‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 129 sur 150 · RESTAURATION DES VIDES ET CLAIRIÈRES · texte numérisé non relu

RESTAURATION DES VIDES ET CLAIRIÈRES

s'établissent les arbres, et la forêt renaît d'année en année. Pour obtenir un résultat complet, il sufQt d'assurer la bonne végétation du taillis conservé en ceinture autour des vides, en faisant une édaircie dans les cimes; il faut y conserver les arbres faits, se garder d'élaguer les branches basses qui s'étendent au large vers la lumière, et de toucher aux arbres, cépées ou buissons, qui peuvent se trouver épars dans la clairière. »

« A l'exploitation suivante, la ceinture sera exploitée ou éclaircie de nouveau, suivant que le comporteront son état et celui du terrain qu'elle entoure ; en tout cas elle donnera beaucoup de bois et se trouvera remplacée par un excellent mélange de semis et de rejets. Les vides disparaîtront ainsi graduellement, par suite de l'action spontanée de la forêt, sans qu'il en coûte rien au propriétaire. De pareils faits se rencontrent assez fréquemment; mais en général ils passent inaperçus. » (Broilliard, p. 155. )

Les ceintures végétales constituent donc une mesure hygiénique importante, tant pour maintenir les baliveaux dans de bonnes conditions, que pour activer le reboisement naturel des vides et clairières.

59. 35« ARTICLE. Les exploitations abusives. — Les exploitations exagérées,, prématurées, abusives, ont dégradé bien des bois, et semé de vides de nombreuses forêts. 11 faut donc ramener l'ordre le plus tôt possible, là où le désordre a trop longtemps régné. Un bon aménagement, une étude sérieuse des forces productives de la forêt sont indispensables pour améliorer celle-ci. Si, surmenée pendant de longues année8,elle n'offre plus qu'un capital amoindri, il e^t nécessaire de reconstituer celui-ci en mettant lu forêt au repos pendant quelques années, ou du moins en diminuant notablement les exploitations annuelles. Pour un taillis sous futaie pauvre en arbres, il faut une révolution entière pour le restaurer. Dans les futaies, une trentaine d'années est nécessaire pour restaurer les massifs ; en se bornant pendant ce temps à n'y prendre que les bois morts, dépérissants, sans avenir, sans valeinr, on peut arriver à remettre en état la forêt la plus ruinée. Pour une telle forêt, la meilleure hygiène est la tranquillité et le repos.

60. 36« ARTICLE. Soins a donner aux exploitations. -> Lors de l'exploitation il importe d'assurer la reproduction naturelle de la forêt en prescrivant les meilleurs procédés à suivre ; ravalement des souches, exploitation rez-terre, entre deux terres, ou à une certaine hauteur.suivant les essences; comblement des trous

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d'arbre?; plantation de ces trous, des placer de dépôt, de faulde, d'atelier, des faux chemins de vidange; coupe des taillis avant lu sève ; écorçage après abatage; recépage des brins endommagés; relevage des ramiers avant le milieu de Tété; etc., etc.

Un cahier des charges écrit et nettement rédigé doit stipuler les charges qui incombent à l'acheteur pour tous les détails de Tejçploltation,de la vidange,du payement. Pour donner une sanction au marché, celui-ci doit être fait par écrit et enregistré.

ôl.37« ARTIGI4B. Soins a ponnsr aux jbunbs psupusments. — Les jeunes peuplements résultant de la reproduction naturelle de la forêt doivent recevoir des soins assidus, quand il y a lieu, comme ceux provenant des repeuplements artificiels. Le dégagement des essences d'élite, telles que le chêne, les nettoiements, renlèvement des brins traînants, enfin les éclaircieSjtoutes opérations délicates sans doute, mais qui, bien exécutées, concourent au développement normal du bois.

Chaque essence exige en effet une place plus ou moins grande pour se développer. Le tremble, le frêne, l'érable, Forme, le merisier demandent le plus grand espacement pour leurs cimes; le bouleau, l'aune, le chêne, le tillleul, l'érable champêtre viennent ensuite ; puis, en dernier lieu, le charme et le hêtre.

62. 38« ARTICLE. Une bonne surveillance. — Le maraudage dans les bois n'est pas considéré comme un vol par l'opinion publique; de même le braconnage n'est pas taxé de délit. D'autre part, la législation protectrice des bois des particuliers est très incomplète, et la • répression insuffisante. La forêt constitue cependant une propriété aussi sacrée que toute autre.

Quoi qu'il en soit, une bonne surveillance est indispensable pour assurer la conservation d'une forêt. Un garde honnête, suffisamment rémunéré, logé en forêt, avec le chauffage, le pâturage de ses vaches, peut rendre les plus grands services. Il convient de l'intéresser au sort de sa forêt en lui allouant des gratifications spéciales pour les travaux de main d*œuvre, semis, plantations, récolte de graines, élagages, qu'il exécute lui-même.

63. 39« ARTICLE. La mise en dépens. — On ignore généralement rétendue du mal causé aux bois par les abus du pâturage. Les moutonSjles chèvreSjles vaches, parleur piétinement et leurs dents détruisent les jeunes rejets,dévorent les semences,ruinent l'espérance de la forêt. Il est donc très important de fermerlesjeunesbois au parcours jusqu'àl'âge^de huit à dix ans,et même deux ou trois ans avant

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la coupe; on assure ainsi le repeuplement naturel et gratuit de bien des vides et clairières, en le* mettant en défens.

Pour que les soupes en défens soient respectées, il est à peu près nécessaire de séparer ces coupes par des tranchées bien visibles, ou d'établir les limites des cantons défensables pai des routes ou obstacles naturels. L'emploi des clôtures en pierre, ou des palissades en bois et fil de fer ne peut être qu'exceptionnel.

64. RÉSUME.— En résumé, du repos, de bons soins, de l'épargne, telles sont les conditions hygiéniques de la restauration d'une forêt. Avec l'aide du temps, on ramène la fraîcheur, l'abri, les graines, la végétation.

Puissent les propriétaires forestiers, par l'emploi des moyens préventifs indiqués pour une bonne culture de leurs forêts, éviter à ceux qui viendront après eux la peine et la charge de recourir aux moyens curatifs indiqués dans cet Essai!

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