‹ Essai Sur Les Principes De La Métrique Anglaise (volume 2)Chapitre 22 sur 95 · ILLUSIONS D'OPTIQUE · texte numérisé non relu

ILLUSIONS D'OPTIQUE

$ 26. Dans la perception et l'emploi du rythme spatial, il y a d’autres causes d’erreur que l’inexactitude, plus ou moins grande, soit des sensations cinétiques et dynamiques, soit des souvenirs qu'elles laissent dans la mémoire. Quelques exemples sufliront.

1° On nous demande de tracer plusieurs traits ou plusieurs points à une distance donnée l’un de l’autre et toujours égale. Si l'intervalle fixé nous paraît grand, nous aurons peur de le diminuer en le reproduisant, et nous serons ainsi portés à l’augmenter peu à peu. C’est l'inverse qui a lieu s'il nous semble petit: nous l’amoindrirons progressivement. Ce deuxième cas est d'autant plus fréquent que dans le souvenir la longueur des intervalles vides tend à décroitre et que peut-être la fatigue nous incline à rapprocher les traits ou les points. Il s’est produit dans quatre des cinq expériences précédentes(r).

2° Après un intervalle relativement long, un plus court parait moindre qu'il n’est en réalité.

3° Un espace partagé parait plus grand qu'un espace non partagé de dimensions égales :

Co) HE (D) NS NN ORNE

De deux intervalles égaux dont l’un est rempli de sculptures et l’autre vide, le premier nous semblera d'ordinaire plus long, non seulement parce qu'il nous donne plus de sensations visuelles, mais encore et peut-être surtout parce que nous nous y arrêtons pour l’examiner en détail, tandis que nous passons précipitamment sur le second. Le premier nous semblera plus court,

(1) Les angles aigus nous semblent plus grands qu’ils ne le sont en réalité ; les angles obtus, plus petits. Si l’on inscrit un carré dans un cercle, on verra que, par suite de cette illusion, les arcs ont l'air d’appartenir à des cercles plus petits. Pour ce cas, v. Wundt, Physiol. Psychol., IT, p. 572 et suiv., et en général, &b., p. 544-577.

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