièrement gravée , «Ue «sit d'un d^essia «i défectueux, qu'il est naturel de penser quie c'est un des premiers essais de la gravure sur Jbois* Le saint Bernard, avec la dale de 14^4^ montre un peu plus de ccHmaissance de l'art. La manière extraordinaire employa dans cette gravure sur bois ne peut laisser douter un instant, qu'etle ne soit de la même main qu'un saint Geor^ et une sainte Catherine, sans dalie, ainsi qu'une Vierge tenant l'ËnfantFJésus, aussi sons date, mais portant le nom de jQnrtUU:)^ Mx\sêA.

Le goût du dessin qu'on remarque dans le saint Christophe, doit faire croire que cette pièce a été

' Huber $yt Eo^t, Manuel des Anstaicurs de .¥Art. Zuric^ 1797 , Tom. I, pag. ^5.

* Heineckep, Id^ f^^i'oU d't4ne.CoiUe<Hi<m complfit/fi d*)E*iampes. Leipzig, 1771, p. 1^0.^^ Manuel des Amateurs dfi VArt, etc.^ Jom. I, pag. 86. — An Inquiry, Me, pa|;. $9.

ttavée «n AUemagne. Le saint Bernard partût être «ne production firancaise, ou du-raoins c'est ce ^jue doiveat £ùte penser, et le non de Tartine, dont la teimiiuison est coofonoe aux usages de la laitue française, et le préncwn de Bernard, qui est cdui d'un saint, l'un des ]^U6 honorés dans la

France, sapi^rie.

la découverte de la pièce qui nous &it «o»- BÛtre k »î«n d'un des {4us anciens graveurs sur bois, e«t due à M. HiU, de Manchester, asaatew, d<Mit le ïèle égale les connaissances. Nous ignorons où elle se trouve maintenant^ mais les trois Autres gravures de oet ancien œûtre existent à la Bibliothèque du Roi : il est à remarquer qu'elles y «ont toutes arrivées depuis peu d'années- Le saint Bernard a étjé. trouvé vers 1800, dans les eovircms de Mayence, par M. Maugerard, alors commissaire du gowvemement français dans les départeraens au^^ du RiiHi, La sainte Cadieiine fut rapportée d'Allemagne, en «8i6, par M. Dibdin,au*eur d'un voyage bibUographique , archéologique et pittoresque en France et en Allemagne. Tai trouvé le saint George en Angleterre, dans le cabinet d'un amateur, qui l'avait reçu de France quelques années auparavant, et qui, en 1824, voulut bien le céder pour la Bibliothèque du Roi.

Ces estampes, si recherchées maintenant, maigre la grossièreté de leur travail , étaient sans doute

la ESSAI SUR LES NIELLES.

destinées a orner l'oratoire^ la chambre ou le Ht de ceux qui n'avaient pas le moyen d'y placer des peintures , ainsi que les images enluminées que l'on voit encore dans les campagnes : malgré leur grand nombi*e^ elles ont toutes été détruites par le temps, et sont devenues extrêmement rares.

L'Allemagne et la France seulement possèdent des épreuves de gravures sur bois avec date^ mais l'Italie présente également des titres authentiques dans l'ancien exercice de la gravure en bois; non ))as certainement dans les planches de l'histoire d' Alexandre-le-Grand y citées par Papillon y et attribuées aux Cunio ' y frère et sœur jumeaux, qui vivaient en i a84> mais dans un décret du sénat de Venise, en i44i> ou il est dit que Fart et lemétierdes cartes imprimées^avait décliné , à cause de la grande tpiantité de cartes a jouer qui venaient du dehors. Tout ce qui viant d'être dit démontre que, dans le XV.* siècle, la gravure sur bois servait à multiplier des images de piété^ ei à £ùre des cartes à jouer. Par suite, on employa cet art pour exécuter des livres, où le texte et les figures sont gravés sur la même l^haiche^, et coloriés à la manière des cartes a jouer.

^ V«kYiM « « U i» <àe €«lt« |wrtie . iumf dàsMrUùwi rdattre aux ^ l|iiii»)i,W «^ .^aiM*rw$ «Ar r.^t. ctc . Tm» I « fi«f;. SS et 86.

tels que \ Apocalypse , la Bible des Pampres, \Ars Moriendi , etc. Puis, Guttenberg et Schoeflfer k Mayence, ainsi que Laurent Coster k Harlem, imaginèrent de graver des caractères mobiles, et de les fondre en mëtal ; ils employèrent alors pour rimpression • de leurs formes , composées li'un nombre de petits cubes réunis, les mêmes procédés dont on se servait pour tirer les planches gravées sur bois.

Les moyens employés pour imprimer des gravures sur métal n'ayant aucun rapport avec ceux: dont on fait usage pour l'impression des gravures sur bois, bien certainement l'un de ces deux arts n'a pu donner naissance a l'autre, quoi qu'en disent plusieurs auteurs répétés par Lanzi', qui prétend que « si la marche de l'esprit humain vers les » découvertes est telle, que les plus simples le » conduisent naturellement aux plus compliquées, w on doit en conclure que la gravure en bois fit » naître l'idée de la gravure en cuivre ; et c'est ce » qui arriva effectivement en plusieurs endroits ».

Cette idée, adoptée par d'Agincourt* et par beaucoup d'autres, me paraît une grande erreur, dans laquelle Lanzi a été entraîné par Heinecken^. D me semble plus naturel de se ranger k Topinion

> Storia pittorica délia Italia, etc., ISh. i , § m, Tomt. I, pag. 88.

» Histoire de VAit par les Mbnumens , Tom. I, pag. i5i.

3 Idée générale d'une collection complette tP Estampes, pag. a 35.

l4 ESSAI SUR LES NIELLES.

de M. Émërio-David*, qui admet deux divisions dans la gravure : ic l'une , où Tartiste représente les » objets en cretn , laissant subaster dans sa hauteur » premi^ le champ ou la surface plane qui les H environne; l'autre, où les objets , au contraire , n sont laisses en relief, enlevant ou rabaissant tout » autour la matière qui sert de fond ou de snpn port ». Ainsi que ce dernier auteur, je crois que la gravure en creux fut inventée avant la gravure en relief. Quant aux procédés pour im{»4mer ces deux espèces de gravures, je ne pense pas qu'ils aient dû nécessairement avoir lieu dans le même pays, et a peu d'années d'intervalle; ni que les uns soient incontestablement la suite des autres : au contraire, ainsi que je vais tâcher de le démontrer, les procédés employés dans ces deux arts, auxquels on pourrait dire qu'on a donné à tort le même nom, me paraissent n'avoir aucun rapport entre eux.

La ressemblance apparente qui existe entre l'épreuve d'une gravure sur bois et celle d'une gravure sur cuivre, peut, au premier aperçu, faire croire que ces deux arts se touchent; mais la manière de procéder dans l'une et dans l'autre de ces gravures est entièrement différente, puisque, dans la gravure en bois, les clairs sont creusés d'autant

* Musée Français , gr. in-fol. Tom. III , pag. 4*

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