‹ Essai sur les rapports de Pascal II. avec Philippe Ier (1099-1108)Chapitre 57 sur 128 · FIN DU REGNE DE PHILIPPE V · texte numérisé non relu

FIN DU REGNE DE PHILIPPE V

Quant au roi très bon, très pieux et très chrétien, qui depuis quelques mois était devenu la première colonne du Saint-Siège, il avait pris son rôle très au sérieux. Visiblement touché de la grâce depuis qu'il était rentré dans la communion de la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, il comprenait combien était grave la responsabilité qu'il assumait, et il se prit à regretter son passé. Après le dernier scandale qu'il se donna le plaisir d'offrir à la population angevine en se faisant recevoir officiellement, accompagné de Bertrade, par le comte d'Anjou Foulque, l'ancien mari de cette même Bertrade ', il songea à se retirer du monde et à finir dans la pénitence une vie qui était loin d'être sans tache. Avant de mourir, l'empereur déchu Henri IV lui avait écrit une longue lettre '^ dans laquelle il lui faisait part de ses déboires, des misères qui avaient attristé cette fin de \ie, juste châtiment imposé par le Ciel à celui qui avait tant lutté contre la papauté. Bien que Philippe fût réconcilié avec l'Eglise, cette lettre l'avait impressionné, et quelque temps après, il s'ouvrit à son ami Hugue, abbé du riche monastère de Cluny, de son projet de se faire moine, tout en lui disant combien il lui était reconnaissant de n'avoir jamais, pas plus qu'aucun des représentants de son ordre, j^ris parti contre lui, à l'occasion des nombreuses excommunications qu'il avait encourues. Hugue, on ne peut plus flatté de ces intentions et prévoyant l'honneur qui rejaillirait sur tout son ordre d'une telle détermination, lui

1. Voir une charte-notice de Saint-Nicolas d'Angers dans Laurent Lepeletier, Epitorne S. Nlcolai Andegnvensis (1635), p. 50; Orderic Vital, VIII, 20, éd. Le Prévost, t. III, p. .388; Suger, Vie de Louis le Gros, XVII, éd. Molinier, p. 57.

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