‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 2 sur 150 · DE L* ASSEMBLÉE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DE L* ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Session de 1881.

Séance du P' Mars 1881,

L'ordre du jour appelle le rapport de la section de sylviculture sur le concours ouvert pour le reboisement des vides des bois(prix Droche).

M. PissoT. — La question du 'reboisement des vides et clairières de peu d'étendue qui existent dans les bois et forêts, ayant paru très importante à la section de sylviculture, elle a décidé que le concours au prix Droche resterait ouvert en 1880; en conséquence, un nouvel appel a été fait aux forestiers.

J'arrive à M. Noël. Le mémoire qu'il nous a adressé est un véritable cours sur les reboisements. Ici, rien n'est oublié, les détails les plus nombreux, les plus minutieux sont donaés par lui, avec le plus grand soin, le plus grand savoir. On voit qu'il a profondément étudié la question, non pas seulement sur un point de notre territoire, mais dans toutes les localités de la France.

Malheureusement, il me semble s^.tre un peu écarté delà question posée, et que vous désirez si vivement voir traitée^. Toutefois il y revient,à la un de sonMemoire, dans un supplément. Là il fait ressortir la manière d'appliquer aux petits vides les principes et les diverses méthodes qu'il a exposés d'une manière un peu générale en commençant.

» C'est qu'en effet dans ces détails si nombreux, si bien rendus, on peut trouver tous les renseignements pour effectuer, dans de très bonnes cuuditious, le repeuplement des vides et claJrit'a'es de peu d'étendue ; mais il laudi-ait faire des essais pour choisir les meilleures méthodes, applicables à des cas particuliers.

Un compte rendu succinct de ce travail si consciencieusement fait pourra, je re&père, vous en donner use idée.

Sans s'arrêter à la question spéciale mise au concours, qui était de décrire les meilleurs moyens d'effectuer, avec certitude de réussite, les reboisements des vides et clairières de peu d'étendue; M. Noël a fait un véritable cours de reboisement, auquel lienne manque et qui peut offrir le plus grand intérêt et les meilleurs renseignements aux propriétaires de forêts exî8tantes,comme à ceux qui veulent en créer. Il traite la question en des termes excellents, avec une profonde connaissance, et donne des détails des plus intéressants, non seulement sur les différents modes de reboisement à employer, mais aussi sur les prix de revient.

Après avoir fait ressortir, dans une introduction très întéres santé, la nécessité, non seulement d'arrêter les défrichements, mais encore d'opérer le boisement des terrains incultes qui existent encore en France, et qui ee comptent par millions d'hectares, il prouve par des chiffres que, loin d'être un placement à faible intérêt, les forêts, tout en étant un placement à long terme, une espèce d'assurance contractée par le propriétaire sur le bien-être à venir de sa vieillesse et sur celui de ses enfants, rapportent un intérêt variant de 4 à 5 p. 100, et pouvant s élever à 10 p. WO: car il ne faut pas voir seulement le revenu donné par les produits, mais encore la plus-value considérable que doit acquérir le sol.

C'est par suite de cette conviction que M. Noël a voulu, dans son traité, Indiquer les moyens de se procurer, d'une manière certaine, les avantages que, suiç^ant lui, les forêts doivent rapporter

à leur créetcrtir.

Aus!^ n'a-t-il rien négligé pour tâcher d'obtenir ce résultat. Après avoir fait ressortir la nécessité, pour arriver à une réussite, de tenir compte des climats, des sols, des essences, il entre dans les détails de culture et ne néglige rien pour que chacun puisse trouver dans son travail les renseignements qui peuvent s'appliquer à telle ou telle circonstance. Pour le reconnaître, il suffît de donner le détail des chapitres qui composent son traité.

il donne d'abord quelques éléments de géographie botanique poiu» faire bien ressortir l'importance de tenir compte des climats qui comprennent la longitude, la latitude, l'altitude, rexposîtion, la configuration des régions, ainsi que de l'influence des vents, de l'humidité, des pluies, de la chaleur, du froid, de la sécheresse.

Il consacre un chapitre des plus intéressants à la flore forestière française, ne se contentant pas de donner ime description botanique des plantes, mais faisant connaître en outre les sols qu'elles préfèrent, comment on les multiplie, les qualités de leur

bois ; un autre est eoxiaacré aux principes généraux q[ui doivent guider dasï% ropération des repeuplements artiûciels. Après avoir fait «eQnaitre les essences* qu'il y a lieu de choisir pour effectucr les reboisemeolSf U fait des descriptions de leurs graines, indique Im «onditioBS qu'elles doivent remplir pour être bonnes. Ensuite il prouve l'intérêt que tout propriétaire de grandes étendues de forêts a dans la création de pépinières où il pourra se procurer sans gvands frais les Jeunes plants dont il aura besoin. Naturellement pour le prouver il donne les plus grands détails sur la création de ces pépinières, sur leur entretien, sur la manière d*obtenir les plants dont on peut avoir besoin : par semis, par marcottes, par boutures.

Puis il rentre dans tous les détails que comporte Texécution des reboisements suivant les ca$^ fait connaître les différents modes auxquels on a recours: i semis, plantation, en ayant soin d'indiquer les diverses manières dont les travaux doivent être exécutés, suivant que les terrains sont humides ou secs, situés en plaine ou en pente. Il ne néglige pas de faire connaître les instruments qu'on emploie pour exécuter eefli travaux^ et enfin, pour chacun d'eux, il dresse le compte des dépenses, afin qu'on se détermine suivant les sommes qu'on peut employer à l'exécution de ces travaux-

JUe travail de M. Iiioôl, comme vous le voyez, messieurs, est donc des plus intéressants, et sera consulté avec le plus grand avantage par tous les sylviculteurs désireux ou d'améliorer les bois qu'ils possèdent, ou d'en créer de nouveaux. On ne peut que regretter, ainsi que le dit l'auteur en terminant, qu'une chose : c'est que tous les propriétaires forestiers qui ont reboisé des terrains incultes depuis cinquante ans ne fassent pas connaître avec détail les procédés qu'ils ont employôs^s résultats qu'ils ont obtenus, les capitaux qu'ils ont engagés, les revenus qu'ils ont retirés de cette grande et utile entreprise dont ils sont les auxiliaires éclairés.

Comme supplément, M. Noël a joint à son travail, déjà si eom* plet, un chapitre dans lequel il donne des exemples variés de repeuplement, exécutés dans diverses parties de la France.

Dans un résumé analytique, il rattache les principes elles procédés, qu'il a si bien exposés précédemment, au repeuplement des vides et des clairières compris entre un are et un hectare ; c'est là ce qui constitue surtout l'objet du concours. Après avoir fait ressortir quelle doit être l'influenee de l'étendue ainsi que de la forme des vides sur le choix des moyens à employer do préférence , ainsi que l'inHuence du peuplement disséminé ou environnant, il entre dans les détails des procédés auxquels on doit avoir recours.

suivant que Texploitatioii des parties environnantes est plus ou moins prochaine, suivant qu'il s agit de futaies, de taillis sous futaie ou de taillis simples. 11 donne également des renseignements sur les travaux k exécuter suivant Tétat et la qualité du sol, sui* vaut 1 origine des vides, en renvoyantaux chapitres et aux articles <^pars ça et là dans son Mémoire.

Dans la deuxième partie de ce supplément, qu'il appelle partie économique, M. Noël parle trop, suivant moi, du but à atteindre, du courant commercial, de l'économie financière du repeuplement, du taux de placement, etc., etc., questions peu intéressantes, puisque celui qui possède des forêts, et les entrelient, a le but d'augmenter sa fortune en tirant aussi bon parti possible de ses bois. Enfin la troisième partie est intitulée : partie culturale. ËUe est un peuécourtée, et M. Noël n'y fait pour ainsi dire que citeriez articles des chapitres concernant la culture où on pourra trouver les moyens de faire exécuter les différents travaux pro^Kres à asflurer les repeuplement]^ des vides et clairières, depuis un are jusqu'à un hectare.

Quoique ^ce compte rendu soit déjà bien long, il m'eût peut-èU*e fallu rétendre encore davantage pour faire ressortir mieux toute rimportance du travail auquel M. Noël a dû se livrer, des renseignements si nombreux qu'il a dû prendre près de ses collègues, pour traiter avec autant de soin et d'une manière si complète ce qui concerne les reboisements.

Aussi, je ne puis que vous proposer avec instance d'accoi'def à M, Noël Je prit Droche, qu'il me paraît avoir si bien mérité. ». *

Les conclusions du rapport sont adoptées.

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