‹ Essai Sur Les Principes De La Métrique Anglaise (volume 2)Chapitre 59 sur 95 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

$ 140. Les mètres de la poésie se sont formés en même temps que ceux

du chant. Toute section rythmique de ce dernier comporte un certain nom-

bre de mesures et de sons, avec certaines pauses et certaines cadences, ainsi qu’une intensité et une durée déterminées pour chaque son en particulier. Il est évident que, suivant la phonétique de la langue, le nombre, l’accentuation et la quantité des syllabes doivent y correspondre peu ou prou, aussi bien que la longueur des phrases grammaticales et leurs divi-

sions. Ainsi nait le vers ; en se répétant, il devient mètre, ou plutôt nous

ne reconnaissons comme vers que ceux qui présentent un mètre connu. Les vers servent ensuite de base aux mètres du chant.

J'ai montré comment notre sens du rythme en a dégagé les formes, dans le chant, des éléments qu’il trouvait dans chaque langue ou plutôt qu'il y avait lui-même développés avec le concours des lois physiologiques(1). C’est ainsi qu'une nursery rhyme anglaise et un hymne grec peuvent présenter exactement le même rythme, exactement le même mètre (2):

ë . . 5 9 ë : : : : ; D CR NP SET a ER EX Ses VC AP PIRE à

Mais le rythme et le mètre, à ce qu'il semble, sont nés là de l’accent et ici de la quantité (3). Aussi est-ce l’accent ou la quantité, suivant la langue, qui sert de base au rythme et qui par suite est soumis dans le vers à certaines règles. Il y a donc une persification accentuelle et une persification quantitative.

Mais il n’est pas sûr que les mètres poétiques soient toujours nés comme je viens de l’exposer. Quand l’accent ou la quantité se modifie dans une

(1) V.S$ 104 et suiv.

(2) V.$ 9, exemple, x et æ. Il ÿ a deux légères différences entre ces exemples particuliers :

l’anacruse du premier membre a disparu dans la nursery rhyme, et J ÿ est remplacé par si A: dans une mesure simple de l’hymne grec.

(3) V. $ 104 et suiv.

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