‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 111 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'institution des chanoines réguliers

La régulaî^isation des chanoines.

Nous n'avons pas à rechercher ici lorigine des chanoines rég-uliers. On a Ijeaucoup et inutilement disserté pour savoir quelle part revenait à saint Augustin dans cette institution, ou plutôt dans la règle de la vie en commun imposée aux clercs séculiers, comme aux moines. Les chanoines du Latran, avec leurs succursales de Santa Maria in Par tu près de Ra venue, de Volano, de Lucques peuvent être considérés comme les ancêtres des chanoines réguliers qui nous occupent ici. Mais le premier effort de régularisation, de réforme de la vie des clercs séculiers dans laquelle nous retrouvions les mêmes caractères que dans la réforme du xi*" siècle, est celle de Chrodegand, au vin"' siècle. Elle avait pour caractéristique la vie en commun des clercs et l'abandon de la propriété personnelle. Seulement, les chanoines se relâchèrent bientôt, et le besoin se fit sentir, au xi*" siècle i, de reprendre la réforme de Chrodegand pour l'étendre, la dpvelopper et organiser à nouveau toute cette partie du clergé.

Cette réforme avait d'abord pour objet l'amélioration des mœurs du clergé, la suppression du concubinage et de la simonie. La vie en commun sous la direction d'un chef analogue à l'abbé

1. Les conciles de Rome, de 1039 et 1063, exhortèrent les clercs à vivre en commun et à se régulariser. C'est depuis cette époque que le mouvement prit toute son extension.

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des monastères permettait aux chanoines, qui se trouvaient par leurs tonelions mènu'S mêlés au siècle de plus près (jue les moines, d'observer une vie plus rig-oureuse ; d'autre part, l'abandon de toute propriété individuelle devait leur éviter de tomber dans la cupidité et dans la simonie.

Ce caractère doublement moral de la régularisation des chanoines fut une des causes qui poussa la papauté h les protéger pour accomplir son œuvre de réforme. Mais ici il faut distinguer deux catégories de chanoines : d'une part, les chanoines des chapitres cathédraux ; d'autre part, les chanoines des collégiales et des abbayes de chanoines réguliers qu'on institua au xi*" siècle.

Ghrodegand s'était spécialement attaché aux premiers. Son œuvre fut reprise par de nombreux évèques au xi" siècle. Dans le midi surtout la régularisation s'était répandue sous le pontificat d'Urbain II : à Rodez ', à Cahors '", à Avignon -^ les chanoines se régularisèrent. Menant une vie commune, consacrée à l'exercice du culte, renonçant à toute propriété personnelle, ils encouraient certaines pénalités s'ils quittaient l'association. Ils n'avaient, naturellement, pas d'abbé à leur tète: leur chef était l'évêque, et ils continuaient à former le chapitre cathédral '*. A la même «poque (vers le troisième quart du xi*^ siècle), ce mouvement de régularisation des clercs séculiers s'étendit aux collégiales, c'està-dire aux chanoines desservant des églises non cathédrales. Enfin, ce mouvement ïie tarda pas à se confondre à son tour avec l'institution nouvelle, qui se développa alors : les abbayes de chanoines réguliers.

Parmi ces abbayes issues d'églises dont on régularisait les chanoines ou dans lesquelles on établissait un collège de chanoines, nous pouvons citer celles de Carcassonne, Saint-Denis de

1. .TafTé-Waltonbach, Uct/i'utn, n" '.\'t'M). 1. Ihicl., no :i573.

li. Ibid., 11° r)578.

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