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Eli inèiin' LuiU])s, \v savaul <''\\"'([lu' dr l lliarlrcs, Ivo, le ^laïul arl)iti't'. le justi', lelui ([ui conseille et qui réclame, qui se lauu'ule el qui exhorle, c[ui donne son avis à chacun et sur toute chose, s'empresse d'entrer en relations avec le nouveau pontife. Ancien correspondant d'Urbain II (nous avons de lui huit lettres adressées à ce j)ape), il sent toute l'inij^ortance que pourra avoir |)oui' ri{i;lise de France son intimité avec Pascal, et dès son avènement, il lui écrit ' pour le fidiciter. pour lui l'aire part de son intention de l'aller voir à Rome, afin de traiter directement avec lui des allaires touchant le rovaume et le clergé de France : ainsi le pape pourra mieux se rendre compte de l'état de son église ; ils pourront s'entendre tout de suite sur la politique à suivre. Fmjièché j)robablement j)ar les troubles que fomentaient en Italie les impériaux et les amis de l'antipape Clément 111 d'accomplir ce voyage, il cherchera du moins, aussitôt que Pascal aura choisi ses légats, à se mettre en rapport avec eux, à diriger même leur action en France et leur jiolitique visà-vis du roi "^
Philippe /''■ et le clcryé français à l'avènement de Pascal II.
Malgré les bonnes dispositions que pouvait avoir Pascal II, les événements qui se pafjsaient en France nécessitaient de sa part une intervention active. Urbain II était mort en lançant contre le roi adultère une dernière excommunication. La question du mariage de Philippe et de Bertrade passionnait encore assez les esprits pour cjue quelques semaines après l'élection de Pascal II, l'archevêque de Sens Daimbert réunît dans un concile provincial, à Etampes -^ les évêques Ive de Chartres, Guillaume de Paris, Jean d'Orléans, Gautier de Meaux et Hombaud d'Auxerre, afin de juger le cas de Philippe, évêque de Troyes, accusé d'avoir prêté jadis son ministère au mariage adultère. .Vinsi cette vieille affaire n'était j)as encore résolue. On
1. ivf (le Charlros, IrUioSl, dans les llhl. ilc Fr., l. XV, p. 100. ■2. /(/., lettre 84, Inr. rit., p. 107. 3. ///., lellre"'.!, Inr. ,il., p. tO:i.
PASCAL II i:i' LA FRANCK
avait successivement accusé Gautier, évèque de Meaux, Ovnson, évêque de Senlis, Eude, évêque de Baveux, Guillaume, archevêque de Rouen, sans arriver à déterminer exactement qui avait consacré cette union '. et maintenant les évèques de la province de Sens se réunissaient pour juyer un nouvel inculpé, Philippe de Troyes. qui d'ailleurs se défendit fort mal. Il avait une mauvaise réputation, surtout à cause de son père, Garnier de Ponts, un de ces seigneurs pillards qui arrêtaient dans les campag-nes, pour les détrousser, les évêques pieux, j)artis en vovage vers « le seuil de saint Pierre ». Craignant peut-être les rigueurs de ses juges, il ne vint pas au concile auquel il avait été convoqué, semblant négliger de se disculper d'une accusation aussi futile, et, sans ég-ards pour le métropolitain qui aurait dû en être le destinataire^ expédia à l'assemblée une lettre, dans laquelle il se dispensait même d'envoyer ses excuses. Ive de Chartres se fit auprès de lui l'interprète de l'irritation de ses collègues, et, dans une lettre vive, lui reprocha son abstention injustifiée, se lamentant de le savoir coupable des fautes dont il était accusé, et lui intima l'ordre de venir, profitant d'un sursis accordé par Daimbert, à une nouvelle réunion fixée au 18 décembre 1099, jour du sacre d'Hervé, évêque de Nevers ~. Nous ignorons les suites de cette affaire; la réunion du 18 décembre n'a pas laissé de traces dans l'histoire, et rien ne prouve que Philippe de Troyes ait, plutôt que les quatre autres inculpés, accordé son ministère pour la bénédiction du mariage de Philippe et de Bertrade. Mais le fait est significatif. La France n est pas encore apaisée, le clergé réclame : le pape va être forcé d'intervenir.
Un autre fait, non moins significatif, hâta cette intervention. Pascal II n'ayant pas donné l'absolution à Philippe, celuici restait toujours sous le coup de l'excommunication fulminée contre lui par Urbain avant sa mort. Mais il ne s'en inquiétait guère. <( Comme s'il avait cru qu'avec son héraut la justice ellemême était morte », il s'empressa de secouer ce joug, qui ne semble pas l'avoir jamais beaucoup incommodé, et ses évêques —
1. Voir la (lisserlatioii do doin Hfial, on tôle; du lli'curil des liisforiena des Gaules et de la France, l. W \ .