B. — LE RYTHME DE LA RESPIRATION
$ 36. Le rythme de la respiration est à peu près aussi machinal que celui du cœur, à peu près aussi mécanique. Il se compose de deux mouvements, comparables, en sens inverse, à la systole et à la diastole. Le premier, qui sert à le marquer, consiste dans l'inspiration : par une série de phénomènes réflexes, le besoin de respirer se fait sentir (4), les muscles du thorax (y compris le diaphragme) se contractent pour agrandir la poitrine en tout sens, jusqu’à ce que les poumons aient emmagasiné une quantité d'air déterminée par leur propre volume et par l'habitude de chaque personne. Alors les muscles se détendent et se reposent, la cavité thoracique s’amoindrit, et l'air inspiré est en partie chassé: c’est l'expiration. Après un repos, le besoin de respirer se fait de nouveau sentir, et l'inspiration recommence. L’expiration et le repos durent ensemble 1 fois et demie à 2 fois et demie autant que l'inspiration. La vitesse avec laquelle se contractent les muscles pourrait varier, mais nous nous sommes accoutumés chacun à une certaine rapidité, contrôlée par la sensation dynamique et
(x) C'est l'expression qu’en certains cas d’arythmie emploient tous les malades. V. de Cyon, lc p.197.
(2) En réalité, le plaisir renforce et ralentit d’abord les pulsations ; à un degré plus élevé, il les renforce et les accélère.
(3) Le phénomène est l’inverse du précédent (note 2).
(4) Ce besoin est constitué par les impressions de la surface pulmonaire, que le pneumo-gastrique amène par ses fibres centripètes au bulbe rachidien, vers le calamus scriplorius, au nœud vital. Si l’on détruit le nœud vital, la respiration s'arrête, et la mort s'ensuit, — V. Retterer, Anatomie et physiologie animales, 2° éd., Paris, 1896, p. 247.
devenue d’ailleurs machinale, si bien qu’elle n'implique aucun effort de volonté ni d'attention, d’où économie de force. Tout est donc constant, et le rythme s'explique ainsi très simplement. Habituellement, il est à peu près aussi régulier que celui du cœur; mais, sa suspension momentanée étant moins dangereuse, il est soumis à l’action de la volonté, qui peut à son gré l'accélérer, le ralentir, l’arrêter. D'autre part, les émotions peuvent aussi le troubler : on a la poitrine oppressée par la joie ou la douleur, on halète de désir ou de volupté, on étouffe de rire ou de colère, on suf-
loque de rage, on est suffoqué par la surprise, on retient son soufile dans ? ® PS l’attente inquiète (1).