‹ Essai Sur Les Principes De La Métrique Anglaise (volume 2)Chapitre 14 sur 95 · MESURE SUBJECTIVE DES UNITÉS RYTHMIQUES · texte numérisé non relu

MESURE SUBJECTIVE DES UNITÉS RYTHMIQUES

S 13. Le rythme spatial, sous ses formes les plus fréquentes, a au contraire des points de repère faciles à distinguer. Dans le rythme relativement parfait d’un collier de perles égales, d’une colonnade ou d’une suite de rosaces pareilles, et même dans le rythme imparfait des arbres de nos boulevards ou d’une rangée de dents, les unités sont nettement dessinées par des lignes ou des surfaces bien définies. L’œil embrasse chacune d'elle dans son ensemble, et il semble presque oiseux de se demander de quel point à quel point il les mesure, quel est le point, autrement dit, qui Joue le même rôle quele temps marqué de la musique et de la poésie. Dans le rythme simple d’une suite de cercles tangents et égaux, ce sont évidemment les points de contact. Si les cercles sont inégaux, mais alternent par ordre de grandeur, ce sera le point de contact du plus grand avec le précédent ou bien encore, surtout quand les combinaisons sont complexes, le sommet du plus grand. Dans le rythme composé d’une suite de cercles équidistants, ce seront les points les plus rapprochés des cercles consécuüfs, c’est-à-dire les points par lesquels la ligne des centres coupe les circonférences ; ce peut être aussi le centre des cercles quand il est indiqué par un point. Quoi qu'il en soit, nous percevrons certainement le rythme de pareils cercles et nous pourrons même en distinguer les imperfections, jusqu’à une certaine limite ; mais le géomètre le plus habile ne saurait le reproduire qu’à l’aide d'instruments.

$ 14. Et pourtant le rythme le plus simple et le plus incomplexe de la musique, celui du tambour, des cymbales et autres instruments à percussion, est encore plus compliqué, plus difficile à saisir. On peut le comparer à une chaine de montagnes dont les sommets les plus élevés seraient séparés en ligne horizontale par des intervalles égaux. Mais dans la musique ordinaire et dans la poésie, il s’ajoute aux différences d'intensité des différences de hauteur et de timbre ; la complication devient aussi grande que dans la combinaison de couleurs diverses et plus ou moins intenses, mais fondues peu à peu l’une dans l’autre, dont j'ai détaillé ci-dessus la compo-

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