‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 29 sur 150 · GRA.INES ET SEMENCES · texte numérisé non relu

GRA.INES ET SEMENCES

il en résulte non seulement un surcroît inutile de frais, mais encore une surabondance de jeunes plants qui se nuisent et s'affament entre eux. Si la graine est trop épargnée, le semis se trouve incomplet.

Cette vérification peut se faire par divers moyens que nous allons indiquer.

7. Expériences de germination. — On peut prendre des graines dont le nombre a été soigneusement compté, et les faire germer dans une caisse ou un vase quelconque rempli d'une terre substantielle et légère. On arrose avec de l'eau tiède afin d'activer la germination, ou bien on mouille les graines avec des solutions de chlore, d'acide nitrique, d'acide sulfurique, de sulfate de fer. En comparant le nombre de plants levés avec celui des graines semées, il est facile d'apprécier la proportion des graines fertiles. Si les deux tiers des graines ont levé, on peut considérer la semence comme étant de bonne qualité. Toutefois, pour le mélèze, la qualité est reconnue convenable, quand la proportion des graines fertiles atteint 40, 50 pour 100.

Un propriétaire soucieux de ses intérêts, qui aura des achats importants à faire au commerce, aura soin de stipuler dans son marché la limite de germination que les graines achetées devront atteindre, sous peine d'être refusées, ou de subir une réduction de prix en rapport avec le déficit constaté.

8. Examen de l'amande. — En ouvrant un certain nombre de graines avec un instrument tranchant, on reconnaît si l'amande et le germe sont en bon état. Selon les essences, les amandes doivent présenter des qualités spéciales qui permettent d'en constater la bonne qualité. (Voir ci-après, pour les diverses essences, chap. V).

9. Valeur du poids des graines. — Longtemps le poids des graines a été donné comme un élément d'appréciation utile pour déterminer leur qualité. L'expérience a démontré qu'on ne pouvait en tenir un compte bien rigoureux et que, contrairement à une opinion généralement accréditée, la graine la plus lourde n'est pas toujours forcément la meilleure, qu'ime graine peut être lourde et n'être pas bonne, tandis qu'elle peut être bonne tout en étant légère.

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C'est ainsi qu'on a trouvé pour le pin sylvestre et le pin noif les résultats suivants.

Pin sylvestre. Poids d'ua litre, 515 gr. Faculté germinative, 52 p. 100.

Pin noir. — 540 — 69

Toutefois comme le poids du litre est un élément utile à consulter, nous donnons ce renseignement plus loin, (chap. V) pour les diverses essences forestières.

10. Fraudes diverses. — Quand on achète des graines, il faut se prémunir contre certaines manœuvres frauduleuses du commerce tendant à altérer le poids, la gualité et la nature des graines.

Pour augmenter le poids d'une fourniture, on liumccte parfois les graines au moment de la vente et de la pesée au départ. A l'arrivée, avant de constater le poids, il conviendra de répandre les graines hors des sacs, de les étendre pendant quelques jours, et de les peser ensuite.

On s'assurera que du sable ou d'autres matières étrangères ne sont pas mêlées à la graine en la passant au tarare. Le déchet ne devra pas dépasser 3 kilog. par 1000 kiiog. pour les diverses graines résineuses, sauf pour le mélèze, qui autorise un déchet dix fois plus considérable. (Chiffres adoptés par l'administration des forêts pour ses réceptions de graines).

Certains marchands peu scrupuleux mélangent à leurs fournitures de pin svlvestre des graines d'épicéa dont le prix est notablement moindre (quatre fois moins cher). Les deux graines ne différant essentiellement que par la couleur, on teint celle d'épicéa en noir de manière à lui donner la couleur de la graine de pin. Cette fraude ne peut être constatée que par la germination.

Les renseignements qui précèdent ont pour objet de mettre en garde les acheteurs de graines contre les fraudes possibles en cette matière, et de leur indiquer les précautions à prendre pour obtenir des fournitures de bonne qualité. Bien des semis mal réussis ou complètement manques, et qui avaient coûté fort cher, sont dus parfois à de mauvaises semences. On ne sau,rait donc y regarder de trop près.

11. DÊSAiLEMEXT. — Il y a avantage dans certains cas à garder les graines résineuses avec leurs ailes. En voici la raison. L'adhé-

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rence des graines à leurs ailes favorise leur conservation, d'abord en les protégeai;it contre Faction trop immédiate de l'air, de l'humidité, de la chaleur ou du froid, toutes influences qui peuvent, ou provoquer une germination prématurée, ou au contraire détruire leur faculté germinative. Ensuite, en isolant les graines les unes des autres, on rend moins facile la propension à rancir de substances qui renferment d'abondants principes oléagineux.

Toutefois, il y a certainement inconvénient à acquérir des graines ailées. Les ailes représentent en effet un poids notable de la graine ailée ; le transport de celle-ci est donc plus onéreux. Si on les sème avec leurs ailes, les graines donnent des semis moins uuiformes; elles peuvent être emportées parle vent.

Nous devons dès lors indiquer les moyens d'opérer le désailement. '

On peut étendre les graines par couches de 20-25 cent, d'épaisseur, puis les battre avec un fléau. On peut les mettre dans un sac rempli au tiers ou au quart, et les secouer fortement. Le vannage opère ensuite la séparation des graines et des ailes. Le désailement est facilité aussi par un léger arrosage; mais alors on doit, avant de mettre les graines en dépôt, les ressuyer soigneusement pour leur enlever leur humidité.

Les commerçants ont généralement l'habitude d'arroser aussi les graines pour les désailer, puis de les mettre en tas jusqu'à ce qu'une légère chaleur se manifeste. Un simple frottement suffit ensuite pour obtenir le désailement. Mais les graines ont alors subi une légère fermentation qui diminue leur vitalité. Aussi doiton considérer comme un perfectionnement important les machines qui, dans les grandes sécheries d'Allemagne, permettent de désailer les graines à sec.

12. SÈCHERiES^LA CHALEUR NATURELLE. — Ily a divors procédés pour extraire les graines résineuses des cônes qui les renferment. Le plus simple comme le plus naturel parait être celui qui utilise la chaleur solaire. Mais il est trop long et exige beaucoup d'espace quand on opère sur de grandes quantités. Sous cette réserve, nous allons fournir sur ce point quelques renseignements.

On doit opérer pendant Tété et choisir un endroit exposé au midi et bien abrité contre les vents. L'endroit choisi, on dispose les cônes sur des toiles mobiles placées sur le sol. On les étend bien régulièrement avec un râteau, à raison de 25 litres environ par mètre carré do surface; à chaque demi-heure, ou au moins toutes les heures, on les remue afin que tous reçoivent bien également la chaleur du soleil. Le soir, on les passe à la claie, pour en extraire

la graine ; on les met ensuite à l'abri de la fraîcheur de la nuit, dans unhangar voisin.

Le deuxième jour, même opération. On enlève les cônes entièrement ouverts qu'on passe séparément à la claie pour en séparer entièrement les dernières graines. On opère de même les jours suivants.

Il faut environ une exposition de quatre jours consécutifs, en moyenne.

Le degré de chaleur nécessaire est à peu près le même pour tous les cônes de pin. Ce degré sur le sol est de 50o-57° centigrades.

On a reconnu qu'il était plus avantageux d'étendre les cônes à la surface même du sol, au lieu de les placer sur des claies isolées du sol. La température de Tair ambiant à 20-30 centimètres du sol est en effet inférieure de G^-Q^ à celle constatée sur le sol lui-même.

L'ouverture des cônes est assez économique. La manipulation nécessaire pour la récolte des graines ailées n'exige, en général, qu'une dépense de 25 centimes par hectolitre de cônes ou par kilogramme de graines.

13. Les ségheries proprement nrrES. — Quand on opère en grand et qu'on veut obtenir des résultats rapides, on a recours à la chaleur artificielle. Voici ime description très sommaire d'une sécherie.

Les bouches de chaleur d'un calorifère à air chaud viennent aboutir dans une vaste chambre où sont disposées par assises horizontales des claies ou cadres mobiles. De deux cadres consécutifs, le plus élevé est formé d'une toile métallique à mailles assez larges sur laquelle on place les cônes à ouvrir; l'autre cadre, placé au dessous du premier, est formé d'une toile destinée à recevoir les graines tombant des cônes. Chaque système de deux cadres est mobile et peut être secoué, en lui imprimant un mouvement de va-et-vient, ce qui facilite la chute des graines. Quand les cônes .sont bien ouverts, on les retire et on les remplace par d'autres. Des thermomètres placés dans la chambre permettent de se rendre compte de la température, et de régler en conséquence l'arrivée de l'air chaud.

Quand on retire les cônes de l'étuve, on reconnaît souvent que les écailles du bas sont peu ouvertes; on peut alors achever l'extraction des graines en les battant avec im fléau. Mais il n'y a pas souvent grand avantage, car les semences de la base des cônes sont ordinairement vaines. — On nettoie ensuite les graines pour les séparer des matières étrangères au moyen de cribles, de tarares et de moulinets spéciaux.

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