CHAPITRE PREMIER
PASCAL II ET LA IP.AiNCK
Débuts du Pon/i/ica( de Paacal II.
Son altitude vis-à-vis de la France.
Lorsqu'Urbain II mourut, le 29 juillet 1099 ', les rapports entre la cour de Rome et Philippe l*"'" étaient, comme nous l'avons vu, assez tendus. Malgré la réconciliation apparente du concile de Nîmes, en 1096, et ral)solution nouvelle de 1098, Urbain II ne pouvait pardonner k Philippe, qui, en dépit de ses promesses, refusait d'abandonner Bertrade - et, pour les nominations épiscopales, continuait à faire preuve, sinon de la même hostilité vis-à-vis du Saint-Sièg-e. du moins de la même absence de scrupules k Tég'ard des règles canoniques. Avant de mourir, il l'avait excommunié une dernière fois, tandis que le roi, en signe de protestation, s'était fait olïiciellement couronner au jour de la Pentecôte. C'est dans ces conjonctures que Rainier. ancien moine de Cluny, ancien légat d'Urbain II en Espagne, cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément et abbé de Saint-Laurent-hors-les-Murs, fut nommé pape par le Sacré Collège, le 13 août 1099. Sacré le 14 août, il prit le nom de Pascal II '\
Le caractère du nouveau pape formait avec celui de Gré-
1. JafFé-Wattenbach, Regesla ponlificum roiiutnorurn, t. I, p. 701, oL cf. ibid., n" 5087, la lettre de Pascal II à Hiio-ue de Cluny, qui fixe au 29 juillet la mort d'Urbain.
2. Pour Taffaire de Bertrade, voir dom Brial, Préface du t. XYI du Becueil des historiens des Gaules et de la France.