‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 105 sur 150 · DBS RBPEUPLBMENTS ARTIFICIELS AU POINT DE VUE · texte numérisé non relu

DBS RBPEUPLBMENTS ARTIFICIELS AU POINT DE VUE

procédés pratiq[ues qui constituent à la fois la science et l'art des repeuplements artificiels. Après cette lecture, on se convaincra sans doute que la connaissance de cette science et de cet art est Indispensable pour mener à bien la restauration et la mise en valeur des vides et clairières des forées.

C'est faute d'être pénétrés de cette vérité élémentaire que nombre d'amateurs de sylviculture éprouvent tant de mécomptes et d'insuccès dans les travaux de repeuplement qu'ils entreprennent dans leurs bois. On ne saurait trop déplorer cette absence des notions sylvicoles chez un grand nombre de personnes appelées à efTecluer des reboisements. EUes se figurent que rien n'est plus facile que de faire venir des arbres ; elle plantent et sèment à l'aveugle, voulant faire beaucoup avec peu d'argent, et perdent à à la fois leurs travaux et leur argent même. L'insuccès tient le plus souvent à l'insuffisance de préparation du sol, quand il n'est pas dû à l'ignorance des exigences les plus élémentaires des sols, des climats et des essences.

2. Une citation de de Perthuis. — 11 y a longtemps déjà que M. de Perthuis, s'adressant à ces reboiseurs ignorants, leur tenait ce sage et sensé langage: « L'art des plantations ne se borne pas à faire un trou et à y placer un arbre ; il exige des connaissances d'autant plus nécessaires aux propriétaires pour diriger leurs plantations, que le nombre des bons planteurs est très petit, et que mieux on plante, et moins les plantations sont dispendieuses, puisque leur reprise est plus assurée, et qu'on n'est pas obligé de recommencer. »

3. Soins matériels d'exécution. — Il ne suffît pas de connaître les principes et les procédés, la théorie et la pratique, la science et l'art. 11 faut encore, dans l'exécution, assurer l'application des uns et d^s autres, en choisissant des ouvriers capables ou du moins dociles, en les foïmant et en les dirigeant dans l'accomplissement manuel de leui tâche. Le succès n'est qu'à ce prix.

« Le peu d'instruction que l'on trouve parmi les ouvriers (disait Baudrillart, il y a aujourd'hui un demi-siècle) est un motif de plus, pour les propriétaires et les préposés des forêts, de chercher à acquérir les connaissances nécessaires pour diiiger l^s travaux qu'ils ont à faire exécuter. U n'est pas néces&aire, ainsi que l'observe Duhamel du Monceau, qu'ils prennent eux-mêmes la bêche et la pioche ,• ils doivent laisser aux cultivateurs de profession l'exécution des travaux lîihorieux et manuels. »

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4. UNH CITATION DE DuHAMEL. — « Mois, ajoute Duhaiïiel, ne y négligeons pas de les voir opérer ; employons leurs bras pour

faire des tentatives, et contribuons à la perfection de leur travail, en faisant pour eux et même avec eux des réflexions utiles sur raccord de leurs opérations avec la marche uniforme de la nature. Si nous sommes assez heureux pour parvenir à faire quelq[ues découvertes utiles, empressons -nous de les rendre publiques,afin à» mettre nos concitoyens en état d'en partager avec nous les avantages. »

5. Mauvaise appucation des méthodes. — Si certaines méthodes de repeuplement préconisées en France et en Allemagne par les successeurs de Duhamel du Monceau paraissent encore aujourdliui d'une efïlcacité douteuse, il ne faut pas accuser les méthodes elles-mêmes, mais ceux qui les font appliquer.

C'est ce que M. de Manteuffel rappelle avec raison à la fin de son livre sur Vart de planter quand il dit : «Nous prierons nos collègues de ne Jamais perdre de vue les principes que nous avons développés dans ce livre, et suitout de suivre scrupuleusement, lors de l'exécution même des travaux^ les règles que nous avons données et qui sont le résultat d'observations faites pendant le cours d'une longue carrière. Car si, à notre grand regret, nous avons trop souvent entendu condamner notre méthode par des forestiers, d'ailleurs très bons praticiens, nous avons pu constater qu'ils basaient leur opinion sur le mauvais succès de plantations mal exécutées, plantations qui nécessairement, cependant, ne pouvaient donner que des résultats peu satisfaisants.»

6. Dressage dbs ouvriers. — Si le sylviculteur est bien pénétré des principes sur lesquels repose le succès d'un reboisement, s'il veut bien les avoir toujours présents à l'esprit ainsi que les procédés que ces principes comportent, il lui sera facile de prendre, dans chaque cas particulier, les mesures les plus convenables. 11 saura rapidement utiliser le personnel dont il dispose, dresser les uns à la préparation du sol, les autres à la mise en place des plants : certains ouvriers seront aptes à la taille des racines et de la tige, les moins capables feront les transports, etc.,etc. Dans tous les cas, il conviendra d'appliquer le principe fondamental de la division du travail. Surveillés et bien dirigés, les ouvriers s'intéresseront rapidement à leurs occupations respectives. Une sorte d'émulation s'établira entre eux, et c'est à qui sera le plus expéditif et le p1u« soigneux.

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7. Division du travail. — On ne fait bien que ce qu'on fait souvent et qu'on connaît hier. De là le succès de la division du travail. Nous n'en citerons qu'un exemple entre mille. « Pour faire le bon terreau, dit M. de Manteuffel,il n'y a pas de moyen plus sûr et plus facile que de confier la besogne exclusivement à quelques ouvriers zélés et soigneux. Ainsi, dans la forêt de Schœnbach, un homme avec sa femme confectionnent seuls tout le terreau nécessaire dans les bols du cantonnement. »

Il est inutile d'insister sur ce point. Toute l'harmonie du corps social est fondée sur la division du travail qui enfante l'émulation et le progrès dans toutes les branches de l'activité humaine. Dans sa modeste sphère, le sylviculteur ne saurait échapper à cette loi naturelle et raisonnable ; il doit donc la mettre à profit.

8. Organisation rationnelle des chantiers. — Pour que la division du travail produise d'heureux résultats, il est de plus nécessaire qu'elle soit rationnelle et harmonique. En d'autres termes il faut occuper et distribuer l'ensemble des bras dont on dispose, de manière à imprimer aux travaux une marche si bien réglée, qu'aucun ouvrier ne soi* arrêté dans son travail, en attendant qu'un autre ait achevé le sien. C'est en effet de cette régularité que dépendent en partie la réussite des travaux, et surtout le chiffre de la dépense. On ne saurait donner à cet égard des indications numénques invariables, en raison des conditions multiples et variées que présentent les travaux de repeuplement dans leur exécution. C'est au coup d'œil du praticien qu'il faut abandonner l'organisation rationnelle d'un chantier. Quoi qu'on puisse faire, on n'y parviendra pas dès le premier jour. En pareille matière, on ne peut aller à la fois rapidement et sûrement.

9. Règles a suivre. i« règle. Création d'une réserve. — Pour réunir ces deux conditions, rapidité et sûreté, le plus vite possible, il convient de se conformer aux règles suivantes:

1° Pour les travaux les plus importants, il sera prudent de dresser un nombre d'ouvriers plus grand que celui strictement nécessaire, afin d'employer immédiatement, suivant les besoins, Iws ouvriers de réserve, si ceux qu'on emploie viennent subitement à manquer. Faute de cette précaution, un chantier bien monté au début peut se trouver désorganisé et la marche des travaux être entravée.

10. 2* règle. AcCROr^>:KMW*^ ^ PRO'ÏRE^Slî'^ OU CHANTIER. — 2* DaOS

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les premiers jours, il conviendra de n'employer qu'un nombre res trelnt d'ouvriers, afin de dresser et surveiller plus facilement son personnel. On augmentera graduellement ce nombre, à mesure qu'on disposera d'hommes plus habiles et qu'on aura appris soi-même à mieux s'en servir.

11. 3« RÈGLE. Division en escouades. — 3" Si le nombre d'ouvriers employés est assez grand, il sera bon de les diviser en escouades réparties sur le terrain à repeupler, et isolées les unes des autres. Il est en effet plus facile de surveiller l'ensemble de ces groupes séparés que de diriger un grand nombre d'ouvriers entassés sur un seul point. Ces agglomérations d'ouvriers peuvent amener la confusion, détruire l'harmonie du travail en laissant certains hommes inoccupés attendant que d'autres aient accompli leur tâche.

12. 4«RÉGïiB. APPROVISIONNEMENT DU MATERIEL. — 4°IleSt essentiel

d'avoir sur place un matériel toujours complet et toujours en bon état. Une réserve est même utile, pour remplacer de suite les instruments mis hors d'usage par suite d'im accident ou de toute autre cause, ou pour armer des bras supplémentaires, s'il en est besoin.

Les instruments tranchants doivent être bien aiguisés. Une pierre à repasser doit être à proximité dans ce but. — Inutile d'ajouter que le service d'approvisionnement des plants et des jrraines, du terreau, de l'eau, de l'engrais, doit être assuré, afin que les travaux ne soient pas arrêtés à un moment donné, par suite de la disette de la matière première.

13. 5« RÈGLE. Hygiène des ouvriers, —o» Le sylviculteur qui organise dos chantiers de repeuplement doit avoir à cœur la bonne santTi de ses ouvriers. L'humanité le lui commande, son intérêt doit le hii conseiller. S'i^ est chargé de leur Qourriture, il doit leur assurer une alimentation simple, mais saine et substantielle. Pendant les pluies torrentielles, il doit procurer à ses ouvriers un refuge ou un abri, ou tout au moins arrêter les travaux, de toile manière que ces hommes ne restent paD de longues heures avec dos vêtements saturés d'humidité. Pendant les grandes chaleurs, il doit les mettre en mesure de se munir de coiffures ou de vêtements que les mettent k l'abri des insolations, ou tôt tau moins leur donner à cet égard les conseils que son expérience pourra lui suggérer.

L'intérêt porté par le maître à ses ouvriers exerce sur ceux-ci

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