G. — LE RYTHME DE LA MARCHE
S 37. Quant au rythme de la marche, j'ai déjà montré comment la régularité de son amplitude s’explique sans qu’il soit besoin de faire intervenir aucune autre mesure que le sens cinétique. Chacun de nous adopte une certaine amplitude par économie de force, afin de n’avoir plus à faire de ce côté aucun effort de volonté ni d’attention. Pour la même raison, chacun adopte également une certaine intensité et une certaine vitesse, contrôlées par le sens dynamique. Amplitude constante, intensité constante et vitesse constante, le pas a son rythme habituel, presque aussi régulier que celui du cœur etde la respiration. Au rythme du pas on connaît le caractère de l’homme. Mais ici, plus encore que pour la respiration, la volonté peut intervenir. Nous pouvons augmenter l’amplitude et précipiter l’allure de notre marche, ou inversement. Mais même alors le pas adopté temporairement présente un rythme régulier, sous le contrôle du sens cinétique et du sens dynamique — sauf dans les troubles de la santé, du système moteur, de la sensibilité, de l'intelligence, de la volonté. Car les émotions, par exemple, se traduisent aussi dans notre démarche : elles l’accélèrent, la ralentissent, l’affolent. On marche d’un pas allègre, à pas pesants, à pas craintifs, à pas comptés; on court comme un fou.
$ 38. Grâce au contrôle du sens cinétique et du sens dynamique, nous pouvons imprimer un rythme régulier au mouvement du bras — par exemple, quand il va et vient dans la marche, comme un balancier — au
mouvement de la tête, etc., etc.