PASCAL II ET LA FRANCE
Les légats Jean et Benoit.
Cette question des légats avait la plus grande importance. Gomme le pape ne pouvait venir au delà des Alpes pour présider en personne chaque concile et résoudre chaque conflit, c'était du caractère, du tact, du sens politique des légats que dépendaient la concorde entre la France et Rome et les progrès de la réforme dans le royaume de Philippe.
Avant la réforme du xi*^ siècle, les papes se servaient des légats pour fortifier la puissance pontificale, non par l'autorité qu'ils exerçaient dans toute l'Eglise en matière de dogme et de discipline, mais par celle qui tendait à restreindre la juridiction ordinaire des évêques. De là, depuis la cessation du vicariat d'Arles, tous ces légats a latere qu on envoyait pour des causes majeures, pour juger en appel les causes des évêques dans leurs provinces. Mais, au milieu du xi'' siècle, on imagina un autre motif d'envoyer des légats : le soin de toutes les églises, qui pèse sur la tête du Souverain-Pontife, comme si, à ce titre, il était obligé de les gouverner et de les diriger personnellement. C'est ce qu'expliquait Alexandre 11, lorsqu en 1063, il écrivait aux archevêques de France, pour leur annoncer l'envoi, comme légat, de Pierre Damien, évêque d'Ostie, et leur demander d'avoir confiance en lui et de lui obéir comme ils le devaient K Ce principe une fois établi, les légats se succédèrent presque sans interruption. Leur autorité surpassait celle des métropolitains et des conciles provinciaux. Ils convoc[uaient des conciles généraux, où ils avaient le pas sur les archevêques, y rendaient des sentences, et parfois étaient pris comme juges des contestations relatives aux élections ou des plaintes sur la conduite des évêques, avant que les évêques mêmes de la province en eussent connaissance^. En leur nom. on promulguait les canons etcons-