L EXEMPTION
insérant cette cause spéciale dans la bulle : « Salvo episcopi jure », ou « salva canonica episcopi reverentia » '.
De même, lorsque le pape exempte une abbaye, qui dépend d'une autre abbaye, afin de bien marquer l'obédience de la première, il ajoute cette mention : « Salva reverentia abbatis » '-. D'autre part, le privilège accordé à la maison mère peut avoir des avantages pour toutes les abbayes qui en dépendent. C'est ainsi que le pape exempte Souvigny, comme « membre de Cluny » 3.
Nous avons enfin un petit nombre de privilèges dans lesquels est mentionné le cens dû par les abbayes exemptes au Saint- Siège en échange de la protection apostolique et de la « liberté » {lihertas j'omana) qui leur sont accordées. Dans les pi'ivilèges délivrés par Pascal II, nous trouvons notées les sommes payées par un certain nombre d'entre elles : par celle de la Trinité de Vendôme, douze sous '', par Marmoutier, un denier d'or •'', par Vézelai, une livre d'argent '', par la Chaise-Dieu, un bésant ", par Saint-Ghafîre, cinq sous d'or '^, par Bonneval, deux sous d'or^, par Corbie, une once d'or ^'\ par Saint-Sever, cinq sous *', par Montmajour^'- et par Saint-Bertin, quatre sous ^'^
Ce cens que le Saint-Siège percevait sur les monastères exempts avait d'ailleurs la plus grande importance. En effet, la politique nouvelle inaugurée par Grégoire VII avait engagé la papauté dans une voie qui, si elle pouvait être glorieuse, n'en était pas moins pleine de dangers. Pour maintenir cette puissance, pour la consolider en face des puissances temporelles rivales, il fallait au pape un budget. Le denier de saint Pierre pouvait n'être pas suffisant; de jdIus, le revenu n'en était pas fixe. Le
1. Jafîé-Wattenbach, Regesta, n°^ 3842, 3844, 5845, 5918, 5920, 5989, 6004, 6034, 6H4, 6124.