‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 36 sur 128 · PASCAL 11 ET LE CLERGÉ FRA.\(;AIS · texte numérisé non relu

PASCAL 11 ET LE CLERGÉ FRA.\(;AIS

ne pouvait rinvestir, et Manassès refusait toujours de le considérer comme évêque '. Sentant la situation intenable. Galon était retourné à Rome. C'est sur ces entrefaites que Foulque mourut. Aussitôt, Ive, ami de toutes les conciliations, entrevoit l'arrangement possible. Les conciles de Troyes et de Beaugency ^ vont s'ouvrir ; il fallait résoudre cette affaire pour que le roi pût recevoir l'absolution. Le serment de Philippe l'empêchait de laisser Galon s'installer à Beauvais : il n'y avait qu'à le nommer évêque de Paris. Ainsi le serment serait respecté, le pape satisfait, et l'on pourrait absoudre le roi. Pascal trouva un moyen de renvoyer Galon en France d'une manière quasi-officielle, en lui remettant une lettre ou en lui confiant une mission relative à la prochaine absolution de Philippe ^. Il revint en France, dit le biographe de saint Anselme, Eadmer ^, muni d'une légation apostolique et d'un os de sainte Prisque ! Et presque aussitôt, les clercs de Paris l'élurent comme évêque en remplacement de Foulque (juillet H04 environ) \

C'était une demi-défaite pour le roi; mais c'en était une aussi pour le pape. Celui-ci attendit avant de ratifier ce choix jusqu'à l'année suivante, et hésita avant de consacrer évêque de Paris celui qu'il avait déjà consacré évêque de Beauvais. Ive lui demanda avec insistance d'autoriser ce transfert, qui devait enfin rendre la paix à l'Église de France et en particulier à celle de Beauvais. Il faisait ressortir c[ue les rois Philippe et Louis y consentaient « par amour pour le pape », que lés v(bux du clergé et du peuple s'accordaient pour appeler Galon à Paris ''. En même temps, il priait l'archevêque de Sens Daimbert ^ d'appuyer sa demande auprès de Pascal, cette translation devant se faire par le métropolitain sur dispense du pape.

1. Voir la lettre de reproche que lui écrit Ive de Chartres à ce sujet (lettre 145, loc. cit., p. 129).

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