‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 128 sur 150 · CADASTRE · texte numérisé non relu

CADASTRE

Seeti*!

Qurtier, eaitM w pircelk

Natirc

Etesdie

Obiertalirai

49. 30* ARTICLE. DÉFRICHEMENTS. — Ou Sait quc les particuliers ne peuvent défricher leurs bois sans une déclaration préalable à laquelle le ministre compétent peut répondre par une opposition motivée au défrichement, dans certains cas formellement stipulés par la loi du 18 Juin 1859 (art. 219, 220 du Gode forestier revisé) .

Toutefois l'article 224, § l«'excepte des dispositions précédentes « les Jeunes bois pendant les vingt premières années après leur semis ou plantation».

Dans les vingt premières années qui suivent un reboisement, un particulier est donc libre de le défricher sans autorisation.

50. 31* ARTICLE. Subventions.— Quand il s agit de terrains situés sur le sommet ou sur la pente des montagnes, « des subventions « peuvent être accordées aux communes, aux établissements « publics et aux particuliers pour le reboisement do leurs ter- Si

3f2 RBBTAURATION D» VIDBI BT CLAmi*BS8

ralns. » (Loi du 28 Juillet 1860 sur le reboisement des montagnes, art. l".)

« Ces subventions consistent, soit en délivrances de graines ou de plants, soit en primes d'argent. » (Art 2).

« Les primes en argent accordées à des particuliers ne peuvent être délivrées qu'après Texécution des travaux. » (Art. 3.)

51. Restrictions apportées a la jouissance. — Mais alors le particulier subventionné par TEtat ne peut plus disposer de son bois d'une manière complète, et notamment le défricher sans autorisation, ou le livrer au pâturage.

«Le paragraphe 1«' de l'article 224 du Code forestier n'est pas applicable aux reboisements effectués avec subvention ou prime accordée par l'Etat en exécution de la présente loi.

« Les propriétaires de terrains reboisés avec prime ou subvention de l'Etat ne peuvent y faire psdtre leurs bestiaux sans une autorisation spéciale de l'administration des forêts jusqu'à l'époque où les bois auront été reconnus défensables par ladite admini8tration.(Art. 12.)»

52. Mesures d'application. — Le décret du 10 novembre 1864 a réglé les conditions de délivrances des subventions. Les demandes doivent être adressées aux conservateurs d^s forêts, avant le 15 juillet de chaque année, sur une formule imprimée fournie par l'administration et visée pour timbre.

« Les primes en argent, obtenues par des particuliers, sont payées après l'exécution des travaux, sur le vu d'un procès-verbal de réception des travaux, dressé par l'agent forestier local, dans la forme des procès- verbaux de réception définitive des travaux d'amélioration dans les forêts domaniales, et sur les avis de l'inspecteur et du conservateur.

» Les subventions en graines ou plants, délivrées aux particu» llars avant l'exécution des travaux, sont estimées en argent. L'estimation est notifiée au propriétaire et acceptée par lui. Le montant .peut en être répété par l'Etat, en cas d'inexécution des travaux, de détournement d'une partie des graines ou des plants, et de mauvaise exécution constatée* (Art. 4).

53. Subventions dans les dunes. — Quand il s'agit de terrains situés dans les dunes, Tadministration accorde aussi des subventions qui sont généralement données en nature, sous forme de grùnes résineuses. Depuis quelques années, ces subventions ont

RËSTAVRAttON DBS V1D8S Bt CLAltaftABB] 32d

ét6 surtout accordées aux propriétaires de dunes de la Somme et du Pas-de-Calais.

CINQUIÈME PARTIS Partie hygiénique.

54. L^HYOïÂNE DB LA FORÂT. — Le propriétaire forestier, touoieui d'améliorer sa forêt en comblant les vides et clairières qm la déshonorent, a un moyen meilleur encore de la restaurer ; c'est de prendre les mesures nécessaires pour empêcher, dans ^avenir, ces vides de s étendre et même de se former. Guérir le mal est bien, le prévenir est mieux.

L'hygiène d'une forêt comprend Tensemble des mesures de gestion, d*exploit4itioD, d'amélioration, capables d'assurer le rendement maximum. U n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage d'indiquer en détail les mesures en question. Nous nous borneront à signaler les causes principales de la ruine de la plupart des forêts et les remèdes à appliquer.

55. 32« ARTICLE. Lbs courtes révolutions. — Dans les taillis d'essences précieuses, telles que le chêne, le hêtre, le charme, on coupe trop souvent les bois à l'âge de quinze à vingt aos^ et même au-dessous. Il y a un préjugé encore trop répandu qui fait multiplier les coupes en vue d'exciter la vitalité du taillis ; et cependant les vides et clairières grandissent et se multiplient gô. néralement après tant d'exploitations répétées. »

« Plus souvent on recèpe, dit M. Broillard, conservateur des forêts (1), et plus les vides se développent, s' étendant en larges places vagues : U a'est donc pas permis d'admettre, comme on l'a dit quelquefois,que plus on coupe un taillis, mieux il pousse. Une grosse sottise a souvent du succès, et ceUe-làen est la preuve. Mais les faits, quels sont-ils? Quels sont les taillis clairières, sinon les taillis à courte révolution? Où sont les champs de bruyère^ les rochers dénudés, les buissons épars ? Ce n'est pas en général dan» les taillis exploités à trente ans, mais dan» ceux que sont sabrés à quinze; il en est ainsi dans le Midi, dans l'Ouest et plus ou moins partout. Dès lors, le secret du repeuplement des vides ne saurait nous échapper. Réduisons les exploitations, nous réduirona le» vacants. »

1. Du traitement dai bois eo France à l'ueage dei partioulier», p. 15i* —

324 RB8TAURATI0X DS8 YIDBS BT CLAIRIIRKS

56. Allongement DES RÉvoLirriONS. — Au lien donc d'abréger les révolutions, il convient de les allongerdans la mesure du possible, les portant à vingt, vingt-cinq, trente, et quarante ans même. C'est là une excellente mesure hygiénique dont la forêt ne tarde pas à ressentir les bons effets ; en attendant la coupe, la main prévoyante du forestier vient tous les huit ou dix ans desserrer les cépées et donner de l'air aux jeunes semis qui, autrement, auraient péri étouffés.

Pour ne pas modifier brusquement l'assiette des coupes, on peut procéder graduellement à l'allongement de la révolution, en la portant de quinze ans à vingt ans; puis, plus tard, à vingt-cinq ans.

57. 33« ARTICLE. Les porte-graines. Fraîcheur et abri. — Le petit nombre des arbres réservés dans les coupes de taiUls est aussi une cause fréquente de la ruine de ceux-ci. L'arbre de réserve joue un quadruple rôle : il donne des bois de grandes dimensions ; il offre un abri contre le vent ; il donne au sol le couvert et l'ombrage, et par suite la fraîcheur; enfin, c'est un portegraines destiné à régénérer artificiellement le sol, qui se dégarnit graduellement.

On constate souvent que les baliveaux conservés dans les taillis dépérissent, surtout en situation mal abritée, aussitôt qu'ils se trouvent par pieds isolés. On doit alors les conserver par bouquets dans l'intérieur des coupes, par cordons sur les limites et sur les points sans abri. On constitue ainsi des centres de production d^ fruits, en même temps que des abris contie les vents. Les animaux, geais, pigeons et autres^ se- chargent de distribuer les graines lourdes au milieu des taillis environnants ; le vent transporte et dissémine les graines légères.

58. 34« article. Les ceintures végétales. — Ce besoin d'abri est impérieux dans certaines circonstances. Aussi conseille-t-on souvent d'établir autour des vides et clairières des ceintures végétales, en laissant vieillir le taillis sur une largeur de 10 à 12 mètres pendant tout une révolution, au Ueu de l'exploiter sur la surface entière de la coupe. Ce foyer de végétation ramène la vie dans les places vagues et suffit le plus souvent à les combler.

« Partout où l'on rencontre un massif oubhé, abandonné depuis vingt ans, par exemple, sans que la hache, les troupeaux ou le feu y aient passé, les clairières se repeuplent et disparaissent. C'est que l'abri, la fraîcheur et les graines y concourent progressivement à la production du bois. Aux bruyères succèdent les bouleaux, entre les roches s'implantent des arbrisseaux, parmi les buissons

Page 1