‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 39 sur 128 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

LA LÉGATION DE RICHARD d'aLMANO

Poliliqiie nouvelle.

Cependant la légation de Jean et de Benoît avait échoué. Le roi de France était excommunié ; mais les légats n'avaient rien obtenu et n'avaient de toutes parts rencontré qu'opposition. Les prélats français, à quelque parti qu'ils appartinssent, réformistes ou partisans du roi, par leur attitude en France ou par leurs relations à la cour de Rome, leur avaient fait échec. Qui Pascal allait-il choisir pour les remplacer ?

Il est probable qu'il y eut à ce moment en France un mouvement en faveur de Hugue de Lyon, mouvement dont Ive de Chartres se fit l'interprète auprès de Pascal II K Lépiscopat français sentait-il le besoin d'avoir à ses côtés pour représentant du pape un homme énergique? Préférait-il obéir à un Français qui connût mieux les besoins du clergé? Nous avons déjà étudié cette question et examiné la lettre d'Ive de Chartres ''. Le pape d'ailleurs ne l'écouta pas : s'il reconnaissait la faiblesse de Jean et de Benoît, faiblesse à laquelle il avait contribué pour une grande part en désavouant leur œuvre, il craignait l'autorité intransigeante de Hugue de Lyon, qui lui en avait encore assez imposé pour lui faire rapporter les mesures prises à Poitiers contre Norgaud. La situation du pape k Rome était assez précaire pour qu'il ne voulût pas indisposer le clergé français à son égard. Il craignait déjà assez l'Allemagne pour chercher peutêtre à se réconcilier avec Philippe P''. Il lui fallait un légat plus humain, plus souple que ne l'aurait été Ilugue, pour donner un nouveau caractère aux relations entre la France et le Saint-Siège. La théorie du légat a lalere trouvait une nouvelle justification

1. Ive de Chartres, leltre 109, dans Uisl. de Fr., t. XV, p. 118.

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