‹ Essai sur les ouragans et les tempêtesChapitre 24 sur 42 · GOLFE DU BENGALE · texte numérisé non relu

GOLFE DU BENGALE

Les alises du nord-est dominent^ dans le golfe du Bengale, depuis le mois d'octobre jusqu'au mois d'avril ; mais au fond du golfe ils sont assez souvent remplacés par les vents polaires du nord au nord-est et du nord au nord-ouest, ceux du nord au nord-est étant les plus fréquents dans la partie orientale, et ceux du nord au nord-ouest dans la partie occidentale; quelquefois même ceux-ci soufflent dans cette dernière partie en même temps que ceux du nord au nord-est régnent dans l'autre.

Les alises ne sont parfaitement établis dans le golfe que vers le milieu de décembre et à partir du mois de mars; ils

sont parfois interrompus par des vents variables, principalement près des côtes de Geylan et de Goromandel. Les alises amènent le beau temps dans tout le golfe, excepté toutefois sur les côtes occidentales, où ils déterminent du mauvais temps.

Dès le mois de mars, les vents variables de la zone torride du sud au sud-ouest parviennent par intervalles dafts le golfe du Bengale. Ces intervalles deviennent plus courts à mesure que le mois de mai approche, et depuis le milieu d'avril ou les premiers jours de mai jusqu'au mois d'octobre, ces vents du sud au sud-ouest dominent dans presque toutes les parties du golfe. Us sont ordinairement accompagnés de mauvais temps, excepté sur les côtes occidentales, où leur présence ramène la belle saison.

Ces vents du sud au sud-ouest, que l'on nomme momson du sud-^uest^ ne sont pas très-constants ; il sont assez souvent remplacés par les vents polaires du nord au nord- est et du nord au nord-ouest, et par les vents de l'hémisphère austral de l'est-sud-est au sud-est et au sud, qui régnent fréquemment entre Sumatra et le méridien de 90% et parviennent jusque dans le fond du golfe, soit en continuant leur cours à la surface, soit après avoir traversé les régions élevées.

Les ouragans du golfe sont le plus ordinairement déterminés par les alises du nord-est et les vents de sud-est de l'hémisphère austral ; alors ils se dirigent entre l'ouest et le nord -ouest; quelquefois ils sont produits par les vents du nord-est au nord et ceux du sud-est au sud; ils se transportent alors à peu près vers le nord-ouest. Dans quelques cas les vents du sud au sud-ouest sont une des causes principales des ouragans ; ceux-ci prennent cependant leur direction entre le nord-ouest et le nord, probablement parce que l'influence de ces vents est moins grande que celle des vents du sud-est au sud, qui se fait ressentir dans tous les ouragans et souvent même dans les tempêtes de l'hémisphère boréal.

Les ouragans peuvent aussi être causés par l'action réunie des vents polaires du nord au nord-est et du nord au nord-ouest soufflant simultanément, les premiers dans la

— espartie nord-est du golfe, les damiers dans la partie nordouest, et par les vents de l'hémisphère austral du S. E. au S. et du S. au S. O., régnant en même temps, les premiers du côté de Sumatra, les derniers du côté de Geylan ou de la côte occidentale du golfe. Ces sortes d'ouragans, qui sont plus fréquents au nord du golfe que dans le sud, sont les plus violents ; ils se dirigent à peu près vers le nord-ouest.

Lorsque les vents du nord au nord-ouest se rencontrent avec ceux du sud au sud-ouest, ils produisent des grains parfois violents, pendant lesquels les vents varient du nordouest au sud-ouest.

On a vu (page 61) que, dans la mer de Chine, les ouragans se dirigeaient quelquefois entre l'ouest et le sud ; cette circonstance ne se présente pas dans le golfe du Bengale, parce que les vents du nord à l'est n'y sont pas généralement aussi intenses que dans la mer de Chine, et parce que l'influence des vents du sud-est au sud est plus directe, et par suite plus grande sur les phénomènes du golfe que sur ceux de Vautre mer.

Pendant tous les mois de l'année, les tempêtes et les coups de vent sont fréquents dans le golfe du Bengale (1); ils y sont produits par la lutte qui s'établit entre des vents de directions diverses. La configuration des terres doit, sans doute, en être aussi une des causes principales.

Dans les ouragans du golfe du Bengale, les vents de l'hémisphère boréal ne régnent que sur une petite étendue, du moins à la surface ; ils n'apparaissent d'ordinaire que peu de temps avant que le phénomène se déclare, pour se porter à la rencontre des vents de l'hémisphère austral soufflant déjà depuis plus ou moins longtemps sur la plus grande partie du golfe.

(1) Du 7 au 10 décembre 1850, une tempâte s'est fait ressentif à Pondicbéry. Le vent, d'abord au N. G., varie au N. et au N. £., ensuite à TE., d*où il soufiSe avec furie pendant environ une heure. Le 0, à 5 h. de Taprès-midl, le baromètre, qui était descendu à 0°^751, commence à remonter, et le vent tourne au S. E., »<i S. S. E. et au S. S. G. Le 10 au matin, le vent reprend son cours habituoL {Moniteur du 30 octobre 1857.)

OOLFB D'OMAN OU MER D'aRAB».

Les ouragans sont assez rares dans le golfe d'Oman ou mer d'Arabie, parce qu'à Tépoque où ils pourraient se manifester, c'est-à-dire entre le mois de mai et le mois d'octobre, les alises du nord-est et les vents de sud-est de l'hémisphère austral, cause ordinaire de ces phénomènes entre les tropiques, n'y parviennent que de loin en loin, et d'ailleurs y sont alors peu intenses.

Pendant cette saison, les vents variables de la zone torride du sud à Touest dominent dans la mer d'Arabie, et les vents polaires du nord au nord -ouest dans le golfe Persique. Ces derniers s'étendent parfois sur les côtes de Perse et sur une partie de la mer'd' Arabie ; leur rencontre avec les vents du sud à r ouest produit des grains assez violents pendant lesquels les vents varient du nord-ouest au sud-ouest

Piddington fait mention de deux ouragans qui se sont fait ressentir sur la côte du Malabar du & au 5 juin 1811 et le 14 juin 1887. Dans le premier, les vents ont tourné du nord-est au nord-nord-est, au nord 1/4 nord-est au nordouest et à r ouest-sud-ouest. Dans le second, ils ont varié en sens contraire, de l'est au sud-est et au sud-sud-ouest. Le colonel Reid a aussi publié la relation de deux autres ouragans qui ont eu lieu dans la mer d'Arabie, l'un à la fin d'octobre 1842, l'autre vers le milieu d'avril 1847 (1). Ces quatre ouragans paraissent avoir été produits par les taêmes causes que ceux qui se manifestent dans le golfe du Bengale.

Page 1