‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 112 sur 128 · Voiries textes iiulicjués aux trois noies précédentes · texte numérisé non relu

Voiries textes iiulicjués aux trois noies précédentes

5. Il est fortdélicatde distinguer les collégiales régularisées des abbayes : le fait que l'abljaye était présidée par un abbé ne ixnit nous suffire, car souvent les collégiales, en se régularisant, devenaient abbayes i>l prenaient un abbé. Seulement, il est certaines ai)bayes de clianoines ipii furent créées de toutes pièces, pour ainsi dire, là où il n'y avait pas de clianoines séculiers auiiaravanl, et ({ui peuvent par là se distinguer de celles cpii furent constituées par la régularisation, sous la [irésideiice d'un abbé, tl'un collège de chanoines déjà existant. Mais à rc|)(i(pi(' cpii nous occupe, on ne faisait pas de distinction sur ce point.

l'iNSTITITION DKS CHANOINKS RÉGLXIERS 123

Reims, Saint-Quentin de Beauvais, Ham, Mont-Saint-Eloi, Saint- Ambert, Saint- Jean-des- Vignes ; parmi les abbayes de création nouvelle, Saint-Ruf, Saint-Laurent d'Oulx, Arrouaise, Eaucourt, Saint-Jean-en-Vallée. Il y faut ajouter les abbayes bénédictines dans lesquelles les moines furent remplacés par des chanoines : Saint-Martin de Tours, Saint-Corneille de Gompièg'ne, qui tour à tour avaient été composées de moines et de chanoines, et qui, au xi*" siècle, étaient des abbayes de chanoines.

Le rôle de ces chanoines réguliers sera des plus importants. Ce sont eux qui vont être chargés de desservir les nombreuses paroisses, cures de campagnes, églises de villages qui jusque-là n'avaient pu être desservies que par des moines-prêtres ou des vicaires attachés aux monastères. Nous avons vu ' la situation embarrassée, les conflits fréquents que provoquait cet état des prêtres des paroisses incorporées dépendant à la fois du monastère et de l'évêque. Grâce aux chanoines réguliers, ces difficultés n'existeront plus, le chanoine pouvant, en sa qualité de prêtre, k l'inverse du moine, exercer, sans autorisation particulière, toutes les fonctions curiales.

La vie austère de ces chanoines régularisés les recommandait à la piété des fidèles qui avaient besoin de s'adresser à eux ; leur règle, leur renoncement à toute propriété pouvait encourager ceux qui voulaient embrasser la vie religieuse à rechercher chez eux un état ecclésiastique intermédiaire entre la vie du clerc séculier, trop mondain, et la vie trop retirée du monde du moine bénédictin. D'autre part, ils restaient toujours soumis à l'évêque dont relevait leur abbé ; l'évêque était constamment mêlé à leur existence, à leur développement ; comprenant l'aide qu'ils lui procureraient pour desservir les paroisses de campagne, les évêques essayaient de multiplier ces collèges, de les répandre d'un diocèse dans un autre, de pousser telle grande abbaye à créer des « filles » autour d'elles-.

On comprend le danger que présentait pour le monachisme cette institution rivale. En même temps que les Chartreux, que Molesme et Cîteaux, voici que les chanoines, groupés en congré-

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