Ibid., n
9. Ive de Chartres, lettre 69, dans Migne, Pa<ro/. lat., t. CLXII, col. 88.
10. Jaffé-Wattenbach, Regesta, n° 6308 (1099-1102, et non 1100-1"112). H. Ibid., n°'5845.
B. MoNoti. — Pascal II et Philippe I'"^. 8
1 I i ciiAiMiiti; Il
Mais cette question des paroisses incorporées allait créer à Tépiscopat des ennuis bien plus j^raves. Ces paroisses avaient pour véritables curés les comnuuiautés monastiques', sous la surveillance des évèques. Les moines présentaient au diocésain le vicaire (jui devait desservir la paroisse et orig-inairemenl, nous l'avons vu % hii payaient un droit de mutation dit « droit de rachat des autels » (rcdcmptio .il tarin m). Ce droit avait été aboli au concile de Clermont, mais Urbain II avait en même temps expressément réservé h le cens annuel que les évèques avaient coutume de percevoir sur chaque avitel » ■'. Cette nouvelle disposition avait soulevé des tempêtes. On avait déclaré le « droit de rachat » sinionia{{ue ; mais quand les évèques avaient prétendu toucher le nouveau « cens annuel », on n'avait pas été loin de les traiter de voleurs. Urbain II luimême avait dû donner des explications à ce sujet à l'évêque de Laon Enj^uerrand^. Pascal II devait bientôt discuter la même question avec Ive de Chartres'. Tous deux, sur ce point, favorables au clergé régulier, cherchaient à rendre les « autels » en question aussi libres que possible, c'est-à-dire à ne les faire dépendre ({ue du monastère qui en avait la charge. Le clergé régulier y travaillait aussi : Geofl'roi de Vendôme ^ luttait avec Ulger, évêque d'Angers, pour la liberté de ses autels.
Ce fut là bientôt une des revendications les plus fréquentes du clergé régulier. Tandis que Pascal, dans un privilège qu'il accordait au monastère de Saint-Bertin, mentionnait ce « cens annuel»', il* prétendait ailleurs'^ que les autels, comme les dimes, devaient rester lil)res ; il le stipulait formellement pour les autels du monastère de Saint-Père de Chartres ^ ; et les évèques, d'ailleurs, reconnaissant bientôt le rôle important joué par le clergé régulier dans les canq)agnes où
i. Cf. A. Liic'hiiiiv, Maniirl (loi i/islUulioiis fi'anrnises. Prriude (les Capétiens diri'cls, \). 8.