DES REPEUPLEMENTS ARTIFICIELS AU POINT DE VUE
vendre plus tard des petits plants provenant de cet ensemencement pour les repeuplements voisins
A trente-cinq ans, on enlève les 2.000 perches porte-graines.
Le capital engagé est le suivant :
1« Valeur du sol 50 fr. ^
2» Frais de plantation 50 5 ^^^^*
Les produits dans la période de trente-ciiiq ans sont les suivants :
1° Cinq élagages produisant chacun 300 bourrées valant 15 fr. le cent (net). Soit 5x3x15 225 fr } 1.805 fr.
2^ Vente de 10,000 semis naturels à 8 fr. le mille 80
3° 2.000 perches à 07 f. 5 Tune 1.500
Sans tenir compte, à la fin de la période de trente- cinq ans, de ia valeur nouvelle du sol, on voit que dans cet intervalle le capital rapporte 18 fois sa valeur.
Or, placé à 5 p. 100, un capital ne produit que 5 fois et demi sa valeur en trente-cinq ans. Le placement dépasse donc notablement 5 p. 100. Il est très élevé. Aurait-on attendu Jusqu'à cinquante-neuf ans pour obtenir le même rendement avec le même capital engagé, on aurait encore fait un placement à 5 p. 100.
32. Deuxième EXEMPLE. Une porêt mélangée. - De 1837 à 1847, on détacha 80 hectares d'une ferme située dans la région d'argile sableuse de l'Aube. Sur un sol humide et tourbeux, on planta des essences feuillues mélangées à un dixième de pin sylvestre, à raison de 5.000 plants à l'hectare. On reboisa 8 hectares par an.
A la fin de 1877, les feuillus avaient été recépés déjà plusieurs fois. Les pins sylvestres âgés de trente-cinq ans en moyenne ont 1 m. 20 de tour à 1 m. de hauteur, avec 14 mètres de hauteur totale; leur valeur est de 15 francs sur pied.
A partir de 1880, les coupes seront régulières et aménagées à vingt ans. Un revenu annuel de 4.000 francs est assuré.
Le capital engagé s'établit comme il suit :
1« Valeur du sol : 300 x 80 24.000 fr. \
2° Frais de plantation, 80 fr. par hect. . . 6.400 i 30.560 fr.
3* Impôts, garde 160 J
Cette dépense faite en moyenne en 1842, correspondait en 1877, c'est-à-dire pendant une période de trente-cinq ans, à un capital de 120.580 1^. représentant la capitahsation à intérêts composés à 4 p. 100.
Lef? produits se. sont élevés à la somme de 47.000 fr., de 1857 à
ÉCONOMIQUK ET FINANGIBR 289
1877. On estime aujourd'hui la forêt à 73.000 francs (fonds et superficie).
La forêt a donc donné en trente-cinq ans :
Superficie réalisée 47.000 fr. i joa rw\ f
Valeur actuelle en fonds et iiiperficie .. . 73.000 > 1M»\M} tr.
C'est donc un placement de début de 4 p. 100, taux très avantageux pour un bois feuillu dont les produits, lors d'une création nouvelle, sont toujours très faibles.
A l'avenir, ce taux sera supérieur à 5 p. 100, puisque le revenu annuel et continu sera de 4.000 francs (pour le taux de 5 p. 100 le capital serait de 80.000 fr.). II ira toujours en croissant ainsi que le revenu, car les pins ayant disparu, les coupes se composeront de modernes et de taillis chêne d'une valeur de plus en plus grande.
33. Troisiemb EXEBfPLB. Unb pinbraib EN soL CALCAiRB. — Une pineraie créée à raison de 10.000 plants à l'hectare, à cause de la nature du sol plus substantiel que celui de la craie, s'exploite à trentecinq ans. Le prix des plants mis en place est de 18 francs le mille. Des éclaircies sont faites 3 fois, de six ans en six ans, à partir de seize ans. Après l'exploitation, le terrain se trouve réensemencé naturellement, et donne un rendement de 3.000 francs par hectare.
Les divers calculs du capital engagé et du revenu sont établis comme il suit :
i« Valeur du sol 100 fr.
f Fraie de planUtion 180
I 280 fr.
Lêê produits pendant la première période de trente-cinq ans sont les suivants :
i* EcUircie à 16 an*. Enlèyement de 2.000 brin» dominés ou dépé- '
rissanU, i fr. 10 c. l'un 200 fr.
2* Eclaircie à 22 ans, enlèvement de 4.000 brins à fr. 15 l'un . . dOO 3* — à 28 ans — 1.000 — à 50 l'un . . 500
4* Coupe de 14K)0 perches de 8 m. de haut. , pour chevrons à 1 f .l'une 1 .500
Total des produits 2.800 fr.
Le capital engagé a été décuplé en trente-cinq ans. C'est un placement à 9 p. 100 au minimum. On n'a paa tenu compte en effet des intérêts composés des produits des éclaircies, et de la valeur du fonds réensemencé ; aveo ces suppléments, le placement dépasse certainement 10 p. 100.
S9D DES TtAPU U'PLRIISNTâ ARttFtCSLS
34. La culturb forestière industrielle. — Les exemples qui précèdent « prouvent surabondamment qu'une des meilleures spéculations qu'on puisse flaire de nos Jours, est le reboisement des terrains sans valeur, et que l'on doit considérer les plantations de forôts eomme une [vraie culture industrielle » (Revue des forêts j février 1878, page 62).
C'est surtout aux résineux qu'il faut avoir recours pour la mise en valeur des terres incultes et la restauration des forêts ruinées, parsemées de clairières et de vides. Sur ees soltf amendés «t fertl- Usés 00 pourra plus tard ramener le ékène, l'esseoce forestière par excellence, et avec lui le hêtre, le charme, et les autres essences principales.
35. Un vosu xxPRDfâ. -^ il serait ft désirer que tous les propriétaires forestiers qui ont reboisé des terrains incultes depuis cinquante ans fissent connaître, avec détail, les procédés qu'ils ont employés, les résultats qu'ils ont obtenus, les capitaux qu'ils ont engagés, les revenus qu'ils ont retirés de cette grande et utile entreprise dont il sont les auxiliaires éclairés. En transmettant à leurs enfants une richesse si noblement acquise, ils laisseraient en môme temps à leurs ooncitoyens, avec un utile exemple à suivre, un encouragement puissant pour accroître à la fois la ri* chesse privée et la fortune publique. Il y a là une statistique à dresser que n'ont Jamais tentée encore les spécialistes ; il y a là un livre d'économie forestière-financière à écrire, dana lequel fieraient inscrits en lettres d'or les noms de ces heureux apôtres de la sylviculture française.
36. RjtNvox A li'iNTRopucTioN*— A coux dout los reoseiguements contenus dans ce chapitre paraîtraient encore insuffisants pour apprécier la valeur économique des repeuplements artificiels, nous conseillons de relire rintroductton (S 1 à 36) de ce traité,lo&t la première partie reproduit en détail les arguments divers qui militent en faveur du reboisement, au point de vue économique et financier.
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