PRODUCTION DU BOUTURAGE. ENTRETIEN. — OU ObtlCUt aiUSÎ
boutures par pied au bout d'un an, soit 1.6(X) à Tare ; après deux ans, en moyenne on peut obtenir huit boutures, soit 3.200 à Tare et après trois ans, quinze ou vingt, soit 6.000-8. (XX) à Tare. La première année, on aura soin de sarcler, biner et irriguer. Les
années suivantes, un fort binage en mars suffira, avec fumure artificielle et arrosement en été.
Si des boutures viennent à manquer, on les remplacera de manière à combler les vides. La taille des pieds aura lieu à ^automne et au printemps, suivant les besoins.
Pour les pousses minces, on opérera avec une serpette bien tranchante, en tenant le pied gauche contre le plant a recéper, et en coupant rez-tronc. Pour les pousses fortes, on se servira d'une serpe.
Les boutures sont ensuite coupées à la longueur voulue, comptées, mises en paquets et en corbeille, et transportées sur les points où on doit les repiquer.
23. DÉPENSE DU BOUTURAGE. — Le chautler formé (un homme et deux femmes, § 21) peuvent repiquer deux ares en un jour. La dépense est de 4 fr. 50 c. (2 + 1.25 -|- 1.25). Pour un are, le prix de revient est de 2 fr. 25 c.
Pour le recépage, la dépense au mille s'établit comme il suit :
0.2 journée d'homme pour la coupe sur pied . fr. 40 c. \ 0.6 id. de femme pour tronçonner et ( 1 fr. 15 c.
compter 75 ;
La dépense, par are, pendant les trois premières années, est alors la suivante.
lr« année. Culture du sol et fumure pour un an (§ 9) . . . . 7 fr. 40 c.
Plantation de 400 boutures (§23) 2 25
2 sarclages : 1 journée de femme àltr. 25 1 25
2 irrigations (S 7) 1 »
Coupe et préparation^ de l.GOO boutures à 1 fr. 15 le mille (J 23) 1 84
Total de la l'« année ... 13 fr. 74 c.
2* année. Léger labour en mars : 1 journée d'homme à 2 fr. 2 • »
Om. c. 500 de fumier à 10 fr. l'un 5 »
2 irrigations (S 7). 1 »
Coupe et préparation de 3.2^ boutures à 1 fr. 15 le mille . 3 68
Total de la 2« année ... 11 fr . 68
3« année. Labour en mars 2 «
m. c. 500 de fumier 5 »
2 arrosages ou irri ations . 1 »
Coupe et préparation de 8.000 boutures à 1 fr. 15 le mille . 9 20
Total de la 3« année ... 17 fr. 20 c
La dépense des trois années sera de 13. 74+ 11.68+17. 20 = 42. 62 ;le carré aura produit 1600 + 3200 + 8000= 12800 boutures
Le prix du mille sera de .J|^ = 3 fr. 32 c.
A partir de la quatrième année, on odstiendra un rendement noinnal de 3000 boutures par an et le prix de revient sera de
Si on yeut avoir des boutures de deux ans à une époque donnée, le prix de revient s'établit comme il suit :
2 labours, l'un la pi^mièrej Tautre la 2^ année, à 2 fr. Tun 4 fr. » c.
1 m. c. de fumier, à employer par moitié chaque année ... 10 »
2 irrigations par an, à 1 fr. par an 2 »
Coupe et préparation de 8.000 boutures de 2 ans, à 2 fr. 30
le mille 18 40
Total, à l'are 34 fr. 40 c.
Soit ^—^ = 4. fr. 30 C. pour le mille. On a supposé que les frais de coupe étaient doubles, ce qui est approximatif.
24. Etablissement des pépinières volantes en montagne. Dépense.— La principale dépense consiste dans la préparation du sol, quand il s'agit d'établir des pépinières volantes en montagne . Aux travaux de défoncement s'ajoutent ceux de consolidation des talus de remblai des bandes préparées; car ces bandes sont souvent établies sur des pentes assez raides, et il est nécessaire de leur donner lliorizontalité en établissant un petit mur en pierres sèches ou un clayonnage. La dépense s'élèvera à 10 francs en moyenne, à Tare, pour mettre le sol en état de recevoir et conserver le semis. Il sera bon, comme abri, de mêler aux graines résineuses un kîlog. de graines fourragères à l'are.
Lç devis de la dépense s'établit comme il suit :
Préparation et consolidation du sol 10 fr. » c.
Semis des graines résineuses et fourragères, 1.5 journée à
2 fr. l'une 3 5>
Transport de la graine ^h
Total 13 fr. 25 c.
En pépinière, la dépense est de 24 fr. 11 cent (§ 9), soit près du double.
2?5. Application aux diverses régions.— On recherchera de préférence les expositions nord et est.
Aux grandes altitudes, dans un climat rigoureuj:, il est nécessaire
de donner nn complet abri .contre les coups de soleil et les gelées printanières. Il faut alors semer en sainfoin, pax lignes parallèles distantes de 12-15 cent., les pépiaières volantes. Au printemps de Tannée suivante seulement on exécute, entre les lignes, le semis de résineux qui est ainsi protégé dès sa naissance contre le soleil, la grêle, le soulèvement. Le pin cembro, Tépicéa, le mélèze peuvent ainsi être élevés en pépinière volante.
11 sera inutile de recourir à ce procédé si on peut préparer sous bois des bandes de pépinières volantes.
26. PÊPD^iÈRES sous BOIS. — Ou pcut souvout Supprimer avec avantage la dépense d'une pépinière régulière, en choisissant dans les forêts des emplacements convenables, et en mettant à proût les années abondantes en graines. Nous citerons à ce sujet un fait intéressant rapporté par Baudrillard {Dictionnaire général des Forêts 2« partie, page 497) : il s'agissait, en 1818, de former dans le bois de Boulogne, près Paris, un semis considérable de chênes et de noyers d'Amérique dont les semences avaient été fournies par Michaux, le célèbre naturaliste. On dut rechercher dans ce but un sol substantiel qui présentât une fraîcheur suffisante et quelques abris. Une vieille futaie de chênes très dair-semés remplissant ces conditions fut choisie près d'Auteuil. Le terrain était en pente douce, composé de sable mêlé d'un peu de terre de bruyère; sa fraîcheur était entretenue par quelques légères infiltrations d'eau venant de la partie supérieure, où se trouvait une mare constamment remplie d'eau. L'ombre très légère projetée par les arbres suffisait pour défendre le semis contre la sécheresse et pour dispenser de^tout arrosement. Les graines furent semées en rayons très espacés, sur un défoncement total du terrain. Jamais succès ne fut plus complet, malgré la longue sécheresse de l'année 1818; dès 1825, les plants atteignaient 4-5 mètres d'élévation. L'expérience produisit un autre résultat important ; les labours faits sous les vieux arbres, où depuis 100 ans il ne levait pas un plant, à cause du gazon qui recouvrait le sol, ont donné lieu au développement d'une multitude de glands tombés naturellement des arbres.
On, peut en utilisant les semences des arbres, donner au sol ime légère préparation au-dessous de ceux-ci, et créer ainsi à peu de frais des pépinières volantes. Ces opérations se nomment crochetages ou croctages.
Les pépinières sous-bois réussissent surtout quand il s'agit d'essences ayant besoin d'abri pendant les premières années. Elles présentent de grands avantages au point do vue de l'économie de la dépense.
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