‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 50 sur 128 · laiïé-Wattonhaeh, Reifosta, t. I, p · texte numérisé non relu

laiïé-Wattonhaeh, Reifosta, t. I, p

3. SiiniM-, Vio de Louis II' Gros, IX, éd. Moliiiier, \k •i.'i

4. .laiïé-\Vatlcnl)ncli, Jieyesl.i, n" <')I27. :1. IhiiL, n"'' (1127 el siiiv.

Cl. //</</., n" C.U".».

PASCAL 11 KN FRANCK

Vendôme, où il demeura jusqu'au 14 '. Le monastère exempt devait être en fête. Geotï'roi recevait le seul homme qu'il considérât comme supérieur à lui-même. Cette marque intentionnelle d'estime donnée par le pape à l'abbé devait resserrer les liens qui rattachaient celui-ci à Rome et le dégageaient du pouvoir royal et épiscopal.

Pascal ne pouvait se dispenser, au cours de ce voyage, d'aller rendre visite à son fidèle ami Ive, évêque de Chartres. Chartres, d'ailleurs, était sur le chemin de Paris. Le pape y arriva pour la fête de Pâques '. Le malheureux Ive fut fort troublé par cette visite. Comme il l'avoue naïvement dans une lettre adres.sée plus tard au pape, < le concours de peuple attiré par la présence du souverain pontife à Chartres, Talfairement auquel donnaient lieu les cérémonies et les réceptions l'empêchèrent de se purger, alors que c'était précisément l'époque du mois à laquelle il avait coutume de se livrer à cette hygiénique médication » 3.

Eniin, ayant quitté Chartres, Pascal, à la fin du mois, arriva à l'abbaye de Saint-Denis ^, où il édifia par sa piété le pieux Suger qui ne demandait pas, comme Guibert de Nogent, au souverain pontife, des qualités de lettré et d'humaniste. « Glorieusement et épiscopalement reçu, dit-il, le pape donna aux fidèles un exemple unique, rare, insolite : il ne daigna pas admirer, ni même regarder l'or, l'argent et les trésors de Saint-Denis ; humblement prosterné devant les saintes reliques, il fondait en larmes et s'offrait lui-même en holocauste à Dieu et aux saints » •'.

C'est à Saint-Denis que Pascal rencontra Philippe et son fils, le jeune roi désigné Louis. Ceux-ci « inclinèrent très bas la majesté royale devant les pieds du Saint-Père », et Pascal les relevant, les traita de « fils très pieux des papes ». Ils s'entretinrent ensemble de l'état de l'Eglise, et le pontife, par une douce flatterie, leur demanda aide et conseil, les comparant au glorieux

1. C'est le seul moment où, d'api^ès Titinéraire de Jafl'é-Wattenl)ach. puisse se placer un séjour du pape à Vendôme. Sur ce séjour, voir Compaln, Étude sur Geo/jTroi de Vendôme, p. 270.

2. Orderic Vital, X, 1, éd. Le Prévost, t. IV, p. 4. — Cf. Jaffé-Wattenbach, Reg^sta, n°6129.

3. Ive de Chartres, lettre 175, dans les Hist. de Fr., t. XV, p. 139-140.

4. Il y était le 30 avril (Jaffé-Wattenbach, Regesia, n" 6131). :'». Sufrov, \'ic (le Louis le Gros, IX, éd. Molinier, p. 2;').

i)\. CIIAI'ITIU; M

Charles et aux anciens roi de France qui avaient soutenu la papauté aux heures de crise '.

C'est aussi pr()!)ablement à Saint-Denis même que Pascal ré^la le ditîéreud qui avait mis aux prises l'évêque de Paris Galon et l'abbé de Saint-Denis Adam. Ce dernier prétendait pouvoir demander le chrême et l'huile « sans la licence du diocésain » et faire consacrer ses moines par n'importe quel évêque. Galon, (|ui avait été déjà à la Charité-sur-Loire entretenir Pascal de cette alVaire, s'était plaint à lui qu'Adam ne respectât pas ses prérogatives et n'observât pas la soumission qu il devait à l'ordinaire, Sugerdit, à ce propos, que le pape donna satisfaction à l'abbé contre l'évêque ''. En ce cas, il ne tarda pas à revenir sur sa décision; car, dans une lettre qu'il adressa en 1 107 à Adam et aux moines de Saint-Denis, il donna raison à Galon et traita d'anticanoni([ues les prétentions des moines ^

L'en/ renie de C/iàlons.

De Saint-Denis, Pascal, accompagné de nombreux prélats français et des rois Philippe et Louis, avec lesquels il s'était concerté sur la conduite à suivre, se rendit à Ghàlons, où il avait donné rendez-vous aux ambassadeurs de l'empereur Henri V ''.

Dès le début, l'entrevue fut orageuse. L'attitude des ambassadeurs de Henri fut c rogue et menaçante », Ils essayèrent d'intimider le pape plutôt que de discuter avec lui. Seul, Bruno de Trêves, prélat élégant et enjoué, parla ((en termes choisis», protestant de son obéissance au Saint-Siège, tout en réservant les droits de l'enqjereur. Suger résume ainsi son discours : (( Le droit séculaire de l'empereur est di' donner son assentiment avant (|ue l'élection soit publiquement proclamée ; et si l'empereur approuve le choix, son assentiment précède l'élection.

1. Siiooi-^ Yio (Je I^oiiis h' (iras, l.\, ril. M()liiii(M", p. 2i>.

Page 1