CHAPITRE II
ton, recouvrant alors la chappe et la crosse, avait pu dij^nement prendre place parmi les pères du concile.
Les tribulations du malheureux Iluj^ue n'étaient cependant pas terminées. Après le concile, les légats le renvoyèrent à Flavig-ny avec une lettre qui enjoignait aux moines de le reconnaître comme abbé. Mais les ordres des légats furent méprisés par les moines, et Hugue fut reçu de telle sorte, qu'il s'empressa de se diriger vers Poitiers pour venir, devant un nouveau concile, réclamer encore une fois justice. Pourtant il changea d'avis en route et rentra à Flavigny, où naturellement de nouveaux déboires l'attendaient. Norgaud, absous, nous le verrons, devait en effet rentrer en triomphateur k Autun et nommer abl>é de Flavigny le prieur Girard, malgré les protestations de Hugue, qui en appela vainement au chapitre d' Autun, à Tarchevêque de Lyon et même au Saint-Siège '. Battu, Hugue dut se retirer, à Saint-Bénigne probablement, oîi, pour se consoler et se venger, il écrivit son histoire, ne craignant pas de flétrir dans les termes les plus violents la faiblesse du Saint-Siège qui laissait triompher l'injustice '-.
Quant à Norgaud, c'est au concile de Poitiers que devait se poursuivre l'examen de son affaire et, bien que nous devions revenir plus loin sur ce concile 3, il sera plus clair d'en rapporter ici ce qui le concerne. L'assemblée s'ouvrit à Poitiers le 18 novembre, en l'église Saint-Pierre. Trente-cinq clercs d' Autun s'y rendirent pour accuser leur évêque. Hugue de Lyon, toujours indisposé contre les légats, mécontent des résultats du concile de Valence, — résultats acceptés par le Saint-Siège, malgré Bérard deMàcon, devant les treize députés du chapitre d'Autun, — prétexta sa maladie pour refuser de s'y rendre ; mais il se fit représenter par révê({ue de Die Ismion et par Gautier, évêque de Chalon, qui devaient prendre la défense de Norgaud. Après des discussions, renouvelées du concile de Valence, sur les chefs d'accusation, la procédure et l'appel h Home, les légats demandèrent à Norgaud de se justifier, s'il trouvait des personnes idoines, qui
i. Hugue de Flavigny, loc. cil., p. -VDIi.