‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 30 sur 150 · GRAINES ET SEMENCES · texte numérisé non relu

GRAINES ET SEMENCES

14 Le commerce des graines résineuses. Prix courant. — Le commerce français ne possède aucune sécherie importante. L'administration des forets en a bien quelques-unes destinées à fournir le« graines employées dans le repeuplement des forêts et dans le reboisement des montagnes; mais ces établissements sont trop peu considérables pour suffire à tous les besoins. Aussi l'État, comme les particuliers, est-il obligé de s'adresser à Tétranger pour pourvoir à des approvisionnements complets.

Les principaux négociants en graines sont:

i° M. Henry Relier fils, à Darmstadt (Hesse grande ducale). 2*' M. Conrad Appel à Darmstadt (Hesse grande ducale). 30 M.Lecoq et C« à Darmstadt (Hesse grande ducale). 4» M. August. Walzel, à Vienne (Autriche).

5« M. Auguste Gambs, à Haguenau (Alsace).

La livraison a lieu franco à domicile sac compris. On atout intérêt à s'adresser directement à ces grands négociants, afin de supprimer les frais des intermédiaires. Il est d'ailleurs facile de se procurer leurs prospectus, dans lesquels on trouve, avec les prix courants, tous les renseignements nécessaires.

15. Essais de graines au domaine des Barres. — Pour donner une idée du contrôle exercé sur les graines résineuses par le propriétaire forestier le plus important de France, qui est l'État, nous fournissons ci-après quelques renseignements sur les essais de graines faits* au domaine des Barres (Loiret). Dans cet établissement, qui appartient à l'administration des forêts, sont centralisées toutes les graines résineuses achetées au commerce, ou provenant des sécheries et magasins de l'État.

Les graines à essayer sont placées entre deux flanelles qu'on étend sur des claies cannées dont le châssis est en fer. Ces claies sont renfermées dans une cage en toile métallique, à l'abri des souris.

Le tout est placé dans une serre chaude maintenue à une température constante de 20-25°, jour et nuit.

Trois fois par jour, on humecte les graines au moyen d'un pulvérisateur à boule de caoutchouc.

Tous les trois jours, on enlève les graines germées. Au bout de vingt et un jours, on additionne les résultats partiels, et on calcule la valeur germinative des graines essayées. Si, sur 600 graines, 480 ont germé, cette valem» est de 80 pour 100.

Si la fourniture ne donne pas une valeur germinative égale à celle exigée, elle peut être refusée. L'administration se réserve la

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faculté de la conserver, en faisant subir au prix du kilogramme une réduction proportionnelle au déficit constaté.

Toutes les conditions des fournitures sont réglées par un cahier des charges détaillé qui fixe Tépoque et le mode de livraison, les retenues en cas de retard, les réductions de prix résultant de défaut de poids, les tolérances admises, les conditions facultatives d*admission en cas d'un déficit de germination, etc., etc.

16. Avantages du nol-veau système. — Ce nouveau svstème est avantageux et permet de réaliser de notables économies.

Jusqu'en 1873, les agents forestiers s'adressaient directement au commerce pour se procurer les graines nécessaires aux travaux de l'année, dans leurs services respectifs. La vérification des graines était dès lors sommaire, le commerce ne l'ignorait pas et fournissait en conséquence.

Aussi n'obtenait-on jadis qu'une germination de 40 à 50 pour 100 pour le pin sylvestre. Il fallait semer 12 kilog. à l'hectare.

En 1873, on a obtenu aux Barres 60 et 65 pour 100. En 1874, le chiffre est monté à 74 pour 100. En 1875, on a obtenu 85 pour 100, et une fourniture de 5000 kilog. a été refusée parce qu'elle ne donnait que 52 pour 100 de bonnes semences.

En 1875, pour l'épicéa on a obtenu 81, pour le pin noir 86, pour le mélèze 40 ; les germinations admises autrefois sont aujourd'hui dépassées de 35 pour 100. 11 en résulte qu'on peut réduire dans la même proportion la quantité de graine à semer par hectare ; pour le pin sylvestre, par exemple, on emploiera 8 kilog.au lieu de 12, d'où une économie de 20 à 24 francs par hectare sur la graine seulement. La chose en vaut la peine, d'autant mieux que le prix toujours croissant de la graine de pin sylvestre impose à cet égard la plus stricte économie. Les graines de cette essence valaient 3 fr. le kilog. dans le commerce, en 1868 ; aujourd'hui ce prix peut s'élever à 6 fr. 70, chiffre maximum. Le pin laricio de Corse a monté de 5 fr 7 fr. 40 ; le pin noir d'Autriche, de 1 fr. 55 à 5 fr. 25 cent.

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