‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 10 sur 150 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

et dont rancienne fécondité a besoin de longues années pour se ranimer.» — La réflexion précédente empruntée à un auteur allemand (M. de Manteuffel), a d'autant plus d'autorité, qu'en AllemagneJ'exécution des repeuplements artificiels est arrivée à un très haut point de perfection, alors qu'en France nous laissons souvent agir la nature, ou bien nous pensons qu'une dépense minime, des procédés grossiers, sans méthode et sans études préalables suffisent pour assurer le succès. Il faut déplorer cette insouciance qui n'a souvent d'égale que l'ignorance elle-même, car la science forestière n'est guère plus connue aujourd'hui en France que du temps de Buffon qui, dès 1774, se plaignait à cet égard des connaissances très bornées des hommes de son temps.

39. Une citation de buffon. — « Il serait naturel, disait-il dans un mémoire adressé à l'Académie des sciences, de penser que les hommes ont donné quelque attention à la culture du bois ; cependant rien n'est moins connu, rien n'est plus négligé. Le bois paraît être un présent de la nature qu'il suffit de recevoir tel qu'il sort de ses mains. . . On ignore jusqu'aux moyens les plus simples de conserver les forêts et d'augmenter leurs produits. »

40. Nécessité DES connaissances sylvicoles. — L'art des repeuplements artificiels exige en réalité des connaissances théoriques et pratiques assez étendues, et les insuccès qui résultent de tant de travaux de cette nature tiennent à l'oubli ou à l'ignorance de cette simple et utile vérité.

Pour mener à bien un repeuplement, semis ou plantation, il faut avoir quelques notions de physique végétale, connaître l'influence des sols, des climats, sur les essences qu'on désire cultiver; le mode le plus avantageux de leur multiplication; les usages auxquels les arbres sont propres, et ceux que réclament les localités ; les circonstances où les arbres doivent être plantés à tel ou tel âge; les terrains qu'on doit mettre en bois et ceux à laisser en cultures ordinaires ; les dépenses qu'il convient de faire et celles qu'il convient d'éviter ; les sacrifices qu'on doit faire à l'agrément et à une plus prompte jouissance, et les bornes dans lesquelles on doit rester h l'égard di 3 plantations

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utiles ; réducation préparatoire des arbres pour assurer le succès des plantations ; la préparation des terres et tout ce qui concerne la plantation 'proprement dite, et la conduite etrentretien des arbres après leur plantation. » (Baudrillart, Dictionnaire général des forêts, tome II, page 605).

41. Observations de Duhamel du Monceau. — Il y a plus d'un siècle, Duhamel du Monceau, dans son traité célèbre des Semis et plantations des arbres et de laur culture^ ouvrage publié vers 1760 et traduit dès 1763 en allemand par Schoellenbach, déplorait cette ignorance des choses de la forêt qui forment cependant une science très étendue. Le grand sylviculteur faisait observer que les cultures forestières étaient souvent abandonnées aux soins d'ouvriers mercenaires préoccupés seulement de tirer un profit considérable de leurs entreprises. A défaut de science, une routine grossière, suivie sans réflexion, guidait seule leur intérêt, unique but et seul mobile de leur industrie.

Fixés dans un même lieu, ces planteurs ne peuvent examiner que ce qui se passe autour d'eux ; ils opèrent comme leurs pères opéraient; aucun progrès ne peut se produire dans de telles conditions. Aussi Fart des repeuplements a-t-il peu avancé depuis un siècle, faute d'ouvriers habiles, faute surtout d'hommes instruits capables de les diriger.

42. Moyens de répandre les connaissances sylvicoles . — Il est donc opportun de répandre les connaissances sylvicoles aux trois degrés primaire, secondaire et supérieur. Déjà l'enseignement agricole à ces trois degrés s'organise sérieusement en France ; la Sylviculture, qui n'est qu'une branche de l'agriculture, branche féconde et fructueuse comme nous l'avons démontré déjà, la sylviculture, dis-je,doit suivre cette marche en avant par l'organisation d'un enseignement raisonné et pratique. II n'en est pas de meilleur et de plus profitable que celui qui peut être donné dans les écoles primaires, par les instituteurs, quand cesderniers l'auront reçu euxmêmes dans les écoles normales. Déjà cet enseignement sylvicole est donné dans les écoles normales de Mirecourt (Vosges) et d'Albertville (Savoie), et esta la veille d'être organisé dans

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