‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 3 sur 150 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

1, \}TBATt DES FORÊTS POUR LES BESOINS GÉNÉRAUX BE lA GONSOM-

HA.T10N. -— L'intérêt qui s'attache à la conservation et à Taméiioraikm des bois et forêts ne saurait faire de doute pour aucnm esprit réfléchi et senaé. Le bois est une matière première dont l'utilité grande ne saurait décroître, quelles que soient les variations subies dans son emploi par les diverses industries, suivant les progrès de la civilisation. Si l'usa^ des chemins de fer n'a pas supprimé l'emploi des chevaux, de même Textension donnée aux constructions en fer ne supprimera pas l'usage du bois. Comme celui des chevaux, l'emploi delà matière ligneuse s'est sans cesse accru avec le développement de l'industrie moderne.

2. Insuffisance de la production ligneuse de' la France. — Sous ce rapport, la France est bien loin de suffire à sa propre consommation. Les importations ligneuses augmentent chaque année; elles ont décuplé depuis cinquante ans. Limitées à 22 millions de francs en 1830, elles ont atteint, en 1878, le chiffre énorme de 220 millions et demi.

Dans la même année 1878, l'exportation des bois de notre pays a porté sur 33 millions seulement.

Sans vouloir médire du libre échange, il est permis de désirer pour notre payS une augmentation de production des forêts, la matière ligneuse n'étant pas transportable à de grandes distances dans les mêmes conditions économiques que le bléy le coton, et les autres produits alimentaires que les grands marchés du monde envoient chaque jour en Franc<»«

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3. UnuTÉ VARIÉE DBS FORÊTS. — D'autre part, Teaistence des arbres paraît exercer une sérieuse influence sur le climat et sur la prospérité d'un pays. Dans les montagnes, la présence, du bois est une condition essentielle à." être ou de ne pas être; sur les dunes du littoral océanique, l'invasion des sables ne peut être arrêtée que par la ifésist^nce vivante de la forêt.

Cette utilité des bois est attestée par la préoccupation constante des législateurs de tous les pays soucieux d'arrêter par des mesures préventives la marche du déboisement. Ce rôle de la forêt trouve de nombreux témoignages dans Thistoire du monde.

« Que sont, en effet, dit Clavé, aujourd'hui ces ocmtrées bénies du eiel qui ont ^té le berceaude la mvilisation 1 Pareou^ ree TA^ie-Mineure^ la Grèce, rBspagne, Tltalie; vous y trouverez à chaque pas des traces d'une végétation puissante au^ trefois, mais disparue depuis, et qui n'a souvent laissé après elle que l'aridité du désert; avec les forêts qui les CDovraienl s'est évanouie une prospérité que rien n'a pu leur rendre enccwre.»

En 1827, lors de la grande discussion du Gode forestier à la Chambre des pairs^ Chateaubriand disait :« Je puis vous dire messieurs, ce que produit la présence ou la disparition des forêts, car j'ai vu les forêts du nouveau monde où la nature semble naître, et les déserts de la vieille Arabie où la création paraît expirer.»

4. Les défrichements. — l^a forêt atteste en effet lasalidarité qui relie enlxe elles les générations successives. Nous n'avons droit qu'à l'usufruit, et si nous abusons de notre jouissance, nous sacrifions des biens dont nous ne sommes que les dépo* sitaires et dont nous devons un conipte à nos successeurs. Si donc la jouissance a été abusive, nous lésons gravement ceux qui viennent après nous, car les produits de la forêt ne s'improvisent pas en une seule année; et, ^ quand le mal est fait, il faut une longue période pour ^e réparer, quand la répara tion n'est pas impossible.

C'est faute d'avoir compris pe$ principes de solidarité spciaie que tant de propriétaire^, avides d'une joviiçsajijce iI^mé'-. diate, tarit d'hommes qui n'apprécient les choses qu'au poids

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