‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 28 sur 150 · GRAINES ET SEMENCES · texte numérisé non relu

GRAINES ET SEMENCES

graines directement, il convient de les recueillir sur des arbies sains, vigoureux, ayant atteint l'âge delà fertilité. Cet âge varie suivant les essences. Pour l'aune, le peuplier, le pin maritime, il est de quinze ans environ, tandis qu'il s'élève à quarante et cinquante ans pour le chêne, le hêtre, le pin sylvestre, l'épicéa.

Les arbres trop jeunes portent souvent beaucoup de graines, surtout dans les années de fructification abondante. Ces graines sont généralement vaines, c'est-à-dire non fertiles ; on doit les rejeter.

Les sujets qui fournissent les meilleures semences sont ceux d'âge moyen qui croissent en massif peu serré, isolés même, et dont la cime est bien saine et bien développée.

Les arbres trop vieux ou dépérissants fournissent des semences vaines ou de médiocre qualité. Il en est de même des arbres rabougris ou abâtardis par suite de circonstances locales, et qui ne donnent que des sujets chétifs et dégénérés.

Le forestier doit en cela suivre l'exemple de l'agriculteur éclairé, qui n'emploie pour les semailles que des graines des meilleures espèces, saines et intactes, et qui n'élève et n'entretient que des animaux robustes et de bonnes race pouvant seuls donner naissance à une progéniture bien conformée et vigoureuse.

3. RÉCOLTE DES GRAINES. — La récolto des graines doit avoir lieu au moment do la maturité. Celles des essences feuillues sont généralement mûre? en automne. Il en est cependant qui sont mûres, soit dès le printemps, soit au milieu de l'été. (Voir chapitre V).

S'il s'agit de graines lourdes (chêne, hêtre, châtaignier), on peut attendre la dissémination naturelle. On les ramasse alors sur le sol, mais en ayant soin de rejeter les premières tombées, car elles sont généralement piquées et vaines. Pour les semences légères, ilîdutles faire cueillir en gaulant les arbres. lien est de même des résineux.

On doit choisir un temps sec, ou du moins qui ne soit pas trop humide, pour faire la récolte. Les graines ramassées en temps do pluie sont plus exposées à s'échauffer, quand on les entasse mouillées. Môme après une récolte faite en temps sec, il eonvient d'étendre et de remuer les graines avant de les réunir en tas, afin de leur faire perdre l'humidité en excès.

4. Conservation des graines. — Après la récolte, le mieux serait de semer les graines immédiatement. Quand la chose n'est pas

possible, on doit les empêcher de germer, et de plus les préserver de réchaufTement, de la pourriture ou du dessèchement.

La germination est empêchée en privant les graines, dans des limites convenables, d'air, d'humidité, de chaleur. Ce résultat s'obtient en les plaçant dans un lieu ni trop sec, ni trop humide, où la fraîcheur se maintient et Taircircule convenablement. On les remue pour les empêcher de s'échauffer ; on les entasse sous une faible ét)aisseur pour empêcher la pourriture. Les graines qui laissent dégager à la longue une certaine humidité doivent être mêlées avec des corps qui absoibent cette humidité surabondante, comme du sable sec, de la paille, des feuilles sèches. Enfin les graines doivent être mises à l'abri des insectes et des animaux.

ISous décrirons plus loin les meilleurs procédés de conservation des graines des principales essences forestières (chap. V).

5. LmrrES de conservation des graines. — En général, les grosses graines (glands, faînes, châtaignes), ne peuvent se conserver au delà du printemps qui suit la récolte.

Les résineux peuvent se conserver plus d'un an, surtout si on a soin de laisser les graines dans les cônes, de ne pas les entasser à une trop grande hauteur, et surtout de les remuer souvent. Il n'y a d'exceptions que pour le cèdre, le sapin, le pin cembro, le pin pinier, qui ne peuvent être conservé? plus de trois à quatre mois, tandis que les autres résineux peuvent se maintenir à la rigueur trois à quatre ans ; mais c'est toujours aux dépens de leur faculté germinative et moyennant des soins multipliés. Les vielles graines restent souvent en terre une année de plus que les graines fraîches avant de germer, et pendant ce temps elles sont exposées à pourrir.

6. Constatation de la qualité des graines. — Il y a intérêt à vérifier la qualité des graines à employer dans les repeuplements, surtout lorsque ces graines ont été fournies par le commerce. On comprend en effet que la quantité de graines à employer à l'hectare doit varier suivant la proportion des graines fertiles employées. Si un kilogramme de graines contient 80 pour 100 de graines fertiles, soit 800 grammes, on devra en effet employer un poids moins considérable des gradues de cette catégorie que si la proportion de graines fertiles est de 60 pour 100 par exemple. Autrement, si la quantité de semence employée est trop considérable^

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